Qué­bec perd-elle son titre de cham­pionne de la mo­dé­ra­tion?

Le Soleil - - ACTUALITÉS - BAP­TISTE RI­CARD- CH­TE­LAIN bri­card@le­so­leil.com

Nous au­rions pu amor­cer cet ar­ticle sur l’al­cool ain­si : « La Ca­pi­tale- Na­tio­nale perd son trône. La ré­gion n’est plus cham­pionne de la mo­dé­ra­tion au Qué­bec.» Nous au­rions pu, sauf que... Il y a deux ans, É duc’ al­cool pu­bliait les ré­sul­tats d’un pre­mier son­dage na­tio­nal. Le So­leil ti­trait : Consom­ma­tion d’al­cool : la Ca­pi­tale-Na­tio­nale cham­pionne de la mo­dé­ra­tion. Pour­quoi? Les ré­si­dents de la ré­gion boivent en grand nombre, mais ils di­saient alors ne pas faire au­tant d’ex­cès que ceux avoués parles autres, parles NordCô­tiers par exemple. Un ex­cès, c’est 5 consom­ma­tions et plus en une oc­ca­sion.

Éduc’al­cool avait donc re­mis un tro­phée au maire Ré­gis La­beaume pour sou­li­gner cette vic­toire… Tro­phée qui lui a été re­ti­ré de­puis, puisque dans la deuxième mou­ture du son­dage dé­voi­lée jeu­di, d’autres ré­gions ont surpassé la ca­pi­tale.

Ça, c’est pour le spec­tacle de re­la­tions pu­bliques. Nom­mer un vain­queur donne un pré­texte pour par­ler de bois­son, pour que les gens y pensent, se com­parent, jaugent leurs ha­bi­tudes à l’aune de celles de leurs contem­po­rains. Cé­lé­brer un ga­gnant per­met d’at­ti­rer l’at­ten­tion sur l’ob­jec­tif : faire com­prendre que boire un peu, ré­gu­liè­re­ment, c’est mieux que boire beau­coup, à l’oc­ca­sion.

NUANCES

La réa­li­té est ce­pen­dant plus nuan­cée, convient le di­rec­teur gé­né­ral d’Éduc’al­cool, Hu­bert Sa­cy. Le son­dage com­man­dé par l’or­ga­nisme de sen­si­bi­li­sa­tion a ses li­mites. Les ré­sul­tats nationaux sont fiables à près de 1,9 %. Lors­qu’on se concentre sur les sta­tis­tiques ré­gio­nales, la marge d’er­reur grimpe à 8 %.

Ce­la a quel i mpact? Entre le cham­pion de la mo­dé­ra­tion et la cin­quième po­si­tion dans le pal­ma­rès, tout l e monde est dans la marge d’er­reur. Donc, tout le monde est à peu près à éga­li­té.

Même si dans le nou­veau son­dage, la Ca­pi­tale-Na­tio­nale n’est pas «cham­pionne», elle de­meure par­mi les ré­gions où on avoue le moins d’ ex­cès .« La re­la­tion de­meure re­la­ti­ve­ment saine avec l’al­cool.»

Et c’est quoi, une re­la­tion saine avec la bou­teille? Comme les pe­tits bons­hommes de la té­lé­vi­sion le ré­pètent sou­vent (!), 2 verres par jours, maxi­mum 10 la se­maine pour les dames ;3 par jour, maxi­mum 15 par se­maine pour les sieurs.

Qu’ ar­rive-t-il au-de­là ?« Si quel­qu’un dé­passe la li­mite, il ne pas mou­rir sur le champ !» lance Hu­bert Sac y .« De temps en temps, les femmes peuvent al­ler jus­qu’ à 3, les hommes jus­qu’ à 4.[…] Ce n’est pas la fin du monde .» Sur la du­rée tou­te­fois, le mal s’ im­misce lorsque l’abus de­vient ré­gu­lier. Sur­tout au-des­sus de la barre des 5 consom­ma­tions quo­ti­diennes, avance-t-il .« Il est de loin pré­fé­rable de consom­mer ré­gu­liè­re­ment de pe­tites quan­ti­tés d’al­cool que de prendre des cuites. »

— PHO­TO 123RF/ WILLIAM PERUGINI

Même si dans le nou­veau son­dage d’Éduc’al­cool, la Ca­pi­ta­leNa­tio­nale n’est pas «cham­pionne», elle de­meure par­mi les ré­gions où on avoue le moins d’ex­cès.

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