La sa­gesse de Ra­chel La­pierre

Ra­chel La­pierre au­rait pu em­po­cher 675 000 dol­lars grâce à son billet ga­gnant de « 1000 dol­lars par se­maine à vie ». L’ex-in­fir­mière a pré­fé­ré le ca­chet heb­do­ma­daire pour fon­der et gé­rer à temps plein Le Book Hu­ma­ni­taire.

Les Affaires Plus - - Contents - par Clau­dine Hé­bert

Au mo­ment de ga­gner, en jan­vier 2008, vous étiez âgée de 46 ans. Qu’est-ce qui a mo­ti­vé votre choix entre les deux for­mules pro­po­sées par Lo­to-Qué­bec ?

Je suis tel­le­ment gé­né­reuse que le mon­tant for­fai­taire au­rait fon­du comme neige au so­leil. Tout cet ar­gent au­rait été don­né à des gens dans le be­soin. Mon ins­ti­tu­tion fi­nan­cière m'a for­te­ment re­com­man­dé d'op­ter pour la rente à vie, non im­po­sable, et de m'en ser­vir comme un sa­laire. Cette for­mule m'a per­mis de quit­ter mon em­ploi et de conti­nuer d'ai­der les autres sans avoir à m'in­quié­ter pour mes vieux jours.

Vous êtes-vous gâ­tée de­puis que vous avez ga­gné ?

Je voyage beau­coup plus qu'avant, par­ti­cu­liè­re­ment en Inde, où je suis al­lée au moins trois fois cette an­née. De­puis plus de 25 ans, j'ef­fec­tue an­nuel­le­ment des voyages hu­ma­ni­taires. Je suis al­lée au Bé­nin, au Pé­rou, au Chili, au Hon­du­ras, au Mexique, au Sé­né­gal, en Haï­ti. Ces voyages s'ajoutent à ceux que je fais pour mes com­pé­ti­tions de tri­ath­lon. J'ai lu un jour – j'ai ou­blié le nom de l'au­teur de cette ré­flexion – que l'on peut tout perdre dans la vie, que ce soit sa mai­son, ses éco­no­mies, ses amis. Les sou­ve­nirs de voyage, eux, demeurent tou­te­fois des ex­pé­riences de vie im­pé­ris­sables. Je par­tage cet avis.

Com­bien coûtent ces voyages ?

Je leur consacre plus de 10 000 dol­lars, peut-être même plus de 15000 dol­lars par an­née. Re­mar­quez, ce n'est pas tant l'hé­ber­ge­ment ni les re­pas qui coûtent cher. Lors de mes voyages hu­ma­ni­taires, je m'ali­mente peu et je dors ré­gu­liè­re­ment sur un ma­te­las de sol. C'est le billet d'avion qui re­pré­sente plus des deux tiers si­non les trois quarts des frais de dé­pla­ce­ment.

Réus­sis­sez-vous à épar­gner ?

Compte te­nu de ma pro­pen­sion à tout vou­loir don­ner aux autres, j'ai be­soin d'un peu de dis­ci­pline. Je par­viens à épar­gner à l'aide de pré­lè­ve­ments au­to­ma­tiques men­suels. Des sommes que j'aime mieux in­ves­tir dans une mai­son ou l'achat de ter­rain. Je suis très peu at­ti­rée par les fonds com­muns ou les titres bour­siers.

Quel a été votre meilleur pla­ce­ment ?

Il s'agit, en fait, d'un bien que je n'ai ja­mais ven­du. Lors de la né­go­cia­tion de mon di­vorce, il y a 15 ans, j'ai pu conser­ver un ter­rain com­mer­cial de 350000 pi2 si­tué sur la Rive-Sud de Mon­tréal. J'au­rais pu le vendre à plu­sieurs re­prises, mais je l'ai conser­vé pour mes quatre en­fants et une éven­tuelle re­traite. De­puis le par­achè­ve­ment de l'au­to­route 30, ce ter­rain a pris au moins sept fois sa va­leur.

Au­riez-vous un conseil à par­ta­ger ?

Ap­pre­nons à mieux comp­ter. Je n'ai ja­mais ex­cel­lé en ma­tière de ges­tion fi­nan­cière. Ce ne sont pas des no­tions que l'on m'a en­sei­gnées quand j'étais jeune. Je suis ac­tuel­le­ment des cours de comp­ta­bi­li­té pour me rat­tra­per. Je cô­toie tous les jours des gens qui vivent dans la mi­sère. Ce sont de plus en plus des re­trai­tés sans re­ve­nus suf­fi­sants pour vivre cor­rec­te­ment. Qu'est-ce qu'on at­tend pour mieux pré­pa­rer la po­pu­la­tion ? Des cours de ges­tion fi­nan­cière de­vraient fi­gu­rer dans les pro­grammes sco­laires dès le pri­maire. Ce se­rait un des plus beaux dons que l'on pour­rait faire à la société.

Des cours de ges­tion fi­nan­cière de­vraient fi­gu­rer dans les pro­grammes sco­laires dès le pri­maire. »

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