Ag Growth peut-elle en­core don­ner de bonnes ré­coltes ?

Les Affaires - - Investir - Sté­phane Rol­land ste­phane.rol­land@tc.tc C @@ srol­land_­la

Ques­tion des lec­teurs — Nous étions à Chi­ca­go pour vous par­ler du marché des contrats à terme agri­coles, un re­por­tage pu­blié dans notre nu­mé­ro du 19 no­vembre. Ins­pi­ré par nos textes, un lec­teur se de­mande quelles sont les pers­pec­tives concer­nant Ag Growth ( AFN, 53,34$). Voi­ci ce qu’en pensent les ana­lystes.

Si­tuée à Win­ni­peg, Ag Growth est un fa­bri­cant d’équi­pe­ments uti­li­sés dans la ma­nu­ten­tion et l’en­tre­po­sage de cé­réales. Elle vend ses pro­duits au Ca­na­da, aux États-Unis, en Amé­rique la­tine, en Eu­rope et en Russie. Au cours des 12 der­niers mois, l’en­tre­prise a réa­li­sé une sé­rie d’ac­qui­si­tions (Yar­gus, Wes­teel, Mit­chell, NuVi­sion, En­trin­ger et VIS). Tou­jours pen­dant la même pé­riode, l’ac­tion de cette pe­tite ca­pi­ta­li­sa­tion de 789 M$ s’est ap­pré­ciée de 80%. Ré­cem­ment, le titre a connu un bond de 15% après la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats du troi­sième tri­mestre. Les ana­lystes ont d’ailleurs for­te­ment re­haus­sé leurs cibles dans la fou­lée. Le ren­de­ment du di­vi­dende est de 4,5%.

Qu’en est-il pour la suite des choses? Se­lon les chiffres de Bloom­berg, les ana­lystes sont par­ta­gés entre l’op­ti­misme et l’at­ten­tisme. Des huit qui suivent le titre, quatre émettent une re­com­man­da­tion d’achat, tan­dis que le même nombre sug­gère de « conser­ver » le titre.

Dans notre re­por­tage réa­li­sé à Chi­ca­go, nous écri­vions que les ré­coltes de cé­réales ont fra­cas­sé des re­cords de­puis trois ans. Et bien, Ag Growth pro­fite de cette ten­dance tan­dis que les agri­cul­teurs doivent en­tre­po­ser l’abon­dance des ré­coltes, sou­ligne Greg Col­man, de la Fi­nan- cière Banque Na­tio­nale. De plus, la société est en bonne pos­ture pour vendre ses pro­duits dans les mar­chés émer­gents où l’on tente de rat­tra­per le re­tard tech­no­lo­gique.

La sé­rie d’ac­qui­si­tions qu’a ef­fec­tuées l’en­tre­prise en fait un « gui­chet unique » pour se pro­cu­rer l’équi­pe­ment d’en­tre­po­sage, ajoute M. Co­le­man. « La société a les pro­duits, la ca­pa­ci­té de pro­duc­tion et l’équipe qui lui per­met­traient de de­ve­nir un ac­teur de taille dans l’in­dus­trie », ré­sume-t-il. Sa re­com­man­da­tion est à « sur­per­for­mance », et sa cible, à 54$.

Des nuances

Da­mir Gun­ja, de Va­leurs mo­bi­lières TD, par­tage cette lec­ture, mais se dit pru­dent en rai­son de l’éva­lua­tion. Celle-ci se trouve dans le haut de sa four­chette his­to­rique des cinq der­nières an­nées. Le titre mé­rite une prime, se­lon lui, mais l’ap­pré­cia­tion ré­cente l’in­cite à at­tendre un re­cul pour prendre po­si­tion. L’ana­lyste sug­gère de conser­ver l’ac­tion et a une cible à 52$.

Même s’il est dans le camp des op­ti­mistes, Pe­ter Prat­tas, d’Al­taCorp Ca­pi­tal, note que la société n’est pas sans risque. L’in­dus­trie agri­cole est cy­clique, et la vente d’équi­pe­ments dé­pend de la san­té du sec­teur. De nom­breux fac­teurs peuvent in­fluen­cer les pers­pec­tives: les re­ve­nus des fer­miers, les coûts de pro­duc­tion, la va­leur des terres, les po­li­tiques gou­ver­ne­men­tales, le prix des ma­tières pre­mières ou la de­mande. Une ap­pré­cia­tion du dol­lar ca­na­dien par rap­port au dol­lar américain et à l’eu­ro se­rait aus­si un vent contraire, aux yeux de M. Prat­tas. La ma­jo­ri­té des re­ve­nus sont gé­né­rés en dol­lars amé­ri­cains, pré­cise-t-il. Tou­te­fois, les dé­penses en de­vises amé­ri­caines sont « ma­té­riel­le­ment » moins éle­vées. Sa re­com­man­da­tion est « sur­per­for­mance », et sa cible, à 55$.

Ja­cob Bout, de Mar­chés mon­diaux CIBC, es­time de son cô­té que le di­vi­dende de 4,5% est viable, mal­gré une si­tua­tion fi­nan­cière ser­rée en 2016. L’ana­lyste s’at­tend à ce que le di­vi­dende re­pré­sente 106% des flux de tré­so­re­rie dis­po­nibles en 2016. Un tel ra­tio in­dique qu’une en­tre­prise ne gé­nère pas suf­fi­sam­ment d’ar­gent pour payer son di­vi­dende sans re­cou­rir à la dette ou pui­ser dans ses ré­serves. Ce manque à ga­gner s’ex­plique par la construc­tion d’une usine au Bré­sil, ex­plique M. Bout. En 2017, la ré­duc­tion des dé­penses en in­ves­tis­se­ment amè­ne­ra ce ra­tio à un « confor­table » 50%. La re­com­man­da­tion est à « per­for­mance de sec­teur », et son cours cible est éta­bli à 52$. Nous in­vi­tons nos lec­teurs à sou­mettre leurs ques­tions à pro­pos des fi­nances per­son­nelles à ste­phane.rol­land@tc.tc

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