Hy­dro-Que­bec 2030

le be­ne­fice de la so­ciete d'Etat pro­fite gran­de­ment de ses ex­por­ta­tions. Son plan de match pour la pro­chaine de­cen­nia est donc simple: en­core plus d'ex­por­ta­tions.

Les Affaires - - Front Page - Fran­çois Nor­mand fran­cois.nor­mand@tc.tc C @ fran­cois­nor­mand @

Salle des mar­chés d’ Hy­dro-Qué­bec – Les yeux ri­vés à leur écran, les né­go­ciants suivent l’évo­lu­tion du mar­ché éner­gé­tique de l’Amé­rique du Nord pour connaître la de­mande et les prix. Leur ob­jec­tif ? Vendre et ache­ter (pour la re­vendre) de l’élec­tri­ci­té afin de maxi­mi­ser les bé­né­fices de la so­cié­té d’État. Le par­quet des tran­sac­tions éner­gé­tiques d’Hy­dro-Qué­bec res­semble en plu­sieurs points à un par­quet ty­pique où l’on né­go­cie des ac­tions de so­cié­tés ins­crites en Bourse. Sauf qu’au lieu d’y né­go­cier des blocs d’ac­tions, on y vend et on y achète des blocs d’élec­tri­ci­té dans le nord-est de l’Amé­rique du Nord, et ce, de la Nou­velle-An­gle­terre à l’On­ta­rio en pas­sant et par l’État de New York. « Toutes les ventes les achats d’élec­tri­ci­té d’Hy­dro-Qué­bec passent par ici », ex­plique le di­rec­teur du par­quet, Si­mon Ber­ge­vin, en nous f ai­sant vi­si­ter cet en­droit mé­con­nu du grand pu­blic, si­tué au siège so­cial, à Mon­tréal. « Chaque an­née, on va cher­cher en­vi­ron 1,5 mil­liard de dol­lars (G$) de re­ve­nus sur les il mar­chés à l’ex­té­rieur du Qué­bec », ren­ché­rit- du même souffle. En 2016, ces re­ve­nus ont per­mis à la salle des mar­chés de gé­né­rer un bé­né­fi­ce­net de 803mil­lions de dol­lars (M$), soit 28 % du bé­né­fi­ce­net at­con­so­li­dé d’Hy­dro-Qué­bec. En 2015, il avait teint un re­cord de 902 M$, contri­buant ain­si pour 29 % du bé­né­fi­ce­net conso­li­dé. La contri­bu­tion fi­nan­cière du par­quet est donc ma­jeure chez Hy­dro-Qué­bec, d’au­tant plus qu’il se n’em­ploie qu’une cin­quan­taine d’em­ployés de re­layant 24 heures sur 24. C’est moins de 1 % l’ef­fec­tif to­tal d’Hy­dro-Qué­bec. La so­cié­té d’État a créé la salle des mar­chés en 2000. Un vent de dé­ré­gle­men­ta­tion souf­flait de alors en Amé­rique du Nord sur les mar­chés gros de l’élec­tri­ci­té. Pe­tit à l’époque, le par­quet a de­puis pris bien du ga­lon. « C’est au­jourd’hui le plus im­por­tant par­quet en éner­gé­tique du Ca­na­da et l’un des plus gros Amé­rique du Nord », af­fir­meSi­mon Ber­ge­vin.

Le rôle de la salle des mar­chés dans la stra­té­gie de crois­sance

La salle des mar­chés joue­ra un rôle cen­tral dans la stra­té­gie de crois­sance d’Hy­dro-Qué­bec, qui veut dou­bler ses re­ve­nus à 27 G$ et son bé­né­fice net à 5,2 G$ d’ici 2030, no­tam­ment à l’aide des ex­por­ta­tions. Cette cible est am­bi­tieuse, car elle né­ces­si­te­ra d’ac­croître de ma­nière sub­stan­tielle les ventes d’élec­tri­ci­té aux États-Unis et ailleurs au Ca­na­da. Tou­te­fois, le contexte est fa­vo­rable pour la so­cié­té d’État puis­qu’elle a d’im­por­tants sur­plus

du d’éner­gie, alors que le nord-est de l’Amé­rique Nord en manque. « Le Qué­bec peut lit­té­ra­le­ment être uti­li­sé comme la bat­te­rie du Nord-Est », af­fir­meS­teve De­mers, vice-pré­sident au dév elop­pe­ment chez Hy­dro-Qué­bec. Il uti­lise cette mé­ta­phore pour illus­trer le po­si­tion­ne­ment stra­té­gique de la pro­vince les (éner­gie verte, ca­pa­ci­té de sto­ckage der­rière bar­rages) dans le sys­tème éner­gé­tique conti­nen­tal. à Pierre-Oli­vier Pi­neau, spé­cia­liste en éner­gie est HEC Mon­tréal, confirme qu’Hy­dro-Qué­bec bien po­si­tion­née sans même construire de nouya veaux bar­rages, car elle a des sur­plus et qu’il des en­core beau­coup de po­ten­tiel pour faire éco­no­mies d’éner­gie. « Si on four­nis­sait les ef­forts d’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique né­ces­saires, on pour­rait », li­bé­rer jus­qu’à 30 té­ra­watt­heures en cinq ans af­firme-t-il. Cette quan­ti­té d’éner­gie cor­res­pond ex­gros­so mo­do à l’éner­gie qu’Hy­dro-Qué­bec en porte ac­tuel­le­ment à l’ex­té­rieur du Qué­bec, in­cluant l’On­ta­rio et le Nou­veau-Bruns­wick. Ces ex­por­ta­tions de quelque 30 té­ra­watt­sheures re­pré­sentent 16 % de la pro­duc­tion to­tale d’élecdes tri­ci­té d’Hy­dro-Qué­bec, mais rap­portent 28 % pro­fits, se­lon les don­nées de la so­cié­té d’État. C’est pour­quoi elle veut ac­croître à tout prix ses ex­por­ta­tions. Ce­la dit, Hy­dro-Qué­bec ne veut pas seule­ment ex­por­ter plus d’élec­tri­ci­té ; elle veut aus­si faire plus d’ar­gent par ki­lo­watt ven­du. Et la so­cié­té d’État est convain­cue qu’elle y ar­ri­ve­ra en rai­son On de la de­mande ac­crue d’éner­gies propres. « croit que les re­ve­nus pour une même quan­ti­té d’éner­gie se­ront plus éle­vés », af­fir­meS­teve du De­mers, en nous mon­trant sur une carte nord-est de l’Amé­rique du Nord ses fu­tures cibles, ain­si que les en­droits où Hy­dro-Qué­bec ex­porte dé­jà son élec­tri­ci­té.

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