Mas­sé pro­pose le mo­dèle Phi­la­del­phie

Le Soleil - - ACTUALITÉS - PA­TRI­CIA CLOU­TIER pclou­tier@le­so­leil.com

En­vi­ron 40 % des plaintes pour agres­sion sexuelle sont ju­gées non fon­dées. Pour Ma­non Mas­sé, co-porte-pa­role de Qué­bec so­li­daire, c’est beau­coup trop. Elle pro­pose que le Qué­bec s’ins­pire du «mo­dèle Phi­la­del­phie» et ac­cepte de rou­vrir des dos­siers. En 1999, le ser­vice de po­lice de Phi­la­del­phie est re­mon­té cinq ans en ar­rière afin de re­voir l’en­semble des plaintes pour viol qu’il avait re­çues. Sur 2000 dos­siers écar­tés, les au­to­ri­tés ont fi­na­le­ment trou­vé 600 plaintes qui mé­ri­taient qu’une en­quête soit en­clen­chée, in­dique Mme Mas­sé.

La po­li­ti­cienne sou­haite que le Qué­bec s’ins­pire de ce «mo­dèle», qui a en­suite fait école dans plu­sieurs autres villes et États chez nos voi­sins du Sud. L’ob­jec­tif? Que les vic­times fassent de nou­veau confiance au sys­tème de jus­tice.

Mme Mas­sé croit qu’il faut com­prendre les «biais» qui amènent cer­taines plaintes à être re­je­tées, « pour être ca­pable de cor­ri­ger des plis ou des tra­vers qui ont été dé­ve­lop­pés par nos sys­tèmes à tra­vers le temps».

Mme Mas­sé ver­rait une équipe de su­per­vi­seurs, d’en­quê­teurs, d’in­ter­ve­nants et d’avo­cates fé­mi­nistes ré­vi­ser les dos­siers. Pour le fu­tur, Mme Mas­sé pro­pose qu’une équipe mul­ti­dis­ci­pli­naire, com­po­sée «de pro­fes­sion­nels for­més aux rap­ports de pou­voirs » soit pré­sente dans les postes de po­lice afin d’ac­com­pa­gner la vic­time dans le dé­pôt de sa plainte.

TROIS AUTRES ME­SURES

Pour com­plé­ter son plan d’ac­tion pour lut­ter contre les vio­lences sexuelles, la dé­pu­tée de Sain­teMa­rie–Saint-Jacques a pré­sen­té mar­di trois autres me­sures : la créa­tion d’un fonds d’aide aux vic­times, le lan­ce­ment d’une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion et d’édu­ca­tion et l’uti­li­sa­tion de mé­thodes de jus­tice al­ter­na­tive pour trai­ter les cas qui ne peuvent être por­tés de­vant la cour.

Mme Mas­sé parle de «mi­croa­gres­sions», par exemple des blagues de mau­vais goût, des re­gards in­sis­tants ou tout autre geste as­so­cié à la culture du viol. Mme Mas­sé est consciente que cette ex­pres­sion «ir­rite» les gens, mais elle sou­tient que c’est parce qu’elle est « mal com­prise».

Se­lon elle, l’agres­sion sexuelle, « c’est un crime qui n’est pas comme l es autres, et donc ça né­ces­site des ac­tions dif­fé­rentes, si on veut nous as­su­rer que les femmes puissent ef­fec­ti­ve­ment re­ce­voir jus­tice.»

La dé­pu­tée croit que ses pro­po­si­tions pour­ront être dé­bat­tues lors du fo­rum sur les vio­lences sexuelles, an­non­cé pour le mois de dé­cembre par Hé­lène Da­vid, mi­nistre res­pon­sable de la Condi­tion fé­mi­nine. «En ma­tière d’agres­sions sexuelles, j’ai l’im­pres­sion qu’il y a une mi­nistre qui ré­pond pré­sente», se ré­jouit-elle.

— PHOTO LE SO­LEIL, YAN DOU­BLET

La co­porte-pa­role de Qué­bec so­li­daire, Ma­non Mas­sé, ver­rait une équipe de su­per­vi­seurs, d’en­quê­teurs, d’in­ter­ve­nants et d’avo­cates fé­mi­nistes ré­vi­ser les dos­siers de plaintes d’agres­sion sexuelle.

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