De la frousse à la joie

Mar­ches­sault est pas­sé par toute la gamme des émo­tions de­puis dix jours

Le Soleil - - SPORTS - MA­THIAS BRU­NET La Presse

MON­TRÉAL — Jo­na­than Mar­ches­sault et les nou­veaux joueurs des Gol­den Knights de Ve­gas sont pas­sés par toute la gamme des émo­tions de­puis dix jours.

Après avoir vé­cu la tra­gé­die « de l’ in­té­rieur »– une di­zaine de joueurs se trou­vaient non loin du site de la tue­rie lors­qu’elle est sur­ve­nue – ils sont de­ve­nus le pre­mier club de l’ex­pan­sion de la LNH à rem­por­ter leurs trois pre­miers matchs après une spec­ta­cu­laire vic­toire à do­mi­cile mar­di soir.

«C’est quelque chose de spé­cial dans une car­rière», confiait Mar­ches­sault au té­lé­phone, jeu­di soir. «Il y avait de l’am­biance dans cet aré­na­là, beau­coup d’émo­tions aus­si.»

Le na­tif de Cap-Rouge se trou­vait à une ving­taine de mi­nutes du lieu du mas­sacre en com­pa­gnie de son co­équi­pier Da­vid Per­ron, le di­manche soir de la tra­gé­die, mais presque la moi­tié de l’équipe se trou­vait au centre-ville, à quelques cen­taines de mètres du ti­reur fou. «On de­vait al­ler au Cos­mo­po­li­tain avec les gars au centre-ville, après notre match [pré­pa­ra­toire], mais Per­ron et moi, on a fi­na­le­ment dé­ci­dé à la der­nière mi­nute d’al­ler à Sum­mer­lin, où tous les joueurs ou presque ha­bitent. Les boys, eux, étaient sur la Strip, à cô­té du Bel­la­gio et de l’Aria, et ils sont res­tés en­fer­més jus­qu’à trois heures et de­mie du ma­tin pour être sûrs qu’il n’y avait plus de dan­ger.»

Même si les deux Qué­bé­cois se trou­vaient à quelques di­zaines de ki­lo­mètres de­là, il sont eu peur. «Ça donne une frayeur. On ne sa­vait pas au dé­part com­bien il y avait de ti­reurs. J’étais stres­sé. Tu ne sais pas ce qui va se pas­ser. Est-ce qu’ils ont réus­si à fuir? S’en viennent- ils où nous nous trou­vons? Plein de choses te passent par la tête. On a re­gar­dé les nou­velles pen­dant 30 mi­nutes, puis Per­ron et moi, on a dé­ci­dé de ren­trer à la mai­son.»

DES FANS «EMBALLÉS»

Mal­gré la tris­tesse dans la­quelle est plon­gée Ve­gas de­puis les évé­ne­ments, Mar­ches­sault a été im­pres­sion­né par l’en­thou­siasme des fans au match d’ou­ver­ture. «Je ne sa­vais pas qu’on au­rait un aus­si grand im­pact. On ar­rive dans un nou­veau mar­ché et les fans sont emballés, ça rend tout ça en­core plus le fun. Les gens adorent avoir un nou­veau club de ho­ckey, tout le monde veut y al­ler, c’est “l’évé­ne­ment” là-bas. Le monde com­mence même à nous re­con­naître dans la rue à Sum­mer­lin. Les fans semblent connaître leur ho­ckey, mais l’or­ga­ni­sa­tion fait bien de de­man­der à un ani­ma­teur d’ex­pli­quer cer­tains jeux aux pauses parce que tous ne connaissent pas le ho­ckey par­mi les spec­ta­teurs, c’est sûr.»

Même si ce club est for­mé d’une bande de joueurs non pro­té­gés par leurs an­ciennes équipes — Nate Sch­midt et Lu­ca Sbi­sa forment le pre­mier duo de dé­fen­seurs, Co­dy Ea­kin est le pre­mier centre —, le ré­sul­tat des pre­miers matchs est in­té­res­sant.

«On a sen­ti qu’on était com­pé­ti­tifs après le pre­mier match de la sai­son ré­gu­lière contre Dal­las», af­firme Mar­ches­sault, 26 ans. «On sui­vait le tem­po, on se di­sait qu’on se­rait ca­pables de te­nir les Stars, puis on est sor­tis fort deux fois contre l’Ari­zo­na.

« On ne sa­vait pas à quoi s’en te­nir, on est une nou­velle équipe, per­sonne n’avait joué avec l’un et l’autre au­pa­ra­vant, c’est dif­fi­cile de s’éva­luer », ajoute l’au­teur de 30 buts avec les Pan­thers de la Flo­ride, la sai­son der­nière. «On n’a pas l’équipe la plus ta­len­tueuse, mais on se­ra l’une des équipes qui vont tra­vailler le plus fort. On a tous quelque chose à prou­ver. Ça nous a tous lais­sé un pe­tit goût amer et ça nous donne en­vie de ga­gner en­core plus. »

Sa ré­vé­la­tion j us­qu’ici? «Je connais­sais bien [ Marc-An­dré] Fleu­ry, mais le voir de­vant le but lors des trois pre­miers matchs, c’est as­sez im­pres­sion­nant. Avec lui, ça donne une chance de ga­gner à chaque match. Il est dans le groupe de lea­ders avec [ Ja­son] Gar­ri­son, Per­ron, [ James] Neal et [Der­ryk] En­gel­land. Lui, il connaît dé­jà beau­coup la ville et il s’oc­cupe de tout le monde.» Mar­ches­sault, lui, oc­cupe l’aile droite du deuxième trio avec Os­car Lind­berg et Reilly Smith. Il a été blan­chi à ses trois pre­miers matchs. L’équipe dis­pute son pro­chain match ven­dre­di à do­mi­cile contre les Red Wings de De­troit.

— PHO­TO AFP, BRUCE BEN­NETT

Jo­na­than Mar­ches­sault a été sur­pris de la ré­ac­tion des spec­ta­teurs lors du match inau­gu­ral au T- Mo­bile Are­na.

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