Flou au­tour de l’ap­pli­ca­tion de la loi 20

Le Soleil - - ACTUALITÉS - ÉLI­SA­BETH FLEU­RY efleu­ry@le­so­leil.com

Le mi­nistre de la San­té, Gaé­tan Bar­rette, est de­meu­ré flou mer­cre­di sur ses dis­cus­sions avec les om­ni­pra­ti­ciens et sur ses in­ten­tions en­tou­rant l’at­teinte de la cible d’ins­crip­tion à un mé­de­cin de fa­mille et l’ap­pli­ca­tion de la loi 20. Se­lon la Fé­dé­ra­tion des mé­de­cins om­ni­pra­ti­ciens du Qué­bec ( FMOQ), le mi­nistre Bar­rette dé­mon­tre­rait une cer­taine ou­ver­ture à mo­di­fier les règles d’ins­crip­tion à un mé­de­cin de fa­mille afin d’at­teindre la fa­meuse cible de 85 % de Qué­bé­cois ins­crits d’ici le 31 dé­cembre, rap­por­tait Le So­leil mer­cre­di.

Plus par­ti­cu­liè­re­ment, la FMOQ de­mande de pro­cé­der à la « préinscription » des pa­tients. Se­lon elle, plu­sieurs per­sonnes n’ont pas be­soin de voir un mé­de­cin dans l’im­mé­diat, mais pour être ins­crit es au­près de lui, elles doivent obli­ga­toi­re­ment le ren­con­trer.

«Si le mi­nistre ac­cep­tait que l’on pré­ins­crive ces gens sans les ren­con­trer im­mé­dia­te­ment, ce­la nous per­met­trait de don­ner prio­ri­té aux pa­tients vul­né­rables qui, eux, ont be­soin de nous consul­ter » , plai­dait le pre­mier vice-pré­sident de la FMOQ, le Dr Marc-An­dré Amyot, dans le nu­mé­ro de juillet du ma­ga­zine Le mé­de­cin du Qué­bec. Au­tre­ment dit, les mé­de­cins ins­cri­raient des pa­tients main­te­nant, mais les ver­raient plus tard.

Cette op­tion per­met­trait, se­lon lui, d’at­teindre la cible de 85 % et de vi­der le gui­chet d’ac­cès à un mé­de­cin de fa­mille de fa­çon « struc­tu­rée et or­ga­ni­sée » . Jus­qu’ici, le mi­nistre au­rait tou­jours re­fu­sé cette ave­nue, « mais après beau­coup de re­fus, il y au­rait main­te­nant de l’ou­ver­ture, mais avec ti­mi­di­té » , nous a dit cette se­maine le porte-pa­role de la FMOQ, Jean-Pierre Dion.

DE­GRÉ D’OU­VER­TURE

In­ter­ro­gé sur son de­gré d’ou­ver­ture à cette pro­po­si­tion en marge d’une confé­rence de presse por­tant sur l’îlot Char­le­voix, mer­cre­di ma­tin, le mi­nistre Bar­rette a ré­pon­du que c’était «beau­coup plus une de­mande de la FMOQ qu’une ou­ver­ture de notre part ». Et d’aj ou­ter : « J e ne vais pas m’en­ga­ger sur un che­min qui va m’ame­ner à la non-ap­pli­ca­tion de la loi 20 si nos ob­jec­tifs ne sont pas at­teints.»

Se­lon l ui, « l es mé­de­cins se cherchent un moyen pour ar­ri­ver à l’ob­jec­tif, et c’est par­fait». «Pour moi, c’est le sta­tu quo. Il y a des échanges qui se font à l’heure ac­tuelle, ça, c’est très clair, mais de là à dire qu’il y a une ou­ver­ture dé­me­su­rée de ma part, je pense qu’il y a là un pas […] qu’il ne faut pas fran­chir», a bro­dé le mi­nistre de la San­té.

Plus tard en mê­lée de presse, le mi­nistre a dé­cla­ré qu’il fal­lait sa­voir «dé­co­der » le mes­sage des mé­de­cins de fa­mille. « Les as­sou­plis­se­ments qu’ils cherchent, ce sont des as­sou­plis­se­ments à l’ap­pli­ca­tion de la loi 20 et de ses pé­na­li­tés», a-t-il ex­po­sé.

Il y a des échanges qui se font à l’heure ac­tuelle, ça, c’est très clair, mais de là à dire qu’il y a une ou­ver­ture dé­me­su­rée de ma part, je pense qu’il y a là un pas […] qu’il ne faut pas fran­chir — Gaé­tan Bar­rette, mi­nistre de la San­té

« Mais e n même t e mps, ils disent qu’ils sont ca­pables d’ins­crire 85 % de la po­pu­la­tion d’ici le 31 dé­cembre. Alors pour moi, l’en­jeu, au­jourd’hui, c’est d’ins­crire des gens», a ajou­té le mi­nistre, qui n’au­rait pas eu de «de­mande for­melle» de la part des mé­de­cins de fa­mille d’as­sou­plir l’ap­pli­ca­tion de la loi 20. Ques­tion­né sur ses in­ten­tions s’ils lui en fai­saient la de­mande, le po­li­ti­cien a eu ces mots : «C’est comme les son­dages, on com­mente la réa­li­té. Ac­tuel­le­ment, je n’ai pas de de­mande for­melle.»

D’après les der­niers chiffres ob­te­nus par la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec au­près de la Ré­gie de l’as­su­rance ma­la­die du Qué­bec, 76,2 % des Qué­bé­cois étaient ins­crits à un mé­de­cin de fa­mille en date du 3 juillet. Il manque donc 8,8 points de pour­cen­tage pour at­teindre l’ob­jec­tif de 85 % fixé par le gou­ver­ne­ment Couillard d’ici la fin de l’an­née.

Le mi­nistre Bar­rette a dit avoir bon es­poir de voir les mé­de­cins, qui ont ins­crit 800 000 pa­tients en trois ans, réus­sir à en ins­crire 700 000 autres en quatre mois.

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