Cap sur le ROC pour Beauté Star Bé­dard

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Ma­rie-Da­nielle Bour­don, 38 ans, est l’une des rares femmes aux com­mandes d’une PME au Qué­bec à être ti­tu­laire d’un MBA pour cadres ( exe­cu­tive MBA, ou EMBA). En 2014, elle a re­pris les rênes de l’en­tre­prise fa­mi­liale, Beauté Star Bé­dard, avec sa soeur. Pour faire pas­ser la so­cié­té à la vi­tesse su­pé­rieure, elle a vou­lu ac­croître ses connais­sances et dé­ve­lop­per son ré­seau.

Comme la plu­part des chefs d’en­tre­prise, Ma­rie-Da­nielle Bour­don se fie beau­coup à son ins­tinct. « Je suis mon in­tui­tion, mais j’aime avoir des chiffres pour la va­li­der », confie-t-elle. C’est pour­quoi elle s’est ins­crite en 2011 à l’EMBA McGill-HEC Mon­tréal, qu’elle a ter­mi­né deux ans plus tard.

Les deux soeurs vou­laient « don­ner un se­cond souffle » à l’en­tre­prise fon­dée par leurs pa­rents en 1978. La PME, qui dis­tri­bue des pro­duits uti­li­sés par les coif­feurs pro­fes­sion­nels, compte au­jourd’hui 240 em­ployés. « Je trou­vais qu’on man­quait de struc­ture. Il fal­lait pro­fes­sion­na­li­ser l’en­tre­prise. Mon bac en ad­mi­nis­tra­tion avec un pro­fil en res­sources hu­maines au­rait été suf­fi­sant pour gé­rer l’en­tre­prise, mais pas pour l’ame­ner à un ni­veau plus pous­sé », dit la co­pré­si­dente.

Son EMBA lui a per­mis de maî­tri­ser de nou­veaux ou­tils fi­nan­ciers et stra­té­giques. Elle a no­tam­ment consa­cré ses tra­vaux d’études à cer­taines pro­blé­ma­tiques de Beauté Star Bé­dard, qui était alors en plein pro­ces­sus de re­lève. « C’est une pé­riode de tran­si­tion dé­li­cate. L’EMBA a agi comme un guide, un cadre », es­time Mme Bour­don, qui voit aus­si dans ce di­plôme un atout pour dé­ve­lop­per une meilleure confiance en soi.

Re­struc­tu­ra­tion en pro­fon­deur

Forte de ces nou­veaux ac­quis, la co­pré­si­dente a amor­cé une re­struc­tu­ra­tion en pro­fon­deur. L’équipe a été ra­jeu­nie, le site In­ter­net et l’image de l’en­tre­prise ont été re­vus. Les deux soeurs ont aus­si créé leur propre marque de pro­duits pour sa­lons de coif­fure.

Par sou­ci d’op­ti­mi­sa­tion, les di­ri­geantes ont réuni sous un même toit les deux sites de l’en­tre­prise, qui comp­tait au­pa­ra­vant des bu­reaux à La­val et à Qué­bec. « Tout était dé­dou­blé, ce n’était vrai­ment pas éco­no­mique », ex­plique Ma­rie-Da­nielle Bour­don, qui avait eu l’oc­ca­sion de tra­vailler sur ce pro­jet de cen­tra­li­sa­tion des ac­ti­vi­tés dans le cadre de son EMBA. Lors du tra­vail de pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique, la co­pré­si­dente a éga­le­ment de­man­dé con­seil à un de ses an­ciens pro­fes­seurs.

Main­te­nant que les struc­tures sont en place, l’ob­jec­tif est de dé­ve­lop­per la marque pri­vée et de la dif­fu­ser à l’ex­té­rieur du Qué­bec, sur le mar­ché ca­na­dien. Ma­rie-Da­nielle Bour­don ne ferme pas la porte à une crois­sance par ac­qui­si­tions, seul moyen de prendre des parts de mar­ché pour les pro­duits que Beauté Star Bé­dard dis­tri­bue dé­jà au Qué­bec, mais pour les­quels elle n’a pas de li­cence afin de les dis­tri­buer ailleurs. — ANNE GAI­GNAIRE

« Par­ler d’égal à égal » avec les v.-p.

Un de ses frères était lui aus­si in­té­res­sé par la re­lève. « Mon père a fait faire des tests psy­cho­mé­triques pour ne pas ba­ser son choix sur l’âge mais sur les com­pé­tences de ges­tion. J’ai ac­cé­dé à cette fonc­tion car je suis gé­né­ra­liste, je peux par­ler aus­si bien de res­sources hu­maines que de fi­nance », ex­plique le pdg.

Un atout que lui a no­tam­ment ap­por­té le MBA ob­te­nu en 1997. Ce di­plôme lui a in­cul­qué des connais­sances de ges­tion com­plé­men­taires à sa for­ma­tion d’in­gé­nieur et à son ex­pé­rience de consul­tant en ges­tion.

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