BOOS­TER VOTRE HUARD SUR LES PLAGES AMÉ­RI­CAINES

Le re­cul de 25 % du dol­lar ca­na­dien face à la de­vise amé­ri­caine pour­rait re­froi­dir les ar­deurs des di­zaines de mil­liers de Qué­bé­cois qui prennent d’as­saut les plages de la côte At­lan­tique des États-Unis. Quelques trucs pour don­ner du to­nus à votre pou­voir

Les Affaires Plus - - La Une - par Clau­dine Hé­bert

Ne par­tez pas sans votre carte CAA

De­ve­nez membre de CAA-Qué­bec. Pas seule­ment pour bé­né­fi­cier des avan­tages du ser­vice d’as­sis­tance rou­tière. «Aux ÉtatsU­nis, le ré­seau compte plus de 60 000 hô­tels et res­tau­rants, ain­si que plus de 17 000 at­trac­tions où les membres de CAAQué­bec peuvent ob­te­nir des ra­bais ins­tan­ta­nés al­lant de 10 à 30 % sur leurs achats », dit Sophie Gagnon, vice- pré­si­dente, com­mu­ni­ca­tions et af­faires pu­bliques, de CAAQué­bec. Plu­sieurs bou­tiques hors taxes amé­ri­caines, y com­pris plu­sieurs outlets, ac­cordent éga­le­ment des ra­bais aux dé­ten­teurs d’une carte CAA qui la pré­sentent. Notez que cer­tains ra­bais sont of­ferts aux membres à par­tir des centres de voyages CAAQué­bec, no­tam­ment une ré­duc­tion de 10 % pour la lo­ca­tion d’une mai­son près de la plage à Myrtle Beach, en Ca­ro­line du Sud. Les membres de CAA-Qué­bec peuvent éga­le­ment ob­te­nir des bi llets d’en­trée au parc d’at­trac­tions Busch Gar­dens à William­sburg, en Vir­gi­nie, pour 53 dol­lars amé­ri­cains au lieu de 75 dol­lars à la billet­te­rie.

Ma­ga­si­nez votre taux de change

N’at­ten­dez pas d’être aux États-Unis pour faire le plein de billets verts. « Vous ob­tien­drez un taux de change beau­coup plus avan­ta­geux ici, et plus par­ti­cu­liè­re­ment si vous ha­bi­tez dans une grande ville où les bu­reaux de change fi­gurent par­mi vos op­tions », af­firme Ste­phen Fines, pré­sident du site Web Cross­bor­der­shop­ping.ca. Ce site – en an­glais seule­ment – donne une foule de consei ls aux consommateurs ca­na­diens qui tra­versent ré­gu­liè­re­ment la fron­tière des États-Unis. À l’ex­cep­tion du bu­reau de change de l’aé­ro­port de Mon­tréal, où les frais de tran­sac­tion sont as­tro­no­miques, les bu­reaux de change ur­bains vendent gé­né­ra­le­ment les de­vises étran­gères à de meilleurs taux que les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières. « Les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières ajoutent des frais de change de 2 à 3 % », pré­cise Ste­phen Fines, la Banque Royale et CIBC étant les plus gour­mandes à cet ef­fet. Au mo­ment d’écrire cet ar­ticle, il en coû­tait 1 269,50 dol­lars ca­na­diens pour ob­te­nir 1 000 dol­lars amé­ri­cains dans les bu­reaux de change Glo­bex 2000 de Mon­tréal, de La­val et de Lon­gueuil. Soit de 15,00 à 30,00 dol­lars de moins que ce qu’il en au­rait coû­té dans les prin­ci­pales ins­ti­tu­tions fi­nan­cières de la pro­vince.

Pro­cu­rez-vous la meilleure carte de cré­dit

Ac­cu­mu­ler des points en voyage avec sa carte de cré­dit, c’est plu­tôt ten­tant. La carte Ame­ri­can Ex­press Or de Banque Scotia fait jus­te­ment bonne f igure, grâce à ses quatre points par dol­lar dé­pen­sé et son a ssu­rance voyage. « Mais at­ten­tion, la plu­part des cartes de cré­dit ca­na­diennes ajoutent sys­té­ma­ti­que­ment des frais de tran­sac­tion de 2,5 % au taux de change », pré­vient Ste­phen Fines. Est-il alors plus avan­ta­geux d’uti­li­ser une carte de cré­dit en dol­lars amé­ri­cains ? « Pas vrai­ment. À moins de tou­cher un sa­laire en dol­lars amé­ri­cains, les mêmes frais de change de 2,5 % vous at­tendent au rem­bour­se­ment du solde», in­dique Ste­phen Fines. Sa so­lu­tion ? De­man­der une carte de cré­dit sans frais de change, un pro­duit ac­tuel­le­ment en ex­pan­sion chez les Amé­ri­cains. Au Ca­na­da, seule la banque Chase offre un tel pro­duit, la carte Vi­sa Pre­mier Mar­riott Re­ward. Le dé­ten­teur de la carte ne paie que le taux de change, sou­ligne le pré­sident du site Web Cross­bor­der­shop­ping.ca. La carte per­met aus­si d’ac­cu­mu­ler des points bo­nis pour des nuits gra­tuites dans des éta­blis­se­ments de la chaîne Mar­riott. L’en­nui, c’est qu’on exige des frais an­nuels de 120 dol­lars. Et qu’au­cune as­su­rance de voyage n’est com­prise.

Faites vos cal­culs pour sa­voir si ce­la en vaut la peine.

Pre­nez l’avion aux États-Unis

Si vous pré­voyez prendre l’avion pour ga­gner plus vite les plages chaudes de la côte Est, pre­nez le temps d’ana­ly­ser les op­tions qu’offre l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Platts­burgh. Se­lon les se­maines, vous pou­vez épar­gner jus­qu’à 200 dol­lars par per­sonne pour des vols sans es­cale à des­ti­na­tion de la Ca­ro­line du Sud (Myrtle Beach) ou de la Flo­ride (Fort Lau­der­dale). L’aé­ro­port de Bur­ling­ton ? Il n’offre pas de vols di­rects vers ces des­ti­na­tions.

Pro­fi­tez des bons de ré­duc­tion

« Pre­nez le temps de vous ar­rê­ter dans les of­fices de tou­risme des États que vous vi­si­tez », sug­gère Paul La­querre, ré­dac­teur en chef du ma­ga­zine Cam­ping-Ca­ra­va­ning. La plu­part de ces comp­toirs offrent des li­vrets de bons de ré­duc­tion de 10 à 20 % sur l’hé­berge-

Les bu­reaux de change ur­bains vendent gé­né­ra­le­ment les de­vises étran­gères à de meilleurs taux que les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières. »

ment, les res­tau­rants, les at­trac­tions et le ma­ga­si­nage.

Rem­plis­sez votre gla­cière de l’autre cô­té de la fron­tière

À moins de vou­loir ab­so­lu­ment de la sauce en sa­chet BBQ St- Hu­bert (plu­tôt rare dans les épi­ce­ries amé­ri­caines), at­ten­dez d’être aux États-Unis pour faire l’épi­ce­rie. « Même si vous vous fiez à la liste d’ali­ments in­ter­dits mise à jour sur le site du US Cus­tom and Bor­der Pro­tec­tion, le doua­nier amé­ri­cain a un pou­voir dis­cré­tion­naire sur les ali­ments que vous sou­hai­tez in­tro­duire dans son pays », sou­ligne le ca­ra­va­nier aver­ti Paul La­querre. Évi­tez ain­si les fouilles in­utiles et le risque d’avoir à lais­ser le conte­nu de la gla­cière à la fron­tière.

La plu­part des chaînes d’épi­ce­ries amé­ri­caines offrent des cartes de fi­dé­li­té qui donnent ac­cès à des ra­bais ins­tan­ta­nés de 10 à 15 % à la caisse. Faites le cal­cul : pour une fac­ture de 200 dol­lars, ça pa­raît. « À l’achat de cer­tains ali­ments, quelques chaînes d’épi­ce­rie, à l ’ exemple de Winn- Dixie (qu’on trouve no­tam­ment en Flo­ride et en Géor­gie), pro­posent même des ra­bais d’es­sence qui vont jus­qu’à 10 cents le gal­lon », dit Paul La­querre.

Pri­vi­lé­giez, si pos­sible, les grandes épi­ce­ries si­tuées loin des plages. « Les ali­ments, et plus par­ti­cu­liè­re­ment les fruits et les lé­gumes, coûtent gé­né­ra­le­ment de 10 à 15 % de plus dans les épi­ce­ries si­tuées au coeur des des­ti­na­tions bal­néaires », note Sophie Gagnon de CAA-Qué­bec.

Pro­fi­tez des pe­tits prix de cer­taines bois­sons al­coo­li­sées

Tout adulte qui sé­journe au moins 48 heures à l’ex­té­rieur du Ca­na­da peut rap­por­ter deux bou­teil les de vin de 750 ml ou jus­qu’à 1,14 litre de bois­sons al­coo­li­sées. Les vins ache­tés aux États-Unis, par­ti­cu­liè­re­ment les vins ca­li­for­niens, coûtent de 5 à 10 dol­lars de moins (taux de change com­pris) que ceux de la SAQ. Ce sont tou­te­fois les ama­teurs de cham­pagne et de spi­ri­tueux qui réa­lisent les éco­no­mies les plus im­por­tantes. Les bou­teilles de 750 ml de ces al­cools coûtent de 10 à 30 dol­lars de moins (taux de change com­pris) en ter­ri­toire amé­ri­cain.

Éco­no­mi­sez à la pompe

Mal­gré le taux de change, faire le plein d’es­sence aux ÉtatsU­nis re­pré­sente une éco­no­mie de 20 à 40 % sur le prix à la pompe au Qué­bec. Grâce à l’ou­til Pla­ni­fi­ca­teur de voyage Trip Tik ac­ces­sible aux membres de CAA-Qué­bec, le voya­geur peut sa­voir à l’avance dans quel État, quelle ville et dans quelle sta­tion d’une même rue le plein lui coû­te­ra le moins cher. « Un ou­til pra­tique pour les voya­geurs qui tractent une ca­ra­vane ou qui ont une voi­ture très gour­mande », in­siste Sophie Gagnon. Autre pe­tit conseil : soyez prêt à payer comp­tant. De­puis quelques an­nées, cer­taines sta­tions d’es­sence amé­ri­caines fac­turent deux prix : l’un pour les achats par carte de cré­dit, et l’autre, de 2 à 3 % moins cher, pour le client qui paie comp­tant.

Évi­tez les gui­chets au­to­ma­tiques

Bien qu’ils se re­trouvent presque par­tout sur votre route, les gui­chets au­to­ma­tiques amé­ri­cains doivent être consi­dé­rés comme une so­lu­tion de der­nier re­cours. En plus de fac­tu­rer un taux de change éle­vé, chaque tran­sac­tion coûte entre 2 et 4 dol­lars sup­plé­men­taires, si­gnale le pré­sident du site Cross­bor­der­shop­ping.ca, Ste­phen Fines.

Épar­gnez sur les taxes

Cinq États amé­ri­cains ne pré­lèvent au­cune taxe de vente sur l’en­semble des achats. Et ça tombe bien, deux d’entre eux se trouvent sur la route des plages de la côte Est, le New Hamp­shire et le De­la­ware. Notez qu’au New Hamp­shire, une taxe de 9 % est tout de même pré­le­vée sur l’hé­ber­ge­ment et la res­tau­ra­tion. Le Ver­mont et la Penn­syl­va­nie ne pré­lèvent pas de taxes sur la plu­part des vê­te­ments et des chaus­sures. Même chose au Mas­sa­chu­setts pour les vê­te­ments de moins de 175 dol­lars amé­ri­cains.

Des des­ti­na­tions ac­cueillantes

Le Ver­mont est le seul État de la Nou­velle-An­gle­terre qui n’a pas d’ac­cès à l’océan At­lan­tique. Ce qui ne l’em­pêche pas d’of­frir une belle au­baine à sa­veur tro­pi­cale. À 15 mi­nutes du poste de la douane ca­na­dienne de High­wa­ter, la sta­tion tou­ris­tique Jay Peak dis­pose main­te­nant d’un com­plexe de glis­sades d’eau in­té­rieures dont le toit s’ouvre pen­dant les chaudes jour­nées de l’été. De­puis des dé­cen­nies, cette des­ti­na­tion ac­cepte l’ar­gent ca­na­dien au pair, à condi­tion que vous payiez comp­tant. Ce­la s’ap­plique éga­le­ment aux par­cours de golf ain­si qu’à la billet­te­rie des glis­sades d’eau. « Nos in­vi­tés ca­na­diens peuvent aus­si payer au pair 50 % de leur for­fait hé­ber­ge­ment en dol­lars ca­na­diens s’ils paient comp­tant », si­gnale JJ To­land, di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions du com­plexe Jay Peak.

Les se­maines du Ca­na­da en Vir­gi­nie

Pour contrer l’im­pact du taux de change, la Vir­gi­nie chou­choute sa clien­tèle ca­na­dienne, qui re­pré­sente plus de 650 000 vi­si­teurs par an. En 2015, l’État a dé­ci­dé d’aug­men­ter la pé­riode de sa pro­mo­tion Se­maines du Ca­na­da. À Vir­gi­nia Beach, jus­qu’au 11 juin (à l’ex­cep­tion du week- end du 22 au 24 mai), et du 16 août au 30 oc­tobre 2015 (à l’ex­cep­tion du week- end du 4 au 6 sep­tembre), près d’un éta­blis­se­ment sur quatre offre des ré­duc­tions sub­stan­tielles aux va­can­ciers ca­na­diens. Il suf­fit de dé­te­nir la carte ra­bais émise par l’of­fice du tou­risme de la Vir­gi­nie pour en pro­fi­ter. « Plu­sieurs lieux d’hé­ber­ge­ment pro­posent, par exemple, des ra­bais de 15 à 20 % sur des sé­jours d’au moins quatre nuits », sou­ligne Bar­ba­ra Simon, re­pré­sen­tante de l’Of­fice de tou­risme de la Vir­gi­nie au Qué­bec. Quelques éta­blis­se­ments hô­te­liers et at­trac­tions des villes d’Ar­ling­ton, de Fair­fax et d’Alexandria, en ban­lieue de Wa­shing­ton, em­boîtent le pas. Une sug­ges­tion ? Le Wes­tin Ar­ling­ton Ga­te­way, où le mon­tant de la deuxième et de la troi­sième nui­tée se­ra le chiffre de votre an­née de nais­sance (1955 = 55 $ la nuit).

Soyez aux aguets

À l’ex­cep­tion de la Vir­gi­nie, les autres États donnent peu de signes quand il s’agit de contrer l’ef­fet de la chute du huard. Ce qui ne veut pas dire qu’i ls ne ré­agi­ront pas au cours de l’été, sou­tient Sophie Gagnon, de CAA- Qué­bec. Ce­la dé­pen­dra des ré­ser­va­tions, des re­tards dans leurs pré­vi­sions et du fait que le dol­lar ca­na­dien pour­suit ou non sa des­cente. « L’in­dus­trie du voyage peut s’adap­ter très ra­pi­de­ment aux condi­tions du mar­ché », sou­ligne-t-elle.

La Vir­gi­nie chou­choute sa clien­tèle ca­na­dienne, qui re­pré­sente plus de 650 000 vi­si­teurs par an. »

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