Dyze De­si­gn : faire sa place dans le monde de l’im­pres­sion 3D

Les Affaires - - Sommaire - De­nis La­londe de­nis.la­londe@tc.tc C @@ De­nisLa­londe

Sep­tembre 2014. La NASA en­voie une im­pri­mante 3D de la taille d’un four à mi­croondes en di­rec­tion de la Sta­tion spa­tiale in­ter­na­tio­nale afin de tes­ter l’ap­pa­reil dans l’es­pace. La tech­no­lo­gie, qui existe de­puis une tren­taine d’an­nées, marque ain­si un pas de géant ef­fec­tué grâce à des bonds tech­no­lo­giques et à l’ar­ri­vée de nou­velles ap­pli­ca­tions.

Six mois au­pa­ra­vant, Dyze De­si­gn pas­sait d’un pro­jet étu­diant à une so­cié­té en nom col­lec­tif. Elle se conver­ti­ra en en­tre­prise en juin 2015 en ayant pour ob­jec­tif de faire sa place dans le mar­ché mon­dial des pièces pour im­pri­mantes 3D. Un mar­ché au po­ten­tiel énorme do­mi­né par les géants 3D Sys­tems (NY., DDD) et Stra­ta­sys (Nas­daq, SSYS).

La so­cié­té fa­brique entre autres des ex­tru­deurs, des buses, des em­bouts et des en­sembles de re­froi­dis­se­ment pour im­pri­mantes 3D, dont les prix va­rient de 19 à 170 $ US.

« Nous vi­sons les en­tre­prises qui achètent des im­pri­mantes 3D dont le prix os­cille entre 2 000 et 30 000 $ US. Nos pro­duits doivent sup­por­ter la plus haute tem­pé­ra­ture sur le mar­ché et être ré­sis­tants aux ma­té­riaux abra­sifs, tout en étant adap­tés aux en­vi­ron­ne­ments contrô­lés », ex­plique le pré­sident et chef de la di­rec­tion de la start-up, Jean-Sé­bas­tien Car­rier.

Les pièces peuvent entre autres ser­vir à mo­de­ler le po­ly­éthe­ré­ther­cé­tone (dé­si­gné par le sigle PEEK), un plas­tique de la fa­mille des po­ly­mères uti­li­sé no­tam­ment en aé­ro­nau­tique, qui est très ré­sis­tant au feu et à la cha­leur.

« Nous avons gé­né­ré des re­ve­nus de plus de 40 000 $ en 2016 après avoir réa­li­sé notre pre­mière vente en no­vembre 2015. Nous vi­sons un chiffre d’af­faires de 3,7 mil­lions de dol­lars d’ici 2020 », dit Jean-Sé­bas­tien Car­rier, qui ex­plique que le mar­ché de l’im­pres­sion 3D, aus­si ap­pe­lé fa­bri­ca­tion ad­di­tive, est en plein es­sor.

La so­cié­té amé­ri­caine Woh­lers As­so­ciates es­ti­mait en avril der­nier la va­leur du mar­ché mon­dial de l’im­pres­sion 3D à 5,17 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains en 2015. La so­cié­té pu­blie de­puis 21 ans un rap­port an­nuel sur l’évo­lu­tion de cette in­dus­trie, que plu­sieurs ex­perts consi­dèrent comme la bible du sec­teur. Or, Woh­lers sou­tient que la va­leur du mar­ché grim­pe­ra à 21 G$ US d’ici 2020.

Se­lon l’étude, plus de 278 000 im­pri­mantes 3D de moins de 5 000 $ ont été ven­dues dans le monde en 2015, com­pa­ra­ti­ve­ment à 160 000 un an plus tôt.

« En­vi­ron le tiers du mar­ché mon­dial est ré­ser­vé aux pièces. Comme nous sommes une pe­tite équipe de quatre tra­vailleurs à temps plein, nous n’avons pas les moyens de réa­li­ser de grandes études. Nous cal­quons nos pré­vi­sions de crois­sance sur leurs chiffres », ex­plique M. Car­rier, ori­gi­naire de Saint-Ho­no­réde-Shen­ley, mu­ni­ci­pa­li­té si­tuée non loin de SaintGeorges, en Beauce.

Une autre étude de la firme de consul­tants A.T. Kear­ney, pu­bliée en août 2015, est un peu plus conser­va­trice. Elle es­time que la va­leur du mar­ché mon­dial de l’in­dus­trie at­tein­dra 17 G$ US en 2020.

Son plan d’af­faires a va­lu à Dyze De­si­gn de rem­por­ter le pre­mier prix du « De­mo Day » de l’ac­cé­lé­ra­teur Banque Na­tio­nale - HEC Mon­tréal, te­nu en dé­cembre der­nier, rem­por­tant ain­si une bourse de 15 000 $.

La so­cié­té a aus­si fa­ci­le­ment bat­tu son ob­jec­tif de ré­col­ter 5 000 $ par l’in­ter­mé­diaire de la pla­te­forme de so­cio­fi­nan­ce­ment Kicks­tar­ter. « L’ob­jec­tif était très conser­va­teur. Nous avons fi­na­le­ment ob­te­nu des com­mandes de près de 16 000 $ grâce à cette cam­pagne lan­cée le 29 no­vembre », ex­plique M. Car­rier.

Le di­ri­geant, for­mé en sciences in­for­ma­tiques à l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke, dit vou­loir uti­li­ser ces mon­tants pour pour­suivre les tra­vaux de re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment de la so­cié­té. De nou­veaux pro­duits sont à l’es­sai, tout comme des ver­sions plus per­for­mantes de pro­duits exis­tants. « Nous sou­hai­tons aus­si em­bau­cher une per­sonne d’ici la fin de l’an­née pour as­sem­bler nos pro­duits. En ce mo­ment, nous sommes ca­pables de ré­pondre à la de­mande en fai­sant ces tâches nous­mêmes, mais ce­la ne du­re­ra pas éter­nel­le­ment », dit-il.

Les di­ri­geants de Dyze De­si­gn, dont les lo­caux prin­ci­paux sont si­tués dans Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve, disent avoir beau­coup ap­pris de leur pre­mier client, le dé­taillant mont­réa­lais d’im­pri­mantes 3D et de pièces Voxel Fac­to­ry. « Nous avons su uti­li­ser les com­men­taires qu’il nous don­nait pour amé­lio­rer et va­li­der ra­pi­de­ment nos pro­duits. Nous avons fait un bond énorme entre la pre­mière et la deuxième ité­ra­tion et nous al­lons en­core faire un gros pas en avant à la troi­sième », dit-il.

La so­cié­té a aus­si ef­fec­tué des voyages à San Die­go et à Las Ve­gas ces der­nières se­maines, afin de par­ti­ci­per res­pec­ti­ve­ment à la confé­rence In­side 3D Prin­ting et au Con­su­mer Elec­tro­nics Show.

« Pour sou­te­nir notre crois­sance, nous vou­lons al­ler cher­cher au mi­ni­mum un nou­veau client par événement au­quel nous par­ti­ci­pons. Notre ap­proche est simple : nous vi­si­tons les sites In­ter­net de clients po­ten­tiels et ana­ly­sons les pro­duits qu’ils fa­briquent. S’ils uti­lisent des ma­té­riaux abra­sifs, mais que les pièces de leurs im­pri­mantes sont mal adap­tées, il y a fort à pa­rier qu’ils les changent trop sou­vent », ra­conte M. Car­rier.

Dyze De­si­gn veut donc pour­suivre sa crois­sance en ré­glant les pro­blèmes de ses clients.

Une buse (à gauche) et un en­semble de re­froi­dis­se­ment (à droite) pour im­pri­mantes 3D fa­bri­quées par Dyze De­si­gn.

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