Ben­ve­nu­to ita­lia­no chez Ar­gon 18

Les Affaires - - Industrie De La Langue - Clau­dine Hé­bert re­dac­tion­le­saf­faires@tc.tc

Si vous avez eu le pri­vi­lège de suivre les dis­cus­sions entre les pros, les mé­ca­nos et les di­rec­teurs spor­tifs lors des grands tours cy­clistes, vos oreilles au­ront re­con­nu trois langues : l’an­glais, le fran­çais et l’ita­lien. On les ap­pelle, dans le jar­gon du vé­lo pro­fes­sion­nel, les trois langues du pe­lo­ton. Chez Ar­gon 18, on maî­trise ai­sé­ment les deux pre­mières. On compte amé­lio­rer la com­pré­hen­sion de la troi­sième en 2017.

Il faut sa­voir qu’à l’été 2016, la PME qué­bé­coise, qui fa­brique des vé­los de haute per­for­mance ven­dus dans plus de 75 pays, a si­gné une entente avec l’équipe pro­fes­sion­nelle As­ta­na, du Ka­za­khs­tan. Si les membres de la di­rec­tion de cette équipe du World Tour parlent cou­ram­ment le fran­çais et l’an­glais, les cou­reurs et les mé­ca­nos, qui vont uti­li­ser les vé­los Ar­gon 18, s’ex­priment prin­ci­pa­le­ment en ita­lien.

L’équipe d’Ar­gon18 a eu, avant les Fêtes, l’oc­ca­sion de par­ti­ci­per à l’un des camps d’en­traî­ne­ment d’As­ta­na. « Pour fa­ci­li­ter les com­mu­ni­ca­tions avec les cou­reurs et les mé­ca­nos, on avait de­man­dé à notre dis­tri­bu­teur ita­lien de nous ac­com­pa­gner. On ne l’a pas re­gret­té. Nous avons pu nous pré­sen­ter et ex­pli­quer nos pro­duits en dé­tail. L’équipe a énor­mé­ment ap­pré­cié », ra­conte Ger­vais Rioux, fon­da­teur d’Ar­gon 18. Ce qui ex­plique les mo­ti­va­tions de quatre membres de la di­rec­tion, dont M. Rioux, à suivre des cours d’ita­lien de­puis dé­cembre der­nier.

Re­mar­quez, les no­tions d’ita­lien ne ser­vi­ront pas qu’à com­mu­ni­quer avec les ath­lètes. De­puis juillet der­nier, Ar­gon18 dis­pose d’un pied à terre en Ita­lie. Par consé­quent, les ventes de vé­los en Ita­lie ont grim­pé de 30 %. La si­gna­ture avec l’équipe As­ta­na, com­po­sée de plu­sieurs cou­reurs ita­liens, aide aus­si. « Le pro­ces­sus d’im­plan­ta­tion de notre di­rec­teur des ventes là-bas a été fort com­plexe. Bien que l’an­glais soit la prin­ci­pale langue des af­faires, c’est une chance que nous ayons à l’in­terne une comp­table qui s’ex­prime très bien en ita­lien. Elle nous a ai­dés à sai­sir et com­prendre la na­ture de plu­sieurs do­cu­ments of­fi­ciels », ex­plique M. Rioux.

Dans l’in­dus­trie du vé­lo, tient-il à pré­ci­ser, la plu­part des four­nis­seurs de pièces, d’ac­ces­soires et de vêtements ont leurs ra­cines en Ita­lie. « C’est un plus pour nous de pou­voir com­mu­ni­quer avec eux dans leur langue ma­ter­nelle », in­dique l’en­tre­pre­neur. Re­cherche com­pé­tence… et multilinguisme De­puis la créa­tion de l’en­tre­prise, en 1999, la com­pé­tence des em­ployés et leur pas­sion pour le vé­lo ont tou­jours été les prin­ci­paux cri­tères de re­cru­te­ment du per­son­nel. Que l’on parle neuf langues par­mi les 45 em­ployés de­meure donc le fruit du ha­sard. De ré­centes ex­pé­riences ont tou­te­fois dé­mon­tré que le multilinguisme au­rait sans doute avan­tage à se re­trou­ver, lui aus­si, dans le haut de la liste des cri­tères re­cher­chés.

Au cours des deux der­nières an­nées, Ar­gon 18 a em­bau­ché deux Néo-Qué­bé­coises qui parlent le man­da­rin au sein de son ser­vice de com­mandes et lo­gis­tique. « Qu’elles parlent le man­da­rin ou non n’a nul­le­ment in­flué sur leur em­bauche. Elles étaient d’abord com­pé­tentes. Et pour­tant, c’est fou com­bien leur pré­sence a aug­men­té l’ef­fi­ca­ci­té de l’en­tre­prise », sou­tient Ger­vais Rioux. Il se de­mande d’ailleurs comment sa PME a pu se pas­ser de ces deux atouts de­puis que l’en­tre­prise s’est in­vi­tée en Chine et à Taï­wan, il y a 10 ans.

Avant leur ar­ri­vée, dit-il, il était fré­quent qu’une dis­cus­sion, voire un mal­en­ten­du, entre le bu­reau mont­réa­lais et les usines asia­tiques prenne au moins deux, si­non trois jours à se ré­gler, si­gnale M. Rioux. Cer­taines dis­cus­sions ont même né­ces­si­té que Ger­vais Rioux se dé­place sans dé­lai en Chine. « Au­jourd’hui, conclut-il, les pro­blèmes de com­mu­ni­ca­tion sont qua­si in­exis­tants. Et s’il y en a, ils se règlent dans la journée. »

Quand on ex­porte ses pro­duits dans plus de 30 pays, em­bau­cher du per­son­nel im­mi­grant peut ap­por­ter une plus-va­lue in­es­ti­mable à l’en­tre­prise sur le plan lin­guis­tique. Chan­tal Lé­vesque, fon­da­trice des Col­lec­tions Shan, à La­val, peut en té­moi­gner. Le multilinguisme, qui est fort pré­sent par­mi les 125 em­ployés de sa boîte de concep­tion et de fa­bri­ca­tion de maillots de bain, lui est ve­nu en aide à plu­sieurs re­prises.

Ita­lien, es­pa­gnol, al­le­mand, man­da­rin, ar­mé­nien, por­tu­gais, cam­bod­gien… au to­tal, ce sont près de 20 langues que parlent ses em­ployés. Ré­cem­ment, l’arabe, le turc et le perse se sont ajou­tés à la liste avec l’em­bauche de quatre ré­fu­giées sy­riennes. « Des al­lo­phones. Elles ne par­laient ni l’an­glais, ni le fran­çais à leur ar­ri­vée. Huit mois plus tard, elles peuvent com­mu­ni­quer avec leurs col­lègues », ra­conte fiè­re­ment Mme Lé­vesque.

Re­mar­quez, avoir au­tant de langues au sein de l’en­tre­prise a sou­vent gui­dé et ins­pi­ré Chan­tal Lé­vesque dans ses choix de dé­ve­lop­pe­ment de mar­chés hors Qué­bec. L’an­glais l’a bien sûr di­ri­gée d’abord vers le grand To­ron­to, qui compte deux points de vente, ain­si que les États-Unis, où l’en­tre­prise pos­sède des bou­tiques à East Hamp­ton et Mia­mi Beach. Et d’autres adresses de­vraient s’ajou­ter au cours des pro­chains mois, si­gnale Mme Lé­vesque.

Et si l’en­tre­prise connaît ac­tuel­le­ment une bonne crois­sance en Es­pagne et au Mexique, c’est grâce à une Qué­bé­coise ayant vé­cu, jeune, au Mexique et qui tra­vaille aux ventes de­puis quatre ans. « Elle parle bien l’es­pa­gnol et connaît bien la culture de ces deux pays. Ré­sul­tat, les ventes en Es­pagne et au Mexique re­pré­sentent au­jourd’hui 15 % des re­ve­nus de l’en­tre­prise. C’était à peine 5 % avant son ar­ri­vée », ex­plique Mme Lé­vesque.

« Une chance in­ouïe »

De­puis la fon­da­tion de l’en­tre­prise, en 1985, la pré­sence du multilinguisme per­met aus­si de sim­pli­fier cer­taines opé­ra­tions quo­ti­diennes. « Il m’est ar­ri­vé d’avoir des dif­fi­cul­tés à com­prendre mes four­nis­seurs ita­liens alors que les dis­cus­sions se dé­rou­laient en an­glais. Dans ces mo­ments, je vais cher­cher dans l’usine une de mes 14 em­ployées qui parlent cou­ram­ment l’ita­lien », sou­ligne l’entrepreneure. Se­lon la ré­gion de l’Ita­lie et la na­ture du pro­blème, pour­suit-elle, l’em­ployée ter­mine ain­si l’ap­pel et s’as­sure que le mes­sage est com­pris des deux cô­tés de l’At­lan­tique.

« J’ai réa­li­sé au fil des an­nées que j’avais une chance in­ouïe de pou­voir tra­vailler avec des em­ployés mul­ti­lingues. Et de pou­voir les faire par­ti­ci­per au dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­prise consti­tue un élé­ment très va­lo­ri­sant à leurs yeux », in­siste Chan­tal Lé­vesque.

Pour ses ren­dez-vous à l’ex­té­rieur du pays, son an­glais de base suf­fit gé­né­ra­le­ment pour les dis­cus­sions. Sauf dans cer­tains ter­ri­toires. No­tam­ment ceux où l’es­pa­gnol consti­tue la langue ma­ter­nelle. « Dans ces cas-là, il vaut tou­jours mieux que je sois ac­com­pa­gnée d’un de mes em­ployés qui parle l’es­pa­gnol. Les conver­sa­tions sont plus fluides et je sens que mes clients ap­pré­cient cette at­ten­tion », in­dique Mme Lé­vesque.

Autres ex­cep­tions : la Rus­sie, qui re­pré­sente le troi­sième mar­ché en im­por­tance de Col­lec­tions Shan, et les pays asia­tiques, où l’en­tre­prise fait une per­cée de­puis deux ans. « Dans ces en­droits, j’em­mène une in­ter­prète pour mieux com­prendre tout ce qui se dit lors des ren­contres. Et ain­si avoir une meilleure in­tui­tion pour la né­go­cia­tion de contrats de vente et de dis­tri­bu­tion. J’ai éga­le­ment re­cours au ser­vice d’un in­ter­prète dans les sa­lons com­mer­ciaux pour dis­cu­ter avec des re­pré­sen­tants russes et asia­tiques. »

En­fin, la femme d’af­faires avoue par­ler un an­glais qui se li­mite au vo­ca­bu­laire des af­faires. Pour le reste, elle a donc su s’en­tou­rer de pro­fes­sion­nels qui maî­trisent da­van­tage la langue de Sha­kes­peare pour la né­go­cia­tion et la ré­dac­tion de contrats avec ses four­nis­seurs et ses dis­tri­bu­teurs hors Qué­bec. « Ce sont, en gé­né­ral, les équipes de tra­duc­tion des bu­reaux d’avo­cats avec les­quels je tra­vaille qui s’oc­cupent de cet as­pect lé­gal et lin­guis­tique », conclut-elle.

Plus de 350 pro­fes­sion­nels de l’in­dus­trie de la construc­tion et de la ré­no­va­tion se sont réunis le 11 fé­vrier afin d’as­sis­ter au 34e Ga­la des prix Do­mus de l’As­so­cia­tion des pro­fes­sion­nels de la construc­tion et de l’ha­bi­ta­tion du Qué­bec (APCHQ) – Mon­tréal mé­tro­po­li­tain. L’événement est consa­cré à la va­lo­ri­sa­tion du ta­lent des en­tre­pre­neurs en ré­no­va­tion et en construc­tion ré­si­den­tielles du Grand Mon­tréal. Cette an­née, le ju­ry de­vait choi­sir les ré­ci­pien­daires par­mi 55 fi­na­listes. Construc­tion Eric Ro­bert rem- Plus de 400 jeunes pro­fes­sion­nels et co­mé­diens étaient réunis dans une am­biance fes­tive, ven­dre­di der­nier, dans le hall du Théâtre du Nou­veau Monde, sur le thème de l’amour. La soi­rée était or­ga­ni­sée par les Jeunes Pre­miers du TNM, 20 phi­lan­thropes dont l’ob­jec­tif est de pro­mou­voir le théâtre au­près de la re­lève. Chaque an­née, le Théâtre du Nou­veau Monde or­ga­nise des ma­ti­nées pour plus de 13 000 élèves du se­con­daire et se fait un de­voir d’in­té­grer les jeunes ar­tistes de la re­lève à ses pro­gram­ma­tions. Les 70 000 $ re­cueillis au cours de cette soi­rée per­met­tront à l’ins­ti­tu­tion mont­réa­laise de pour­suivre ses ac­ti­vi­tés au­près des plus jeunes. RBC Banque Royale dé­lie les cor­dons de sa bourse pour ap­puyer la re­lève en­tre­pre­neu­riale de l’Uni­ver­si­té La­val. De la somme de 1,75 M$ re­mise par l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière, un mil­lion ser­vi­ra à fa­vo­ri­ser l’émer­gence de tech­no­lo­gies in­no­vantes par l’en­tre­mise du pro­jet Eg­ge­nius de la Fa­cul­té des sciences et de gé­nie. Le reste de l’ar­gent per­met­tra à la Chaire RBC en in­no­va­tions fi­nan­cières de la Fa­cul­té des sciences de l’ad­mi­nis­tra­tion de pour­suivre ses ac­ti­vi­tés de re­cherche et de trans­fert des connais­sances. Le pro­jet Eg­ge­nius offre un sou­tien fi­nan­cier à des étu­diants in­té­res­sés à se lan­cer en af­faires, ain­si que des conseils pro­fes­sion­nels En réac­tion à l’at­ten­tat sur­ve­nu à la grande mos­quée de Qué­bec, 21 so­cié­tés fi­nan­cières qué­bé­coises an­noncent la créa­tion d’un fonds des­ti­né à pro­mou­voir l’in­clu­sion et l’éga­li­té. Bap­ti­sé In­clu­sion, le fonds phi­lan­thro­pique s’élè­ve­ra à plus de 3,5 M$.

Au cours des cinq pro­chaines an­nées, il ap­puie­ra des pro­grammes de sen­si­bi­li­sa­tion dans les écoles. Ces pro­grammes visent à bâ­tir des mi­lieux de vie in­clu­sifs et à fa­vo­ri­ser une plus grande ou­ver­ture des jeunes à la dif­fé­rence.

Dans un pre­mier temps, le fonds In­clu­sion fi­nan­ce­ra les or­ga­nismes EN­SEMBLE et Equi­tas, ain­si que l’Ins­ti­tut Pa­ci­fique. Ces or­ga­nismes agissent au­près des jeunes afin de bâ­tir un en­vi­ron­ne­ment exempt de dis­cri­mi­na­tion ou d’in­ti­mi­da­tion. Les fonds al­loués leur per­met­tront, entre autres choses, d’étendre la por­tée de leurs pro­grammes exis­tants. D’autres or­ga­nismes pour­ront aus­si être sé­lec­tion­nés au fil des pro­chaines an­nées.

Le ré­seau de Cen­traide au Qué­bec ap­por­te­ra son sou­tien en veillant à la bonne gou­ver­nance de ces fonds.

lée rente dos-à-dos), un pro­duit cou­sin qui n’a rien à voir avec le risque de lon­gé­vi­té.

« La com­mis­sion ne couvre pas le temps que j’y passe. Si une per­sonne veut ache­ter une rente viagère, je ne me dé­place pas chez elle à moins qu’elle ne prenne aus­si une as­su­rance vie. Si­non, je lui de­mande de venir à mon bu­reau », me confie un conseiller en sé­cu­ri­té fi­nan­cière sous le cou­vert de l’ano­ny­mat.

La place de la rente dans le por­te­feuille

Il y a de quoi dé­so­ler De­nis Pres­ton, pour qui la rente viagère de­vrait re­pré­sen­ter de 30 à 40% du por­te­feuille du re­trai­té moyen. « Il faut la consi­dé­rer comme la par­tie à re­ve­nu fixe », dit-il.

Ha­bi­tuel­le­ment, chez un re­trai­té, cette part du por­te­feuille est oc­cu­pée par des obli­ga­tions qui gé­nèrent des re­ve­nus d’in­té­rêt et des ac­tions qui pro­curent des di­vi­dendes. Ce qui l’amène à dire qu’il est in­utile d’at­tendre une hausse des taux d’in­té­rêt pour s’in­té­res­ser à la rente viagère.

« L’achat d’une rente est fi­nan­cé par la por­tion pru­dente du por­te­feuille. C’est vrai que, lorsque les taux d’in­té­rêt partent en hausse, les rentes via­gères se­ront plus avan­ta­geuses. En même temps, si les taux montent, la va­leur des obli­ga­tions de votre por­te­feuille di­mi­nue­ra. Au bout du compte, vous vous re­trou­vez avec moins d’ar­gent pour ache­ter la rente », dit-il.

En ef­fet, la va­leur des obli­ga­tions sur le mar­ché, tout comme celle des ac­tions à di­vi­dendes, a ten­dance à évo­luer dans le sens contraire des taux d’in­té­rêt dans un mou­ve­ment presque mé­ca­nique. Quand les taux montent, les nou­velles obli­ga­tions de­viennent plus at­trayantes que les plus an­ciennes qui pro­curent un re­ve­nu moindre, ce qui fait re­cu­ler la va­leur de ces der­nières.

« Ça ne sert pas à grand-chose de ten­ter le mar­ket ti­ming, ren­ché­rit Da­niel La­ver­dière. Si l’idée d’ache­ter une rente au mau­vais mo­ment vous hante, rien ne vous em­pêche d’en ache­ter une par­tie main­te­nant et une autre plus tard », pour­suit le pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier. Oui, comme avec les ac­tions, il est pos­sible d’éta­ler l’achat d’une rente pour amé­lio­rer son coût moyen.

Avant de consi­dé­rer l’achat d’une rente, Da­niel La­ver­dière conseille d’ex­plo­rer d’abord cette voie : bo­ni­fier les re­ve­nus via­gers dé­jà à sa dis­po­si­tion, soit les rentes du RRQ et de la Pen­sion de la sé­cu­ri­té de la vieillesse (PSV). À comp­ter de 65 ans, pour chaque an­née où l’on re­tarde le ver­se­ment des pres­ta­tions, celles du RRQ sont bo­ni­fiées de 8,4 %, et celles de la PSV, de 7,2 %, et ce, pour le reste de sa re­traite.

Une autre op­tion, qui convainc même les moins en­ti­chés de la rente, est d’at­tendre à l’orée des 80ans avant d’y sous­crire. « Si on at­tend à 80 ans, on a une meilleure idée si notre état de san­té peut nous me­ner jus­qu’à 95 ans et plus. C’est d’au­tant plus lo­gique que la rente vise à cou­vrir le risque de lon­gé­vi­té », pour­suit le pla­ni­fi­ca­teur fi­nan­cier.

Comme les pro­ba­bi­li­tés qu’elle soit ver­sée sur une plus longue pé­riode sont ré­duites, la rente se­ra d’au­tant plus éle­vée. Et si le pire de­vait se pro­duire avant 80 ans, le ca­pi­tal se­rait pré­ser­vé au pro­fit de la suc­ces­sion.

Même si De­nis Pres­ton re­con­naît qu’il s’agit sans doute de la meilleure op­tion sur pa­pier, il hé­site à lui don­ner sa bé­né­dic­tion. « La rente viagère sert aus­si à pro­té­ger le ca­pi­tal contre soi-même. Le risque qu’on dé­pense trop au dé­but de la re­traite est im­por­tant. »

« Il y a un autre risque dont on ose moins par­ler, mais qui est réel, pour­suit l’en­sei­gnant de HEC Mon­tréal: la fa­mille. » Il est plus com­pli­qué pour les proches à l’ap­pé­tit fi­nan­cier sans bornes de s’ap­pro­prier les ac­tifs d’un re­trai­té qui re­çoit un chèque de 816 $ par mois.

Huit-cent-seize dol­lars, c’est la somme qu’au­rait re­çue Louise-An­na Tur­cotte-Brouillette, de SaintLin-Lau­ren­tides, si elle avait sous­crit à 80 ans une rente avec une prime de 100 000 $ se­lon les condi­tions ac­tuelles. En re­ce­vant sa rente jus­qu’à 111 ans, elle au­ra connu un ren­de­ment com­po­sé de 9,6 % pen­dant 31 ans. Un ren­de­ment qui bat ce­lui de la ma­jo­ri­té des ges­tion­naires de por­te­feuilles d’ac­tions.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.