JEAN-FRAN­ÇOIS MER­CIER NE GÈRE PAS SON AR­GENT EN GROS CAVE

L’hu­mo­riste Jean-Fran­çois Mer­cier, ac­tuel­le­ment en tour­née dans la pro­vince, maî­trise l’art de faire rire les gens – et de les faire ré­agir. Qu’en est-il de l’art d’in­ves­tir?

Les Affaires Plus - - La Une - PAR CLAU­DINE HÉ­BERT

Vous dé­te­nez une for­ma­tion en ac­tua­riat, n’est-ce pas ?

J’étais bon en ma­thé­ma­tiques et je vou­lais faire un mé­tier payant, mon orien­teur m’a sug­gé­ré l’ac­tua­riat. Mais pen­dant le bac, j’ai consta­té que je n’ai­mais pas vrai­ment ça. J’ai ter­mi­né quand même, par manque de cou­rage. Une fois mon di­plôme en main, j’ai com­pris que les pers­pec­tives d’em­ploi pro­mises par l’orien­teur avaient lar­ge­ment été exa­gé­rées. Je me rap­pelle d’un concours pour pour­voir deux postes au gou­ver­ne­ment. On de­vait être au moins 500 à pos­tu­ler... La car­rière d’au­teur hu­mo­ris­tique s’est avé­rée beau­coup plus at­ti­rante… Quoique le fait d’écrire 12 heures par jour dans mon bu­reau, ce n’est pas tou­jours très ex­ci­tant.

Dans quoi dé­pen­sez-vous le plus ?

Étant cé­li­ba­taire, je vais ré­gu­liè­re­ment au res­tau­rant. Au moins quatre fois par se­maine. Ita­lien, mexi­cain, su­shi, je mange de tout. Et puisque j’aime avoir de la bonne com­pa­gnie, j’as­sume sou­vent les deux fac­tures.

Quelle est la dé­pense que vous re­gret­tez ?

L’achat d’une co­pro­prié­té dans le sec­teur du Plateau Mont-Royal l’an der­nier. Je ma­ga­si­nais un pied-à-terre en ville. J’ai vite consta­té que les normes de l’immobilier ne sont pas les mêmes dans ce quar­tier qu’en ban­lieue. Bon­té di­vine, les ven­deurs sont là à nous van­ter des ap­par­te­ments qui ont soi-di­sant été bien en­tre­te­nus au fil des ans. La plu­part du temps, ça a été ra­bou­té,

Bien que ma car­rière se porte bien, je reste tou­jours an­xieux et très pru­dent. J’achète un bien tel qu’une voi­ture seu­le­ment si j’ai l’ar­gent. »

ça n’a pas de ga­rage, ni même une hotte pour la cui­si­nière. J’ai ache­té quand même. Il s’agis­sait d’une construc­tion neuve. Mais je l’ai vite re­gret­té. J’ai fi­na­le­ment ven­du après six mois. Cette er­reur m’a coû­té plus de 30 000 dol­lars. Et en­core, j’ai ar­rê­té de comp­ter. Heu­reu­se­ment, j’ai trou­vé ce que je vou­lais dans le quar­tier du parc An­gus.

Votre meilleur truc pour éco­no­mi­ser ?

La cote que me prend l’Union des ar­tistes (UDA) sur mes chèques de paie pour contri­buer à mon REER. Grâce à ce pro­cé­dé, je co­tise le mon­tant maxi­mum chaque an­née.

Et la Bourse, ça vous in­té­resse ?

Chaque an­née en no­vembre, j’achète des parts dans cer­tains in­dices. La part la plus im­por­tante de mon por­te­feuille est consti­tuée de l’in­dice TSX 60 ( XIU), qui re­pré­sente les 60 so­cié­tés ca­na­diennes les plus im­por­tantes à la Bourse de To­ron­to.

Pour­quoi les in­dices ?

J’ob­tiens la moyenne de ren­de­ment des ges­tion­naires de por­te­feuille, et en plus, les frais de ges­tion sont mi­nimes. À mes yeux, c’est un très bon in­ves­tis­se­ment à fluc­tua­tion sans avoir à étu­dier la Bourse à temps plein. Je gagne du temps. Évi­dem­ment, je su­bis les cor­rec­tions et les hausses du mar­ché, comme tout le monde.

En tant que per­son­na­li­té pu­blique, vous de­vez re­ce­voir des pro­po­si­tions d’in­ves­tis­se­ment ?

Il m’ar­rive d’en re­ce­voir sur les pla­teaux de tour­nage ou quand je suis sur scène. À cause des blagues que je fais sur ma for­tune per­son­nelle, les gens ont ten­dance à la sur­éva­luer et à me pro­po­ser des parts dans des pro­jets pour les­quels je n’ai tout sim­ple­ment pas les reins as­sez so­lides. Je pré­fère lais­ser ce type d’in­ves­tis­se­ment à d’autres. Pour moi, la meilleure fa­çon d’in­ves­tir, c’est de me concen­trer sur ma vé­ri­table pas­sion: l’hu­mour.

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