« On peut dor­mir tran­quille en ache­tant John­son & John­son » Hé­roux-Dev­tek : une tur­bu­lence pas­sa­gère ?

– Guillaume Mau­rice,

Les Affaires - - Les Marchés En Action - Sté­phane Rol­land ste­phane.rol­land@tc.tc srol­land_­la Sté­phane Rol­land ste­phane.rol­land@tc.tc

Quelle so­cié­té trou­vez-vous at­trayante en ce mo­ment ?

GUILLAUME MAU­RICE — On aime John­son & John­son (NY., JNJ, 118,86 $US), car on peut dor­mir tran­quille en dé­te­nant le titre, beau temps, mau­vais temps. En plus de leurs marques re­con­nues comme la crème Ave­no, le Band-Aid ou le Ty­le­nol, la so­cié­té s’est créé un pi­pe­line in­té­res­sant en ache­tant d’autres en­tre­prises pour faire gran­dir leurs bé­né­fices fu­turs. De plus, le titre est à un prix at­trayant en ce mo­ment. L’ac­tion s’échange à un mul­tiple de seize fois les pré­vi­sions de bé­né­fice 2017. L’en­semble du sec­teur de la san­té a été af­fec­té en rai­son des élec­tions amé­ri­caines et des dé­bats po­li­tiques sur les prix des mé­di­ca­ments aux ÉtatsU­nis. Beau­coup d’in­ves­tis­seurs ont ven­du ce sec­teur-là de ma­nière in­di­cielle, ce qui a mis de la pression sur tous les ac­teurs de l’in­dus­trie, dont Jonh­son & John­son. Hé­roux-Dev­tek (HRX, 13,28 $) tra­verse une zone de tur­bu­lences. Le fa­bri­cant de trains d’at­ter­ris­sage a se­coué les in­ves­tis­seurs avec des pré­vi­sions net­te­ment in­fé­rieures aux at­tentes. Ce vent contraire se­rait tem­po­raire, se­lon les ana­lystes. Tou­te­fois, ces der­niers ne s’en­tendent pas s’il vaut mieux at­tendre que l’ho­ri­zon s’éclair­cisse.

Be­noit Poi­rier, de Des­jar­dins Mar­ché des ca­pi­taux, pré­fère pa­tien­ter un peu. L’ana­lyste ra­mène sa re­com­man­da­tion « achat » à « conser­ver ». Dé­voi­lées au dé­but fé­vrier, les pré­vi­sions pour l’exer­cice 2018 (qui se ter­mine en mars 2018) sont « très dé­ce­vantes », sou­ligne-t-il. La so­cié­té de Lon­gueuil pré­voit que ses ventes dé­cli­ne­ront à un rythme dans le bas de la four­chette à un chiffre, par rap­port à la même pé­riode l’an der­nier. La di­rec­tion at­tri­bue ce re­cul aux dif­fi­cul­tés dans le sec­teur des jets d’af­faires et des hé­li­co­ptères ci­vils.

M. Poi­rier ne perd pas to­ta­le­ment la foi en Hé­roux-Dev­tek pour au­tant. Son op­ti­misme quant aux fon­da­men­taux à long terme de­meure in­tact, af­firme-t-il. « Nous avons abais­sé notre re­com­man­da­tion, car nous croyons que le titre de­meu­re­ra sous pression à court et moyen terme, dans l’at­tente d’avoir plus de vi­si­bi­li­té sur la crois­sance des re­ve­nus et d’une amé­lio­ra­tion des marges », com­mente l’ana­lyste. Il abaisse sa cible de 18 $ à 16 $.

Il faut dire que ce n’est pas le pre­mier ra­jus­te­ment à la baisse pour l’en­tre­prise dans les der­nières se­maines. À la mi-dé­cembre, le client Boeing a an­non­cé une ré­duc­tion de la ca­dence de pro­duc­tion de l’ap­pa­reil 777. Quelques jours plus tard, Hé­roux-Dev­tek a aban­don­né son ob­jec­tif : en­re­gis­trer des ventes de 500 M$ au cours de l’exer­cice 2019. Au dé­but du mois de fé­vrier, elle a an­non­cé qu’elle re­pous­sait cette cible de trois ans. La so­cié­té sou­haite en­re­gis­trer des ventes se si­tuant entre 480 M$ et 520 M$ au cours de l’exer­cice 2021. Cette pré­vi­sion prend en compte que le rythme de pro­duc­tion des ap­pa­reils de Boeing re­pren­dra du to­nus, sou­tient Ca­me­ron Doerk­sen, de On parle sou­vent du risque d’une hausse des taux d’in­té­rêt sur la por­tion re­ve­nu fixe d’un por­te­feuille. Votre stra­té­gie fait une bonne part aux ac­tions pri­vi­lé­giées. Sont-elles tou­chées de la même ma­nière lorsque les taux d’in­té­rêt aug­mentent ? GUILLAUME MAU­RICE — Ça dé­pend de la ca­té­go­rie d’ac­tions pri­vi­lé­giées. Pour celles dont le taux est ré­vi­sable, c’est bon si les taux aug­mentent. Dans ce contexte, l’émet­teur au­rait deux choix : soit il vous verse un meilleur taux, soit il vous rem­bourse le ca­pi­tal et vous pou­vez l’in­ves­tir ailleurs à taux plus éle­vés. Bien des dé­ten­teurs d’ac­tions pri­vi­lé­giées ont souf­fert lorsque les taux ont bais­sé, car la dis­tri­bu­tion de ces titres a été ré­vi­sée à la baisse. Ça a été un mo­ment dif­fi­cile, mais je pense que ce cha­pitre est main­te­nant der­rière nous. Leurs pers­pec­tives sont très at­trayantes en ce mo­ment. Avez-vous ajus­té votre stra­té­gie après l’élec­tion de Do­nald Trump? GUILLAUME MAU­RICE — Lors­qu’un client me de­mande si je sais si le mar­ché va bien faire cette an­née, je ré­ponds tou­jours que je l’ignore. Ce qu’il faut faire, c’est ache­ter de bonnes com­pa­gnies. Ce­ci étant dit, si le mar­ché cor­rige pour x rai­sons, les in­ves­tis­seurs vont se ré­fu­gier dans les titres dé­fen­sifs comme Jonh­son & John­son, ce qui les ai­de­ra à mieux faire que le mar­ché.

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