LA DOUBLE VIE DE MA­THIEU CHARBONNEAU

Le Soleil - - ARTS ET SPECTACLES - VA­LÉ­RIE LES­SARD vles­sard@le­droit.com

Par le plus ré­cent al­bum de Tim­ber Timbre, Sin­ce­re­ly, Fu­ture Pol­lu­tion, Ma­thieu Charbonneau a of­fi­cia­li­sé son rôle de membre à part en­tière de la for­ma­tion me­née par Tay­lor Kirk. Du coup, le Fran­co-On­ta­rien de souche a dû trou­ver un ter­rain d’en­tente avec ses com­parses d’Avec pas d’casque, l’autre groupe dont il fait par­tie, afin de conti­nuer à faire de la mu­sique sur tous les fronts.

« Le plus dif­fi­cile à conci­lier, ce ne sont pas les uni­vers mu­si­caux to­ta­le­ment dif­fé­rents de Tim­ber Timbre et d’Avec pas d’casque, mais bien leurs ca­len­driers de tour­nées! clame le prin­ci­pal in­té­res­sé. Je suis tout à fait à l’aise de pas­ser d’un monde à l’autre, sur scène. En fait, ça me fait du bien, et je me trouve su­per chan­ceux de pou­voir va­rier comme ça, entre deux mondes!»

Or, si en 2014, il a pu ter­mi­ner la tour­née d’As­tro­no­mie avec la bande de Sté­phane La­fleur pour com­men­cer celle sui­vant le lan­ce­ment de Hot Dreams dès le len­de­main soir avec Tim­ber Timbre, Ma­thieu Charbonneau n’a pas eu la même veine cette fois. Les nou­veau­tés des deux groupes sont sor­ties presque en même temps, en dé­but d’an­née. Si bien que le mu­si­cien a dû ajou­ter la jon­gle­rie d’ho­raires à ses ta­lents.

«J’ai mes meilleurs amis dans les deux groupes et je ne veux pas avoir à choi­sir, sou­tient le cla­vié­riste. Ce­la dit, Sté­phane est bien conscient qu’une tour­née avec Tim­ber Timbre, c’est au moins une cen­taine de dates par an­née pour les deux pro­chaines an­nées, alors qu’on parle d’une tour­née quand même plus mo­deste pour Avec pas d’casque… Et puis, c’est beau­coup plus fa­cile pour moi de m’ajou­ter à son groupe pour quelques pres­ta­tions que l’in­verse : le spec­tacle de Tim­ber Timbre n’existe pas si on n’est pas les quatre sur scène!»

Les quatre mous­que­taires en ques­tion sont, outre le chan­teur et lea­der Tay­lor Kirk, le gui­ta­riste Si­mon Trot­tier et le bat­teur Mark Whea­ton (qui a pris le re­lais d’Oli­vier Fair­field, sur scène). C’est avec eux que Ma­thieu Charbonneau a pas­sé plus de deux mois à sillon­ner l’Eu­rope jus­qu’à tout ré­cem­ment.

« Sur Creep On Cree­pin’ On, j’avais dé­cro­ché un contrat de stu­dio pour jouer des cla­viers et du pia­no. Après l’en­re­gis­tre­ment de Hot Dreams, je suis par­ti sur la route avec le groupe à temps plein, pen­dant deux ans. Cette fois, pour ce troi­sième disque au­quel je par­ti­ci­pais, j’ai été pré­sent des pre­mières ébauches de chan­sons jus­qu’à la fin du pro­ces­sus de pro­duc­tion. Je ne suis plus juste un in­ter­prète et un mu­si­cien de stu­dio ou de tour­née : je suis vrai­ment un membre de Tim­ber Timbre».

TRANSPOSITION ORGANIQUE

Ce sta­tut confir­mé lui a no­tam­ment per­mis de pro­po­ser deux pièces ins­tru­men­tales ( Skin Tone et Bleu nuit), co-com­po­sées avec Si­mon Trot­tier, qui ont trou­vé leur place sur le disque.

«Tay­lor avait plu­tôt l’ha­bi­tude d’ar­ri­ver avec des idées très spé­ci­fiques, mais cette fois, tout était plus em­bryon­naire quand on s’est re­trou­vés pour lan­cer ce nou­veau pro­jet. On a donc pas­sé trois, quatre mois tous en­semble, à Mon­tréal, à tes­ter des trucs tous les jours, avant d’en­trer en stu­dio.» Avec pour ef­fet que ce der­nier consi­dère que

Sin­ce­re­ly, Fu­ture Pol­lu­tion s’avère l’al­bum dont la transposition sur scène s’est faite le plus na­tu­rel­le­ment par la suite. «Mais ça, ça tient peut-être aus­si au fait qu’on a op­té pour des ins­tru­ments plus fa­ciles à tran­spor­ter pour créer nos nou­velles pièces!»

Ma­thieu Charbonneau sa­vait «de­puis long­temps» qu’il sou­hai­tait ga­gner sa vie à tour­ner ain­si de ma­nière in­ten­sive. L’ar­tiste a ce­pen­dant dû prendre en consi­dé­ra­tion un autre élé­ment dans sa lo­gis­tique, cet au­tomne : sa fillette, qui au­ra bien­tôt six ans, a com­men­cé l’école.

«Ma femme est aus­si mu­si­cienne et, avant, on pou­vait ame­ner notre fille sur la route avec nous, en fonc­tion de nos tour­nées res­pec­tives. Là, on com­pose avec la nou­velle réa­li­té d’avoir une en­fant à la ma­ter­nelle, ce qui nous rend moins mo­biles sur de longues pé­riodes.»

Ma­thieu Charbonneau n’a donc pas fi­ni de jon­gler. Parce qu’une chose est sûre : il n’a pas fi­ni de jouer de la mu­sique non plus.

— PHOTO RI­CHARD DU­MAS

De gauche à droite : Mark Whea­ton, Si­mon Trot­tier, Tay­lor Kirk et Ma­thieu Charbonneau

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