Les an­ciennes amours, le bon fi­lon

Lar­gué par un sec­teur en dif­fi­cul­té, il n’a ja­mais été plus pros­père que main­te­nant, après être re­tour­né dans le com­merce automobile.

Les Affaires Plus - - Couverture - par Clau­dine Hé­bert

Louis Gen­dron sen­tait la soupe chaude. Vice- pré­sident marketing au jour­nal Le So­leil, à Qué­bec, il voyait les ventes pu­bli­ci­taires di­mi­nuer de­puis plu­sieurs mois. Lorsque le cou­pe­ret est tom­bé sur son poste le 1er dé­cembre 2015, l’homme qui était alors âgé de 52 ans n’a pas été sur­pris. « C’est ma femme qui était da­van­tage ca­tas­tro­phée de me voir perdre ce tra­vail après sept an­nées de ser­vice », sou­lève le père de trois en­fants, congé­dié à la veille de Noël.

Louis Gen­dron est de­meu­ré sans em­ploi pen­dant deux mois. « Je bé­né­fi­ciais d’un bon ser­vice d’ac­com­pa­gne­ment in­clus dans mon for­fait de dé­part. Pour­tant, je sa­vais que c’était moi qui trou­ve­rais mon pro­chain job, et non une firme », sou­tient ce jeune quin­qua­gé­naire.

Bien qu’au­cun di­plôme uni­ver­si­taire ne fi­gure sur son CV, Louis Gen­dron était convain­cu que ses 18 an­nées d’ex­pé­rience dans le sec­teur automobile et son aven­ture dans l’uni­vers des mé­dias lui ou­vri­raient d’autres portes. « J’ai pro­fi­té de mes nom­breux con­tacts pour of­frir mes ser­vices à une di­zaine d’en­tre­prises de dif­fé­rents sec­teurs, dont le sec­teur ma­nu­fac­tu­rier, les voyages, les com­mu­ni­ca­tions. Niet ! Au­cune de mes ap­proches n’a por­té fruit. Je suis res­té bre­douille, jus­qu’à ce que j’ac­cepte de re­ve­nir dans le sec­teur automobile. »

Louis Gen­dron a été em­bau­ché comme di­rec­teur gé­né­ral chez Ste-Foy Mit­su­bi­shi en fé­vrier 2016, pour un sa­laire équi­va­lant aux deux tiers de ce qu’il ga­gnait au­pa­ra­vant. « C’étaient les condi­tions. Je de­vais ré-ap­pri­voi­ser le sec­teur automobile, qui avait beau­coup évo­lué en sept ans. » Ce re­cul, dit-il, s’est avé­ré la plus sage dé­ci­sion de sa vie.

Trois mois plus tard, en mai 2016, le Groupe Tar­dif lui of­frait des parts de l’ac­tion­na­riat au sein de l’en­tre­prise et le poste de di­rec­teur gé­né­ral de la conces­sion Kia Beau­port. De­puis son ar­ri­vée, les pro­fits de la conces­sion ont tri­plé. Et son sa­laire ? « De toute ma car­rière, je n’ai ja­mais ga­gné au­tant d’ar­gent ! »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.