La di­ver­si­fi­ca­tion est-elle un frein au ren­de­ment ?

Voi­ci pour­quoi je suis fa­vo­rable à une vaste di­ver­si­fi­ca­tion plu­tôt qu’à la concen­tra­tion.

Les Affaires Plus - - Investir -

De nom­breux in­ves­tis­seurs pré­fèrent un style de ges­tion qui com­porte peu de titres sé­lec­tion­nés grâce à une ana­lyse étof­fée de cha­cun des titres. C’est une ap­proche qui a le mé­rite d’of­frir un po­ten­tiel de ren­de­ment éle­vé, mais aus­si des pertes sub­stan­tielles. Ce style de ges­tion gé­nère des va­ria­tions an­nuelles im­por­tantes, tant po­si­tives que né­ga­tives.

Con­trai­re­ment à la croyance po­pu­laire, le but pre­mier d’un in­ves­tis­seur ne de­vrait pas être de trou­ver les quelques so­cié­tés qui mul­ti­plie­ront leur cours bour­sier par 10 du­rant les cinq pro­chaines an­nées, mais plu­tôt de li­mi­ter les pertes sub­stan­tielles dans un por­te­feuille. On n’a qu’à pen­ser à Bla­ckBer­ry, à Nor­tel ou à Va­leant, pour ne ci­ter que quelques exemples, pour com­prendre l’im­pact, sur un por­te­feuille con­cen­tré, d’un titre qui s’écroule après des an­nées de gloire.

La meilleure fa­çon d’évi­ter de lourdes pertes est donc de ne pas mettre tous ses oeufs dans un même pa­nier. Or, une des er­reurs les plus fré­quentes des in­ves­tis­seurs ca­na­diens est jus­te­ment une mau­vaise di­ver­si­fi­ca­tion. Se­lon une étude de Van­guard, les Ca­na­diens in­ves­tissent 60 % de leur por­te­feuille d’ac­tions au pays, les titres fi­nan­ciers et pé­tro­liers étant sou­vent sur­re­pré­sen­tés. Cette sur­ex­po­si­tion sec­to­rielle est aus­si sou­vent le ré­sul­tat d’un biais en­vers des so­cié­tés qui versent de gé­né­reux di­vi­dendes, sans égard au risque lié à une éven­tuelle re­mon­tée des taux d’in­té­rêt.

Du cô­té obli­ga­taire, j’ai consta­té ré­cem­ment que de nom­breux in­ves­tis­seurs à la re­cherche de ren­de­ments plus éle­vés ont in­ves­ti dans des obli­ga­tions de pe­tites so­cié­tés pé­tro­lières ca­na­diennes, telles que des obli­ga­tions conver­tibles. Mal­heu­reu­se­ment, à cause de la chute pro­non­cée du prix du pé­trole à l’au­tomne 2014, plu­sieurs de ces titres ne valent au­jourd’hui plus rien. Alors que la por­tion en re­ve­nu fixe d’un por­te­feuille est gé­né­ra­le­ment plus sé­cu­ri­taire, une concen­tra­tion éle­vée dans un seul sec­teur peut en­gen­drer des Un por­te­feuille gagne 5 % par an pen­dant cinq ans, pour un gain de 27,6 % après cinq ans et un ren­de­ment an­nuel moyen de 5 %. Un autre por­te­feuille gagne 15 %, perd 10 %, gagne 15 %, perd 10 % et gagne 15 %. Le gain après cinq ans n’est que de 23,2 %, mal­gré un ren­de­ment an­nuel moyen iden­tique de 5 %. La rai­son en est fort simple : plus les va­ria­tions de ren­de­ment d’un por­te­feuille sont éle­vées, plus le ren­de­ment à long terme se­ra pé­na­li­sé. Un in­ves­tis­seur a donc tout à ga­gner à ré­duire les va­ria­tions de son por­te­feuille, tout en res­tant ex­po­sé à un ni­veau de risque qui lui convient.

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