L’im­por­tance du di­vi­dende

Les Affaires - - Chronique - Chro­nique Fi­nan­cial

ace­book et Google n’ont ja­mais ver­sé de di­vi­dendes de­puis leur en­trée en Bourse. Pour­tant, ces deux en­tre­prises ont dé­ga­gé des per­for­mances ex­cep­tion­nelles pour leurs ac­tion­naires. C’est ty­pique des en­tre­prises de crois­sance. Elles in­ves­tissent tous leurs bé­né­fices dans des pro­jets qu’elles jugent ren­tables afin d’as­su­rer leur crois­sance fu­ture. Pour elles, le di­vi­dende im­porte peu.

Pen­dant ce temps, plu­sieurs ges­tion­naires pro­fes­sion­nels de por­te­feuille ont pour stra­té­gie d’in­ves­tir mas­si­ve­ment dans des en­tre­prises qui versent un so­lide di­vi­dende, comme les banques ca­na­diennes. Pour eux, un di­vi­dende so­lide et éle­vé est au coeur même de la stra­té­gie d’in­ves­tis­se­ment.

Alors, quelle est vrai­ment l’im­por­tance du di­vi­dende pour l’in­ves­tis­seur à long terme ? Est-il pré­fé­rable d’in­ves­tir dans des titres qui versent peu ou pas de di­vi­dende ou, au contraire, dans des titres qui versent des di­vi­dendes éle­vés ? C’est la ques­tion qui est ana­ly­sée dans la der­nière édi­tion du Fi­nan­cial Ana­lyst Jour­nal1.

La ré­ponse est sans équi­voque. Le di­vi­dende est très révélateur de la per­for­mance moyenne de votre por­te­feuille. En ef­fet, les ac­tions des en­tre­prises qui versent des di­vi­dendes éle­vés (de 3 % ou plus par an­née) ont dé­ga­gé un ren­de­ment an­nuel moyen de 1,5 % plus éle­vé que les autres titres bour­siers. Et en prime, ces titres sont moins ris­qués que la ma­jo­ri­té des autres titres bour­siers. Un ren­de­ment su­pé­rieur avec moins de risque, que peut-on de­man­der de mieux ? L’étude a été réa­li­sée sur une très longue pé­riode, qui s’étale de 1963 à 2014.

Plu­sieurs en­tre­prises ca­na­diennes sont dans cette ca­té­go­rie, même en 2017. Les banques ca­na­diennes versent toutes des di­vi­dendes su­pé­rieurs à 3 %. Le sec­teur des com­mu­ni­ca­tions, avec les BCE, Ro­gers, Telus et Shaw, verse lui aus­si de so­lides di­vi­dendes. Tout comme le sec­teur im­mo­bi­lier avec, no­tam­ment, Brook­field Pro­per­ties.

C’est bien connu dans le monde de l’in­ves­tis­se­ment, les en­tre­prises de type « va­leur » sont sou­vent as­so­ciées à celles qui versent de bons di­vi­dendes. Quant aux en­tre­prise de crois­sance, comme Fa­ce­book et Google, elles ont gé­né­ra­le­ment avan­tage à ne pas ver­ser de di­vi­dendes afin de ré­in­ves­tir tous leurs bé­né­fices pour pour­suivre leur crois­sance et main­te­nir leur per­for­mance.

Est-ce que la per­for­mance éle­vée des titres à di­vi­dende est re­de­vable aux titres de va­leur ? NON! Éton­nam­ment, l’étude ré­vèle qu’un di­vi­dende éle­vé est un si­gnal en­core plus révélateur d’une bonne per­for­mance s’il s’agit des ac­tions d’une en­tre­prise de crois­sance. C’est tout par­ti­cu­liè­re­ment vrai pour les en­tre­prises de crois­sance de taille moyenne ou pe­tite. Dans cette étude, les en­tre­prises de taille moyennes (ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière de l’ordre de 3 G$ US sur le mar­ché bour­sier amé­ri­cain) ont été par­ta­gées en groupes. Celles qui n’ont ver­sé au­cun di­vi­dende ont dé­ga­gé un ren­de­ment dé­ce­vant, de moins de 3 % par an­née. Celles qui ont ver­sé un di­vi­dende éle­vé ont dé­ga­gé un ren­de­ment ex­cep­tion­nel de 11,2 % en moyenne par an­née. Et ce ren­de­ment a été réa­li­sé avec moins de risque.

Quelle est la conclu­sion à re­te­nir pour vos in­ves­tis­se­ments ?

Le ni­veau de di­vi­dende pré­vu est un dé­ter­mi­nant cru­cial du suc­cès de votre por­te­feuille. Peu im­porte que vous soyez un in­ves­tis­seur de style « crois­sance » ou de style « va­leur », les titres qui versent des di­vi­dendes su­pé­rieurs à 3% an­nuel­le­ment dé­gagent en moyenne des ren­de­ments plus éle­vés à long terme. Ce ré­sul­tat est en­core plus pro­bant si vous vous in­té­res­sez aux titres de taille moyenne avec une ap­proche de style « crois­sance ».

Quant au risque, c’est sans équi­voque. Les titres qui versent des di­vi­dendes éle­vés sont tou­jours moins ris­qués que les autres, que vous sou­hai­tiez in­ves­tir dans de pe­tites ou dans de grandes en­tre­prises, que vous pré­fé­riez les en­tre­prises de style « va­leur » ou de style « crois­sance ». Il est in­té­res­sant de sou­li­gner que le lé­gen­daire ou­vrage in­ti­tu­lé Se­cu­ri­ty Ana­ly­sis, de Gra­ham et Dodd, pu­blié en 1934, se­lon le­quel un di­vi­dende four­nit à l’ac­tion­naire « un ren­de­ment plus stable et une meilleure pro­tec­tion du ca­pi­tal », est en­core va­lable au­jourd’hui. Source : C. Mit­chell Co­no­ver, Ge­rald R. 1 Jen­sen et Marc W. Simp­son, « What Dif­fe­rence Do Di­vi­dends Make? », Ana­lyst Jour­nal, dé­cembre 2016.

Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, en pré­ci­sant qu’il at­tend des re­ve­nus de 401 M$ en 2018. «Il s’agit d’une hy­po­thèse rai­son­nable puisque Boeing com­men­ce­ra la pro­duc­tion des ap­pa­reils 777X au dé­but de la pro­chaine dé­cen­nie», juge l’ana­lyste. De plus, de nou­veaux contrats comme les jets d’af­faires de Das­sault 5X, les hé­li­co­ptères Si­kors­ky CH-53K ou en­core des contrats mi­li­taires sou­tien­dront la crois­sance, pour­suit-il.

Comme son confrère Be­noit Poi­rier, Ca­me­ron Doerk­sen croit que les pers­pec­tives sont bonnes à long terme, mais que le titre pour­rait être plus vo­la­til à court terme. Il n’y voit pas de rai­sons de chan­ger sa re­com­man­da­tion d’achat, tou­te­fois. Sa cible passe de 17 $ à 16 $. Par­mi les ca­ta­ly­seurs po­ten­tiels pour le titre, An­tho­ny Zi­cha, de Banque Sco­tia, voit l’an­nonce d’un nou­veau contrat dans les douze pro­chains mois. Ce man­dat pour­rait pré­voir la concep­tion d’un nou­veau train d’at­ter­ris­sage et, par la suite, abou­tir à un contrat de pro­duc­tion, qui pour­rait du­rer une di­zaine d’an­nées. Avec un ra­tio d’en­det­te­ment équi­valent à 35% des ca­pi­taux propres, la so­cié­té pour­rait aus­si pro­cé­der à une ac­qui­si­tion. L’ana­lyste croit ce­pen­dant que, à court terme, la di­rec­tion va concen­trer son at­ten­tion sur le contrat de Boeing. Il main­tient sa re­com­man­da­tion «sur­per­for­mance de sec­teur», mais fait pas­ser sa cible de 17,50 $ à 16,50 $.

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