Du miel lo­cal à l’Uni­ver­si­té La­val

Le Soleil - - ACTUALITÉS - PA­TRI­CIA CLOU­TIER pclou­tier@le­so­leil.com

«Sa­veurs Cam­pus, qui gère les ser­vices ali­men­taires, est très in­té­res­sé par notre miel. Lorsque notre pro­duc­tion se­ra bien dé­mar­rée, le miel pour­rait être ven­du dans des pe­tits pot sou vrai­ment in­té­gré dans les me­nus », ex­plique Va­lé­rie Four­nier, pro­fes­seure et cherche ure à la Fa­cul­té des sciences de l’agri­cul­ture et de l’ali­men­ta­tion.

Son col­lègue Pierre Gio­ve­naz­zo, pro­fes­seur au Dé­par­te­ment de bio­lo­gie, et elle ont ins­tal­lé les ruches mer­cre­di ma­tin sur le cam­pus, au jar­din Van den Hende et dans un champ près de la rue Ma­rie- Fitz­bach. Comme elles sont ar­ri­vées tard en sai­son, il ne se­ra pas pos­sible d’uti­li­ser le miel dès cet au­tomne. La vé­ri­table pro­duc­tion de­vrait plu­tôt dé­bu­ter en 2018.

M. Gio­ve­naz­zo ex­plique qu’ins­tal­ler des ruches s’ins­crit dans « un pro­jet glo­bal » de dé­ve­lop­pe­ment du­rable sur le cam­pus. L’uni­ver­si­té compte six hec­tares de terres agri­coles pé­da­go­giques au c oeur de Sai nt e - Foy. Les abeilles ai­de­ront à la pol­li­ni­sa­tion des cultures, mais four­ni­ront éga­le­ment un nou­vel ali­ment lo­cal, qui s’ajou­te­ra au fro­mage, au pain, aux lai­tues, aux fines herbes et à la bière qui sont dé­jà fa­bri­qués sur le cam­pus, par di­verses ini­tia­tives étu­diantes.

Mme Four­nier ex­plique que les cher­cheurs ne vou­laient pas « i non­der l e cam­pus uni­ver­si­taire avec des abeilles » . Si bien qu’ils ont res­treint le nombre de ruches, prê­tées par le Centre de re­cherche en sciences ani­males de Des­cham­bault.

Les étu­diants en bio­lo­gie et en agri­cul­ture pour­ront suivre cer­tains cours en cô­toyant les abeilles, tan­dis que les cher­cheurs pour­ront ana­ly­ser leur com­por­te­ment. « L’api­cul­ture en mi­lieu ur­bain s’est beau­coup dé­ve­lop­pée ces der­nières an­nées, mais mal­heu­reu­se­ment, on n’a pas en­core beau­coup de don­nées de re­cherche sur ce phé­no­mène», in­dique Mme Four­nier.

Qué­bec, comme la plu­part des grandes villes en Amé­rique du Nord, vit un en­goue­ment pour l’api­cul­ture ur­baine. Des di­zaines de res­tau­rants, com­merces, ins­ti­tu­tions et par­ti­cu­liers ont ins­tal­lé des ruches sur leur toit ou dans leur cour ces der­nières an­nées.

Se­lon Mme Four­nier, il n’y a pas en­core trop d’abeilles par rap­port au nombre de fleurs dis­po­nibles à Qué­bec. À Montréal, tou­te­fois, les cher­cheurs s’in­quiètent du manque de nour­ri­ture pour les abeilles ins­tal­lées en ville.

« À mon la­bo­ra­toire, on étu­die jus­te­ment, en mi­lieu ur­bain, la com­pé­ti­tion pos­sible entre les abeilles do­mes­tiques et les abeilles sau­vages. » En plus des abeilles do­mes­tiques, qui pro­duisent du miel, près de 400 es­pèces d’abeilles sau­vages vivent li­bre­ment dans l a na­ture, et s ont aus­si pré­sentes en mi­lieu ur­bain, ex­plique Mme Four­nier.

— PHO­TO LE SO­LEIL, YAN DOU­BLET

Douze ruches r e n f e r mant 240 000 abeilles ont fait leur en­trée mer­cre­di sur le cam­pus de l’Uni­ver­si­té La­val. En plus de ser­vir à l’en­sei­gne­ment et à la re­cherche en api­cul­ture ur­baine, elles se­ront bien­tôt ap­pe­lées à four­nir en miel les ca­fé­té­rias et res­tau­rants de l’uni­ver­si­té. Douze ruches conte­nant 240 000 abeilles ont été ins­tal­lées mer­cre­di sur le cam­pus de l’Uni­ver­si­té La­val, un pro­jet des pro­fes­seurs Va­lé­rie Four­nier et Pierre Gio­ve­naz­zo (ci- des­sus).

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