Keith Farrant,

ges­tion­naire de por­te­feuille et ana­lyste sé­nior chez Cla­ret

Les Affaires - - Investir -

WSP GLO­BAL Le ges­tion­naire de por­te­feuille de Cla­ret aime le titre de la firme d’in­gé­nie­rie mont­réa­laise WSP Glo­bal, an­cien­ne­ment connue sous le nom de Ge­ni­var. Le cours de son ac­tion a ré­cem­ment été bous­cu­lé dans la fou­lée du Brexit et de l’in­sta­bi­li­té po­li­tique qui sé­vit au Royaume-Uni, où elle brasse des af­faires (en­vi­ron 5% des re­ve­nus). « Ça peut être une bonne oc­ca­sion d’ac­qué­rir le titre d’un joueur pur en ma­tière de ser­vices d’in­gé­nie­rie, c’est-à-dire une en­tre­prise qui ne touche pas au vo­let construc­tion », sou­ligne Keith Farrant. Il juge l’ac­tion moins vo­la­tile que celle d’autres firmes d’in­gé­nie­rie. « C’est une en­tre­prise qui va croître à la fois en in­terne et à l’ex­terne, grâce à des ac­qui­si­tions. En 2015, elle avait comme ob­jec­tif de dou­bler sa taille d’ici 2018, ce qu’elle est en bonne voie d’at­teindre. » Le di­vi­dende an­nuel de WSP Glo­bal est de 1,52$. Keith Farrant juge que ce­lui-ci est bien pro­té­gé avec un ra­tio de dis­tri­bu­tion d’en­vi­ron 50% et qu’il est ap­pe­lé à croître da­van­tage et de fa­çon sou­te­nue. « Le di­vi­dende est très at­trayant par rap­port à d’autres ac­teurs du même sec­teur et compte te­nu des taux d’in­té­rêt ac­tuels. » AG GROWTH IN­TER­NA­TIO­NAL Keith Farrant est tou­jours aus­si en­thou­sias­mé par le titre d’AG Growth In­ter­na­tio­nal, une so­cié­té ma­ni­to­baine qui pro­duit de l’équi­pe­ment agri­cole, dont de la ma­chi­ne­rie por­table et sta­tion­naire pour le convoyage et l’en­tre­po­sage de grains. L’en­tre­prise, si­tuée à Win­ni­peg, a pour­tant connu son lot d’en­nuis au cours des der­nières an­nées. « La mé­téo, plus par­ti­cu­liè­re­ment les fortes pé­riodes de sé­che­resse sur­ve­nues aux États-Unis et au Ca­na­da, a nui à la de­mande de ses équi­pe­ments », re­con­naît le ges­tion­naire de por­te­feuille. Qu’à ce­la ne tienne, il croit que le re­tour à la nor­male de ses ac­ti­vi­tés et la per­cée bré­si­lienne qu’amorce l’en­tre­prise de­vraient sti­mu­ler à la hausse le cours de l’ac­tion. « La plu­part de ses pro­duits ont une du­rée de vie as­sez courte et doivent être rem­pla­cés de fa­çon conti­nue. Les fer­miers peuvent re­por­ter l’achat de cet équi­pe­ment pen­dant un ou deux ans, mais ils ne peuvent pas s’en pas­ser », fait-il re­mar­quer. Se­lon lui, un nou­veau cycle éco­no­mique de­vrait ac­croître la de­mande et les ventes dans les pro­chaines an­nées. « Mal­gré les vents contraires, elle a main­te­nu son di­vi­dende à 2,40$ an­nuel­le­ment et de­vrait pou­voir le bo­ni­fier. » APPLE Autre sug­ges­tion, le titre du géant amé­ri­cain Apple. Il re­con­naît que la crois­sance des ventes de l’iP­hone n’est plus ce qu’elle était il y a cinq ans, mais il re­la­ti­vise cette baisse en évo­quant une en­tre­prise qui évo­lue do­ré­na­vant dans un mar­ché plus ma­ture. « Les chiffres des der­nières an­nées étaient tout sim­ple­ment phé­no­mé­naux, avec des pé­riodes de crois­sance de re­ve­nus an­nuels dé­pas­sant les 30%. » Une re­prise de ces an­nées fastes se­rait éton­nante, se­lon M. Farrant. Il es­time tou­te­fois que le géant de Cu­per­ti­no n’a pas be­soin d’une telle per­for­mance pour jus­ti­fier le cours d’une ac­tion qui se né­go­cie ac­tuel­le­ment à en­vi­ron huit fois les bé­né­fices (en te­nant compte de l’en­caisse). « Apple est as­sise sur beau­coup d’argent. La crois­sance a ra­len­ti, mais l’en­tre­prise réus­sit à faire en­core très bien en gé­né­rant d’im­por­tants flux de tré­so­re­rie. » Il pense que le contexte est d’ailleurs propice pour gâ­ter les ac­tion­naires, soit en aug­men­tant le di­vi­dende chaque an­née ou en pour­sui­vant les ra­chats d’ac­tions. « Je com­prends pour­quoi un in­ves­tis­seur crain­drait d’in­ves­tir dans une telle en­tre­prise si les mul­tiples étaient trop éle­vés. Mais ce n’est pas le cas. Et à long terme, je conti­nue de croire qu’Apple pour­ra croître an­nuel­le­ment, au mi­ni­mum au rythme du PIB, c’est-à-dire de 3%. » CISCO L’équi­pe­men­tier en té­lé­com­mu­ni­ca­tions Cisco est une autre en­tre­prise d’en­ver­gure évo­luant dans un mar­ché ma­ture. Le ges­tion­naire sou­ligne qu’elle pos­sède de so­lides états fi­nan­ciers et qu’elle se né­go­cie à des mul­tiples in­té­res­sants. « Plus les gens uti­lisent la bande pas­sante – plus ils ont be­soin des sys­tèmes de com­mu­ni­ca­tion et de mes­sa­ge­rie vo­cale et vi­déo –, plus une so­cié­té comme Cisco fait des ventes », ex­plique-t-il pour ré­su­mer le mar­ché dans le­quel évo­lue Cisco. Avec le phé­no­mène de « l’In­ter­net des ob­jets » ou du Web 3.0 (in­ter­con­nexion des ob­jets phy­siques de tous les jours avec le monde vir­tuel), M. Farrant croit que ce­la ac­croî­tra la de­mande des pro­duits de Cisco – et de ceux de ses concur­rents. « Ils sont ca­pables d’aug­men­ter leurs bé­né­fices nets de 8 à 10% par an­née. Un peu comme Apple, ils ac­cu­mulent beau­coup de flux de tré­so­re­rie et peuvent en re­tour­ner aux ac­tion­naires. » Il si­gnale que Cisco a ra­che­té l’équi­valent de plus de 20 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains d’ac­tions et aug­men­té son di­vi­dende de 19% au cours des trois der­nières an­nées.

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