Le boo­me­rang

Les Affaires - - Sommaire - Ju­lie Cailliau Ré­dac­trice en chef, Groupe Les Af­faires ju­lie.cailliau@tc.tc C @ju­lie140c

Rap­pe­ler son ex à la Saint-Va­len­tin, ça ne fe­ra pas for­cé­ment de beaux en­fants. Eh bien, c’est ce que le Ca­na­dien a fait le 14fé­vrier : il a rap­pe­lé Claude Ju­lien au poste d’en­traî­neur-chef. Je ne m’im­pro­vi­se­rai pas ana­lyste de hockey (en tous cas, pas au-de­là du ni­veau Atome A), mais trans­po­sons la ques­tion au do­maine des af­faires : qu’ar­rive-t-il quand une en­tre­prise rap­pelle à sa tête son an­cien pdg ? Eh bien, à part quelques ex­cep­tions, au mieux, l’ef­fet est nul, au pire, la per­for­mance flanche. Bonne chance, les boys !

Ca­na­dian Tire, Telus, Apple, Dell, Star­bucks, Proc­tor & Gamble, Twit­ter, et même Groupe Jean Cou­tu... À un mo­ment de leur his­toire, ces en­tre­prises ont ju­gé bon de rap­pe­ler à la barre leur an­cien pa­tron. On parle de pdg boo­me­rang. (Avant d’al­ler plus loin, une pa­ren­thèse im­por­tante : le der­nier cas en date au Qué­bec, Pierre Karl Pé­la­deau re­pre­nant son poste à la tête de Qué­be­cor, est spec­ta­cu­laire, mais pas du tout ty­pique du phé­no­mène. Le rap­pel de pdg, comme le rap­pel de pro­duits, est ha­bi­tuel­le­ment un signe de grande dif­fi­cul­té dans l’en­tre­prise. Or, Qué­be­cor n’est pas en dif­fi­cul­té.)

En gé­né­ral, « on voit ce type de re­tour dans des si­tua­tions où l’hé­ri­tage du fon­da­teur est en dan­ger. Alors, on le rap­pelle, avec des ré­sul­tats aléa­toires », ex­plique Louis Hé­bert, pro­fes­seur au Département de ma­na­ge­ment d’HEC Mon­tréal.

Aléa­toires, c’est ef­fec­ti­ve­ment ce que montrent les études sur le su­jet. D’après une com­pi­la­tion réa­li­sée il y a quelques an­nées sur un échan­tillon de so­cié­tés amé­ri­caines co­tées en Bourse, les en­tre­prises ayant ré­em­bau­ché leur an­cien chef de la di­rec­tion ont vu leur va­lo­ri­sa­tion bour­sière pâ­tir au dé­but, mais l’ef­fet n’a pas du­ré. Ce­pen­dant, il y a deux ans, une autre étude a contre­dit ces ré­sul­tats, la per­for­mance bour­sière des en­tre­prises de pdg boo­me­rangs étu­diées étant sen­si­ble­ment et du­ra­ble­ment moins bonne que la moyenne. « Nos ré­sul­tats dé­montrent que le mar­ché consi­dère les pdg ré­em­bau­chés comme des “lea­ders du der­nier re­cours ” et sou­lignent l’im­por­tance de pla­ni­fier la re­lève à ce poste », écri­vaient les au­teurs.

Le pdg boo­me­rang est ef­fec­ti­ve­ment ap­pe­lé à mi­nuit moins une. Rien d’éton­nant à ce que, dans un tel contexte, il peine à briller sur les mar­chés. Ain­si, pour quelques cas ico­niques comme Steve Jobs avec Apple et Ho­ward Schultz avec Star­bucks, com­bien de Jer­ry Yang (Ya­hoo!), Paul Al­laire (Xe­rox) ou Ken­neth Lay (En­ron) ?

On com­prend ai­sé­ment que, quand les af­faires se corsent, les ad­mi­nis­tra­teurs s’en re­mettent à des va­leurs sûres. « Le fon­da­teur, par­ti­cu­liè­re­ment, a une au­ra, il est res­pec­té. Son re­tour en­voie un mes­sage de cré­di­bi­li­té », dit Louis Hé­bert. Mais ça suf­fit ra­re­ment. « On “achète ” du temps, pour­sui­til. Pour faire les trans­for­ma­tions re­quises, pour al­ler cher­cher le lea­der qui en­clen­che­ra la pro­chaine phase de dé­ve­lop­pe­ment. » La fin de la sai­son va être longue...

Le très pro­tec­tion­niste pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump tend la main au libre-échan­giste Jus­tin Tru­deau... Les deux hommes ont te­nu leur pre­mière ren­contre of­fi­cielle dans le my­thique Bu­reau ovale de la Mai­son-Blanche. M. Trump a dé­cla­ré qu’il ne consi­dé­rait pas le Ca­na­da comme une me­nace pour l’économie amé­ri­caine. — LES AF­FAIRES De­main, dans votre in­fo­lettre, notre spé­cia­liste des fi­nances per­son­nelles, Da­niel Ger­main, dé­bou­lonne une idée te­nace au su­jet du REER : et si c’était autre chose qu’un moyen de re­por­ter l’im­pôt ?

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