Yves Bour­get

Les Affaires - - News - Des taux bas pour plus long­temps

La pous­sée des titres de di­vi­dendes

al­gré leur spec­ta­cu­laire per­for­mance des der­niers mois, les ac­tions or­di­naires ver­sant des di­vi­dendes se­raient dans l’en­semble éva­luées cor­rec­te­ment, se­lon Ho­vig Mou­shian, ges­tion­naire du Fonds de di­vi­dendes toutes capitalisations ca­na­diennes Ma­cken­zie: « Elles ne sont pas bon mar­ché, mais elles ne sont pas très chères, à l’ex­cep­tion du sec­teur de la consom­ma­tion de base ».

La po­pu­la­ri­té des fonds de di­vi­dendes ne se dé­ment pas. Au point où des so­cié­tés de fonds dé­cident de les fer­mer aux nou­veaux in­ves­tis­seurs. Le 28 juillet, Van­guard an­non­çait la fer­me­ture aux nou­veaux in­ves­tis­seurs amé­ri­cains de son Di­vi­dend Growth Fund, un fonds de 30 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains dont la taille a presque dou­blé en trois ans…

Les ac­tions or­di­naires à re­ve­nu de sec­teurs per­çus comme dé­fen­sifs ont af­fi­ché des ren­de­ments lar­ge­ment su­pé­rieurs à ceux des in­dices de­puis le dé­but de l’an­née. Ain­si, les in­dices pla­fon­nés des ser­vices aux col­lec­ti­vi­tés et ce­lui des té­lé­com­mu­ni­ca­tions du S&P/TSX ont af­fi­ché res­pec­ti­ve­ment des ren­de­ments de 17,9% et de 22,9% au 31 juillet, par rap­port à 14,1% pour l’in­dice com­po­sé S&P/TSX. Le re­bond de 17,9% du sec­teur éner­gé­tique du­rant la même pé­riode compte pour beau­coup dans l’avance du mar­ché.

Aux États-Unis, la pro­gres­sion du mar­ché bour­sier de­puis le dé­but de l’an­née est tri­bu­taire de cette ro­ta­tion des in­ves­tis­seurs vers ces sec­teurs ju­gés plus sûrs lorsque l’éco­no­mie ra­len­tit. Les in­dices S&P 1500 Te­le­com Ser­vices et S&P 1500 Uti­li­ties gé­né­raient res­pec­ti­ve­ment des ren­de­ments de 25,9% et de 22,9% (en dol­lars amé­ri­cains), com­pa­ra­ti­ve­ment à 8,1% pour l’in­dice S&P 1500. La der­nière fois que les mar­chés bour­siers nord-amé­ri­cains ont at­teint des som­mets sur la pous­sée de ces titres « dé­fen­sifs », c’était en 2007. Se­lon Ho­vig Mou­shian, ce qui rend les titres de ces sec­teurs très po­pu­laires, c’est qu’ils offrent des di­vi­dendes éle­vés et pré­vi­sibles, à cause de la sta­bi­li­té de leurs flux de tré­so­re­rie. Tel­le­ment po­pu­laires qu’ils se né­go­ciaient ré­cem­ment à plus de 23 fois les bé­né­fices...

« Nous sommes dans un en­vi­ron­ne­ment de taux “plus bas pour plus long­temps”. Les hausses an­ti­ci­pées du taux di­rec­teur de la Ré­serve fé­dé­rale en 2016 ne se sont pas ma­té­ria­li­sées. Ce­la a pour ef­fet d’abais­ser le taux d’es­compte pour éva­luer les ac­tions. C’est pour­quoi les mul­tiples ne sont pas aus­si éle­vés qu’ils le sont dans l’ab­so­lu », sou­tient-il. Il re­con­naît que la baisse du ren­de­ment des obli­ga­tions du Tré­sor amé­ri­cain 10 ans de 2,34%, en no­vembre der­nier, à 1,36% au dé­but de juillet est la prin­ci­pale cause de la ra­pide ré­éva­lua­tion à la hausse des titres à di­vi­dendes cette an­née.

Il fau­drait que les taux d’in­té­rêt à long terme conti­nuent de chu­ter ra­pi­de­ment pour main­te­nir le rythme d’ap­pré­cia­tion des sec­teurs des ser­vices aux col­lec­ti­vi­tés et des té­lé­com­mu­ni­ca­tions. Ce n’est pas im­pos­sible, si l’éco­no­mie conti­nue de ra­len­tir. Il va sans dire qu’un mou­ve­ment in­verse des taux vers leur ni­veau de no­vembre ra­bais­se­rait ces titres à leur ni­veau d’alors. C’est pour­quoi cer­tains ana­lystes pensent qu’il ne faut pas mi­ser sur ces sec­teurs pour conti­nuer de te­nir à bout de bras le mar­ché haus­sier.

Même si elles re­cu­laient tem­po­rai­re­ment, les ac­tions or­di­naires à re­ve­nu conti­nue­raient d’avoir un grand at­trait pour les in­ves­tis­seurs: « De­puis la fin de la crise de 2008, nous connais­sons une crois­sance éco­no­mique ané­mique en com­pa­rai­son de toutes les pé­riodes de re­prise éco­no­mique de­puis la fin de la Deuxième Guerre mon­diale. Dans ce contexte où, après un re­bond nor­mal, la crois­sance des bé­né­fices s’ame­nuise et l’ex­pan­sion du mul­tiple ac­cor­dé à ces bé­né­fices est li­mi­tée, les in­ves­tis­seurs se tournent vers d’autres fa­çons de gé­né­rer du ren­de­ment. Les di­vi­dendes en sont une des prin­ci­pales, sur­tout dans le contexte où une po­pu­la­tion vieillis­sante cherche des re­ve­nus », ré­sume-t-il.

Banques: une éva­lua­tion rai­son­nable

Le fonds Ma­cken­zie ne dé­vie guère des pon­dé­ra­tions sec­to­rielles de l’in­dice S&P/TSX. Ain­si, les titres du sec­teur fi­nan­cier comp­taient pour 35,3% du por­te­feuille au 31 juillet, dont en­vi­ron 4,5% en fi­du­cie de pla­ce­ment im­mo­bi­lier: « Plu­sieurs fi­du­cies de pla­ce­ment im­mo­bi­lier offrent une dis­tri­bu­tion avoi­si­nant 6%, et leur ren­de­ment to­tal [ap­pré­cia­tion et dis­tri­bu­tion] os­cil­le­ra entre 7 et 9% », es­time Ho­vig Mou­shian.

Il juge rai­son­nable l’éva­lua­tion des banques, tout en concé­dant que leurs cours bour­siers chu­te­raient de ma­nière im­por­tante si une crise im­mo­bi­lière sur­ve­nait dans la fou­lée d’une ré­ces­sion.

La pon­dé­ra­tion en éner­gie se si­tue au­tour de 17%, et la chute ré­cente du cours in­cite Ho­vig Mou­shian à l’aug­men­ter. Le ges­tion­naire pense que le pé­trole fi­ni­ra par at­teindre 60$ US, au fur et à me­sure que l’équi­libre entre l’offre et la de­mande se ré­ta­bli­ra.

Les in­ves­tis­seurs au­to­nomes pri­vi­lé­gie­ront la sé­rie D du fonds, qui af­fi­chait un coût to­tal de dé­ten­tion de 1,52% au 31 mars.

Les fonds né­go­ciés en Bourse (FNB) ont la cote. À peu de frais, ces ou­tils fi­nan­ciers per­mettent aux in­ves­tis­seurs, entre autres, de cal­quer le ren­de­ment des grands in­dices bour­siers. L’ex­pat An­drew Hal­lam, au­teur de deux livres à suc­cès sur les fi­nances per­son­nelles et col­la­bo­ra­teur au quo­ti­dien The Globe and Mail, ne jure que par eux. Au­jourd’hui ré­sident de Singapour, il est ce qu’on ap­pelle dans le jar­gon un in­ves­tis­seur pas­sif. Les Af­faires a eu la chance de s’en­tre­te­nir avec cet éter­nel bour­lin­gueur et an­cien pro­fes­seur d’an­glais, à l’oc­ca­sion d’une ré­cente vi­site au Ca­na­da. En­tre­tien avec un prof de 45 ans de­ve­nu mil­lion­naire. – Un de mes prin­ci­paux avan­tages a été de com­men­cer à épar­gner et à

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