SNC-LA­VA­LIN

Phi­lippe Hynes Fran­çois Ro­chon Marc-An­dré Char­tier John Ra­ko­ton­dra­jao­na

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Choi­sir trois titres a été dif­fi­cile, ad­met Chris­tine Dé­ca­rie, vice-pré­si­dente chez Groupe In­ves­tors. Au mo­ment où le cycle éco­no­mique est avan­cé, les en­tre­prises qui per­forment bien sont chères. Il reste celles qui éprouvent des dif­fi­cul­tés, mais le dé­fi est de sa­voir si on a confiance en un re­dres­se­ment. De ces trois choix, SNC-La­va­lin (SNC, 54,32$) a été le plus fa­cile à faire. Elle nous ex­plique pour­quoi.

En­ta­chée par des af­faires de cor­rup­tion, la firme de gé­nie-con­seil mont­réa­laise est main­te­nant mieux di­ri­gée, croit celle qui gère un fonds de so­cié­tés qué­bé­coises. « Ça fait quand même quatre ans que ce­la s’est dé­rou­lé. Neil Bruce est là de­puis 2015. Il a mis une nou­velle équipe en place. Il fait les pas dans la bonne di­rec­tion et sa stra­té­gie est claire. »

Outre les ques­tions éthiques, la so­cié­té a ré­vi­sé son mo­dèle d’en­tre­prise. Elle se tourne da­van­tage vers les ser­vices que vers les for­faits, ce qui li­mite les risques. « Quand tu t’es trom­pé dans le prix d’un for­fait, tu vis long­temps avec les consé­quences. »

Mme Dé­ca­rie trouve que le thème des in­ves­tis­se­ments pu­blics dans les in­fra­struc­tures est por­teur. Les es­poirs s’es­tompent quant aux in­ves­tis­se­ments pro­mis par l’ad­mi­nis­tra­tion Trump, mais les éva­lua­tions du sec­teur se sont ajus­tées. De toute ma­nière, SNC est da­van­tage ex­po­sée au Ca­na­da, où les in­ves­tis­se­ments vont bon train, pré­cise-t-elle. Un re­dres­se­ment des prix des com­bus­tibles fos­siles pour­rait éga­le­ment être fa­vo­rable à la di­vi­sion éner­gie.

Des risques de­meurent. La pos­si­bi­li­té d’être ex­clue des contrats fé­dé­raux n’est pas écar­tée. Le rem­pla­ce­ment du pont Cham­plain pour­rait éga­le­ment sus­ci­ter des in­quié­tudes s’il fait les man­chettes pour des dé­pas­se­ments de coûts. La ges­tion­naire de por­te­feuille sou­ligne que SNC conti­nue d’avoir des contrats du fé­dé­ral et elle croit que ce­la du­re­ra. Pour le pont Cham­plain, de mau­vaises nou­velles pour­raient of­frir l’oc­ca­sion d’ache­ter sur fai­blesse. Au mo­ment où le titre s’échange à 10 fois les bé­né­fices de la di­vi­sion d’in­gé­nie­rie et cons­truc­tion et où le por­te­feuille de conces­sion vaut en­vi­ron 30 $ par ac­tion, le risque est tem­pé­ré par un mul­tiple bas, juge-t-elle.

caine John Han­cock, pour sa part, connaît des dif­fi­cul­tés pour l’ins­tant. Des ru­meurs de vente cir­culent, mais les com­men­taires de la di­rec­tion laissent en­tendre qu’au­cune li­qui­da­tion n’est im­mi­nente.

Chris­tine Dé­ca­rie, de Groupe In­ves­tors, se dit « dans le camp de ceux qui croient que les taux vont conti­nuer de mon­ter ». D’ailleurs, Ma­nu­vie est plus sen­sible que ses concur­rentes aux va­ria­tions des taux, sou­ligne-t-elle.

La ges­tion­naire de por­te­feuille se de­mande tou­te­fois com­ment la so­cié­té va ar­ri­mer son ac­tif et son pas­sif en Asie. « Ce n’est pas une chose fa­cile à faire par­tout. Ces pays ont-ils des obli­ga­tions à long terme pour ar­ri­mer leur pas­sif ? S’ils choi­sissent des obli­ga­tions d’un autre pays, on ajoute un risque de de­vise à l’équa­tion et ce­la peut par­fois en­gen­drer de mau­vaises sur­prises. »

Phi­lippe Hynes, pré­sident et ges­tion­naire de por­te­feuille de To­nus Ca­pi­tal, ob­tient le meilleur ren­de­ment. Mal­gré les dif­fi­cul­tés d’UniSé­lect (UNS, 27,13$), son ren­de­ment frôle le seuil des 10%, à 9,88%, grâce aux forts ren­de­ments af­fi­chés par ses deux autres choix. .

Com­cast (CMCSA, 40,65$ US) a pro­cu­ré le deuxième meilleur ren­de­ment. Le titre a ga­gné 19,56%. Com­cast de­meure un des seuls câ­blo­dis­tri­bu­teurs à ac­croître le nombre de ses abon­nés grâce aux in­ves­tis­se­ments dans ses pro­duits, sou­ligne-t-il. « J’ai moins d’ap­pé­tit pour le titre qu’il y a un an. Je ne dis pas de vendre, mais il est moins at­trayant qu’il y a 12 mois. »

Les pers­pec­tives sont en­core très bonnes pour Blue Bird Cor­po­ra­tion (BLBD, 18,10$ US), croi­til. Avec un gain de 17,77% de­puis un an, le construc­teur d’au­to­bus sco­laires a connu une bonne an­née grâce aux gains de parts de mar­ché, no­tam­ment. Main­te­nant, la di­rec­tion consa­cre­ra ses ef­forts à amé­lio­rer ses marges et à ré­duire ses coûts.

M. Hynes a eu la main moins heu­reuse avec Uni-Sé­lect, qui re­cule de 7,69%. Les ac­ti­vi­tés se sont moins bien dé­rou­lées aux États-Unis, mais le titre a sur­tout été mal­me­né par des in­quié­tudes « sans fon­de­ment » concer­nant la concur­rence d’Ama­zon, se­lon lui. « Le risque est moindre pour l’en­tre­prise de Bou­cher­ville, car la ma­jo­ri­té de ses pièces de re­change au­to­mo­biles est des­ti­née aux pro­fes­sion­nels et non aux par­ti­cu­liers », ajoute M. Hynes, qui de­meure op­ti­miste pour le titre. Fran­çois Ro­chon, pré­sident et ges­tion­naire de por­te­feuille de Gi­ver­ny Ca­pi­tal, af­fiche un ren­de­ment de 9,01%. Pour deux de ses trois choix, son op­ti­misme est as­sez grand pour qu’il les sug­gère à nou­veau cette an­née.

Wells Far­go (WFC, 51,07 $ US) est le seul choix que M. Ro­chon n’a pas re­nou­ve­lé. Bien que l’ac­tion de l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière amé­ri­caine ait échap­pé à un ren­de­ment né­ga­tif, elle vit tou­jours avec l’ombre du scan­dale lié à la créa­tion de faux comptes par des em­ployés. « Je pen­sais que c’était une banque qui avait une culture dif­fé­rente, mais elle semble moins ex­cep­tion­nelle que ce que je pen­sais, com­mente M. Ro­chon. Elle reste tou­jours une belle en­tre­prise, mais ces nou­velles m’ont quelque peu re­froi­di. »

Sa meilleure sé­lec­tion a été le Groupe MTY (MTY, 46,99$), qui pro­gresse de 16,34%. Fran­çois Ro­chon pro­pose à nou­veau le fran­chi­seur mont­réa­lais dans la sé­lec­tion de cette an­née. Il aime tou­jours la di­rec­tion, sous la gou­verne de Stan­ley Ma. Le PDG gère bien les coûts de l’en­tre­prise et pro­cède à des ac­qui­si­tions de ma­nière dis­ci­pli­née.

CarMax (KMX, 65,99$ US) se trouve à nou­veau, elle aus­si, dans la sé­lec­tion de cette an­née après une pro­gres­sion de 4,75 %. Le pré­sident de Gi­ver­ny Ca­pi­tal juge que le dé­taillant de voi­tures usa­gées a en­core de l’es­pace pour croître dans un mar­ché frag­men­té. La dé­bâcle de l’ac­tion de Torc Oil & Gas (TOG, 5,03$) a pous­sé la sé­lec­tion de Marc-An­dré Char­tier en ter­ri­toire né­ga­tif, en re­cul de 4,36%. Le ges­tion­naire de por­te­feuille de la Fi­nan­cière des pro­fes­sion­nels in­vite à la pa­tience. Il ré­itère son op­ti­miste par rap­port à la pé­tro­lière.

La chute de 35,46% de l’ac­tion de Torc n’est pas at­tri­buable à l’en­tre­prise elle-même, dé­fend M. Char­tier. Le re­cul du prix du ba­ril de pé­trole a nui au sec­teur, note-t-il. De plus, les in­ves­tis­seurs ont dé­lais­sé les pe­tites et les moyennes ca­pi­ta­li­sa­tions ca­na­diennes du sec­teur au pro­fit des grands ac­teurs. « C’est l’une des so­cié­tés dans la­quelle j’ai le plus de convic­tion, écrit-il, et aus­si l’une des rares pé­tro­lières qui a un di­vi­dende en­core sou­te­nable. La di­rec­tion est dis­ci­pli­née dans ses in­ves­tis­se­ments et a même réus­si à aug­men­ter sa pro­duc­ti­vi­té. »

M. Char­tier ré­itère aus­si son op­ti­miste pour Stin­gray (RAY.A, 8,85$). L’en­tre­prise a conti­nué de dé­ployer son plan de match à un rythme plus ra­pide que pré­vu, note-t-il. Il aime la di­rec­tion et sou­ligne que le bi­lan fi­nan­cier est so­lide, que les re­ve­nus ré­cur­rents s’éta­blissent à en­vi­ron 85% et qu’une forte por­tion du bé­né­fice avant in­té­rêts, im­pôts et amor­tis­se­ment (BAIIA) est conver­ti en flux de tré­so­re­rie. « Je suis d’avis que, d’ici deux à trois ans, le titre pour­rait dou­bler, s’il n’y a pas de crise fi­nan­cière. » Le titre a ga­gné 25,98%.

La sé­pa­ra­tion d’Ele­ment Fi­nan­cial en deux en­ti­tés a eu lieu comme pré­vu. Ce­lui qui au­rait gar­dé Ele­ment Fleet (EFN, 9,20$) et ECN Ca­pi­tal (ECN, 3,77$) au­rait per­du 3,58% de­puis la table ronde. M. Char­tier de­meure op­ti­miste pour ECN Ca­pi­tal (en hausse de 13,68% de­puis la scis­sion), qu’il juge sous-éva­lué. M. Char­tier a « ti­ré la plogue » pour Fleet, qui a per­du 30% de­puis l’es­sai­mage de l’en­tre­prise. Il note que les mar­chés ont per­du confiance en la di­rec­tion. Les pla­nètes n’étaient pas ali­gnées pour la sé­lec­tion de John Ra­ko­ton­dra­jao­na, ana­lyste chez Cla­ret, qui perd 27,19 %. Mal­gré la tour­mente qui s’est abat­tue sur Mal­lin­ckrodt (MNK, 42,18$ US) et Vis­ta Out­door (VSTO, 20,75$ US), il ré­itère son op­ti­misme pour tous ses choix.

Les dif­fi­cul­tés de l’in­dus­trie des mé­di­ca­ments gé­né­riques ont éclip­sé les bons ré­sul­tats des autres pro­duits de Mal­lin­ckrodt, ex­plique M. Ra­ko­ton­dra­jao­na. Le titre de la phar­ma­ceu­tique a per­du 54,85 % de sa va­leur de­puis la table ronde. L’ana­lyste pense que le mar­ché, ébran­lé par une forte concur­rence, va se sta­bi­li­ser. Il de­meure op­ti­miste pour le titre.

Deux vents contraires ont souf­flé si­mul­ta­né­ment sur Vis­ta Out­door, un fa­bri­cant d’équi­pe­ments de plein air et de mu­ni­tions d’armes à feu. Les dé­taillants ont fait le plein d’armes avant les élec­tions. L’élec­tion at­ten­due d’Hilla­ry Clin­ton lais­sait croire à une aug­men­ta­tion des achats par les consom­ma­teurs in­quiets d’un res­ser­re­ment de la ré­gle­men­ta­tion sur les armes à feu. En rai­son de l’élec­tion de Do­nald Trump, les dé­taillants se sont re­trou­vés avec un sur­plus d’in­ven­taires. De plus, les dif­fi­cul­tés des dé­taillants, dont cer­tains ont fait faillite, ont per­tur­bé les ac­ti­vi­tés de Vis­ta. « La ten­dance est fa­vo­rable pour les pro­duits liés aux ac­ti­vi­tés de plein air, com­mente l’ana­lyste. Il faut seule­ment s’adap­ter au chan­ge­ment des ha­bi­tudes de consom­ma­tion. » Le titre a re­cu­lé de 45,24 %.

L’ex­pert a eu la main plus heu­reuse avec Orion En­gi­nee­red Car­bons (OEC, 21,41$ US), qui gagne 18,51 %. L’en­tre­prise fa­brique du car­bone noir, un pro­duit chi­mique es­sen­tiel uti­li­sé dans notre quo­ti­dien. « Elle a réus­si à faire croître ses vo­lumes de vente et ses marges, dit-il. La de­mande mon­diale de­meure forte. La di­ver­si­fi­ca­tion in­ter­na­tio­nale a été un atout, car elle a per­mis de com­pen­ser la de­mande moins vi­gou­reuse aux États-Unis. »

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