COUR­TAGE : PRO­FI­TEZ-VOUS DES PLA­TE­FORMES EN LIGNE ?

Les pla­te­formes de né­go­cia­tion des cour­tiers en ligne ont su­bi une cure de ra­jeu­nis­se­ment dans les der­nières an­nées. L’in­ves­tis­seur au­to­nome peut bé­né­fi­cier de la va­leur ajou­tée mise à sa dis­po­si­tion… à la condi­tion de sa­voir com­ment s’y re­trou­ver !

Les Affaires Plus - - La Une - par Do­mi­nique La­my

Pas­ser un ordre d’achat ou de vente d’un titre bour­sier n’est dé­sor­mais qu’un geste ba­nal. Voi­là dé­jà plus de neuf ans que je na­vigue tant bien que mal – les an­nées 2008-2009 ont été riches en en­sei­gne­ments – dans les dé­dales de la Bourse. Je constate ce­pen­dant qu’au­de­là du « Plan », de cette dis­ci­pline exi­gée pour in­ves­tir in­tel­li­gem­ment, une fa­cette sub­siste qui est bien sou­vent es­ca­mo­tée par le bour­si­co­teur: l’uti­li­sa­tion adé­quate – ou le choix op­ti­mal, c’est se­lon – d’une pla­te­forme de né­go­cia­tion. Li­sez ce qui suit : une meilleure maî­trise de la bête peut dé­fi­ni­ti­ve­ment vous per­mettre de faire de meilleurs choix d’in­ves­tis­se­ment!

Prix : quatre trente sous pour une piastre !

Ce n’est pas sur le coût de la com­mis­sion as­so­ciée à toute tran­sac­tion qu’un cour­tier se dé­marque du lot. La ma­jo­ri­té des firmes pro­posent d’en­trée de jeu une com­mis­sion uni­taire in­fé­rieure à 10 dol­lars. Seule ex­cep­tion: Sco­tia iT­rade, dont le ta­rif de base se chiffre à 24,99 dol­lars pour l’in­ves­tis­seur qui réa­lise moins de 30 tran­sac­tions par tri­mestre ou qui pos­sède moins de 50 000 dol­lars en ac­tifs com­bi­nés sous l’en­seigne de la Banque de Nou­velle-Écosse. Et à l’op­po­sé, par­mi les grandes ins­ti­tu­tions ban­caires ca­na­diennes, c’est la CIBC qui pro­pose la com­mis­sion la plus basse: 6,95 dol­lars, par l’in­ter­mé­diaire de son por­tail Pro-in­ves­tis­seurs. Au cha­pitre de la ta­ri­fi­ca­tion, ce­pen­dant, ce sont les pe­tites firmes in­dé­pen­dantes qui rem­portent la palme. Ques­trade, QT­rade et Cre­den­tial Di­rect pro­posent une com­mis­sion stan­dard de 4,95 dol­lars, de 8,75 dol­lars et de 8,88 dol­lars, res­pec­ti­ve­ment. Pas cher, pas cher!

Si vous pré­voyez faire des fonds né­go­ciés en Bourse (FNB) un des pi­liers de votre por­te­feuille, un autre as­pect doit être plu­tôt consi­dé­ré. De­puis le 2 sep­tembre der­nier, Banque Na­tio­nale Cour­tage Di­rect offre des tran­sac­tions sans com­mis­sion sur tous les FNB au Ca­na­da, à la seule condi­tion qu’un lot de 100 ac­tions soit échan­gé. « On s’adapte à la de­mande, sa­chant que les FNB ont le vent dans les voiles », dit Laurent Blan­chard, pré­sident de la firme. Ques­trade et Vir­tual Bro­kers pro­posent des FNB gra­tuits à l’achat seu­le­ment, alors que QT­rade et Sco­tia IT­rade offrent res­pec­ti­ve­ment 60 et 50 FNB sans com­mis­sion.

D’autres frais fi­nan­ciers s’ajoutent ce­pen­dant en cours de route. Un coût fixe de « te­nue de compte ou d’ad­mi­nis­tra­tion » est aus­si fac­tu­ré à dé­faut de dé­te­nir un mi­ni­mum d’ac­tif ou de faire un mi­ni­mum de tran­sac­tion par tri­mestre. At­ten­dez-vous à payer en moyenne 25 dol­lars par tri­mestre, quoique Pro-in­ves­tis­seurs CIBC et Cour­tage di­rect Banque Na­tio­nale fac­turent d’un seul coup l’équi­valent an­nuel­le­ment, soit 100 dol­lars. Il vaut mieux réa­li­ser le nombre mi­ni­mum re­quis de tran­sac­tions tri­mes­trielles

– qui va­rie d’un cour­tier à l’autre – que de payer des frais d’in­ac­ti­vi­té ! Un ba­rème des frais sup­plé­men­taires et la liste des cri­tères qui vous per­mettent d’en être exo­né­ré sont dis­po­nibles sur le por­tail de chaque four­nis­seur de ser­vice. Li­sez les pe­tits ca­rac­tères…

Offre de ser­vice : pa­reille, pas pa­reille !

Se­lon le « Rap­port sur le cour­tage en ligne – Ip­sos Reid » de 2015, la sim­pli­ci­té d’uti­li­sa­tion de la pla­te­forme de né­go­cia­tion est im­por­tante pour 63 % des in­ves­tis­seurs au­to­nomes. « Les so­cié­tés de cour­tage re­pensent donc la na­ture et la pré­sen­ta­tion des ren­sei­gne­ments of­ferts afin que l’in­for­ma­tion four­nie soit mieux adap­tée aux be­soins des clients », sou­ligne Ro­ger Gou­let, di­rec­teur, clien­tèle de marque, Pla­ce­ments di­rects TD. À la base, les cour­tiers à es­compte offrent tous un mi­ni­mum d’in­for­ma­tions et d’ou­tils com­pa­rables pour ai­der les in­ves­tis­seurs à mieux gé­rer leurs pla­ce­ments. Un mi­ni­mum de cu­rio­si­té s’im­pose donc. « Cas­sez votre pat­tern de né­go­cia­tion. Sur­fez et par­tez à la dé­cou­verte de l’in­ter­face choi­sie », re­com­mande quant à lui Laurent Blan­chard.

Sou­tien à l’in­ves­tis­se­ment

In­ves­tis­seur au­to­nome, certes, mais pas né­ces­sai­re­ment lais­sé pour compte ! La ma­jo­ri­té des cour­tiers pro­posent des we­bi­naires et des tu­to­riels vi­déo pour vous ac­com­pa­gner dans ce pro­ces­sus. Le ma­té­riel di­dac­tique gra­tuit couvre soit l’uti­li­sa­tion de la pla­te­forme elle-même, soit un su­jet lié aux pla­ce­ments. À dé­faut de pro­di­guer di­rec­te­ment des conseils, les dif­fé­rents four­nis­seurs de ser­vice offrent donc… de l’ac­com­pa­gne­ment.

QT­rade pro­pose ain­si des por­te­feuilles mo­dèles consti­tués de 10 à 15 titres, dont l’in­ves­tis­seur peut s’ins­pi­rer pour bâ­tir le sien ou pour re­pro­duire in­té­gra­le­ment ce­lui de son choix. Desjardins Cour­tage en ligne offre plu­tôt l’ou­til « GPS », qui per­met de sur­veiller les stra­té­gies tran­sac­tion­nelles d’un pro­fes­sion­nel de l’in­ves­tis­se­ment.

Re­cherche et do­cu­men­ta­tion

Les cour­tiers pro­posent d’of­fice de l’in­for­ma­tion dé­taillée sur les titres dis­po­nibles en Bourse. Des rap­ports d’ana­lystes et des comptes ren­dus éco­no­miques sont sou­vent of­ferts, bien qu’ils soient trop sou­vent ré­di­gés en an­glais seu­le­ment. En plus de leurs rap­ports mai­son, plu­sieurs ins­ti­tu­tions comme Desjardins et CIBC no­tam­ment pro­posent gra­tui­te­ment la re­cherche de la firme in­dé­pen­dante Mor­ning­star à leur clien­tèle.

Ain­si, à l’on­glet « Cotes et ana­lyses » dis- po­nible sur la pla­te­forme de Sco­tia iT­rade, le bour­si­co­teur était ac­cueilli le 16 sep­tembre der­nier par le plus ré­cent rap­port de l’ana­lyste Mark Ne­vine, de la Banque Sco­tia, qui re­vient sur les ré­sul­tats tri­mes­triels de la firme canadienne Student Tran­spor­ta­tion (STB-T), spé­cia­li­sée dans le trans­port d’éco­liers. Sa re­com­man­da­tion sur le titre de­meure à « per­for­mance de mar­ché », et sa cible est re­haus­sée à 7,25 dol­lars. L’in­ves­tis­seur pour­rait donc conclure de la né­ces­si­té de pour­suivre ses dé­marches, vu le cours qui flirte dé­jà avec le cap des huit dol­lars.

Filtres pré­dé­fi­nis ou per­son­na­li­sés

Des filtres de re­cherche per­mettent en­suite un pre­mier tri pour fa­ci­li­ter le choix de l’in­ves­tis­seur au­to­nome, qui peut ain­si es­pé­rer dé­ni­cher la pro­chaine perle à in­sé­rer dans son por­te­feuille, en fonc­tion des cri­tères dé­si­rés. En co­chant des cri­tères tels que Ca­na­da (Pays), Moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions (Ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière) et 4-6% (Ren­de­ment du di­vi­dende), vous ob­te­nez une liste de 18 noms cor­res­pon­dant à la re­cherche ef­fec­tuée. Vous pou­vez en­suite consul­ter les ra­tios fi­nan­ciers pro­po­sés, les rap­ports d’ana­lystes dis­po­nibles et les man- chettes quo­ti­diennes de l’ac­tua­li­té sur le titre sé­lec­tion­né.

Ana­lyse tech­nique

Ceux qui ne jurent que par l’ana­lyse tech­nique ne sont pas en reste! Un lo­gi­ciel qui per­met de s’adon­ner à l’ana­lyse des gra­phiques est sou­vent in­té­gré aux pla­te­formes des cour­tiers à es­compte – Re­co­gnia, à titre d’exemple. « Les gens l’ignorent, mais der­rière chaque pla­te­forme de né­go­cia­tion, il peut y avoir une ving­taine de four­nis­seurs ex­ternes », ajoute Laurent Blan­chard.

Cal­cul du ren­de­ment

Vous pour­riez choi­sir de vous faire la main avec un compte fic­tif – cer­tains parlent de « compte d’en­traî­ne­ment » –, et gé­rer ain­si une somme vir­tuelle pour com­prendre les rouages de la Bourse… avant d’y in­ves­tir votre pé­cule. Par contre, quelle que soit la pla­te­forme choi­sie, un on­glet « Ren­de­ment » per­met d’éva­luer la per­for­mance de votre por­te­feuille vé­ri­table par rap­port à un in­dice de ré­fé­rence, pour une pé­riode don­née. Un ca­len­drier des di­vi­dendes à re­ce­voir est même dis­po­nible ré­gu­liè­re­ment pour les titres dé­te­nus en por­te­feuille.

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