LA MANNE DES BIOTECHNOLOGIES MA­RINES

Les Affaires - - Front Page - Jean-Fran­çois Venne re­dac­tion­le­saf­faires@tc.tc

Le mar­ché des biotechnologies ma­rines est en ex­pan­sion et le Qué­bec compte bien y oc­cu­per une po­si­tion fa­vo­rable. Le fleuve Saint-Laurent est un atout consi­dé­rable en rai­son des res­sources qu’il re­cèle, mais il faut main­te­nant struc­tu­rer le sec­teur.

« Les biotechnologies ma­rines consti­tuent un nou­veau chan­tier et il est pos­sible d’al­ler beau­coup plus loin, lance en en­tre­vue le mi­nistre dé­lé­gué aux Af­faires ma­ri­times, Jean D’Amour. Le Qué­bec doit ap­prendre à va­lo­ri­ser da­van­tage la bio­masse ma­rine, comme le font l’Is­lande ou la Grande-Bre­tagne. Pré­sen­te­ment, nous va­lo­ri­sons en­vi­ron 25 % des co­pro­duits des pêches, alors que plu­sieurs pays en va­lo­risent plus de 90 %. »

L’in­dus­trie de la pêche doit en­core être sen­si­bi­li­sée à la va­leur ajou­tée que re­cèlent ses prises, se­lon lui. « À peu près tout ce que nous avons long­temps vu comme des ré­si­dus de la pêche peut être va­lo­ri­sé et aug­men­ter les re­ve­nus des pê­cheurs et des trans­for­ma­teurs. » Reste à as­sem­bler et à struc­tu­rer un sec­teur dans le­quel cher­cheurs, pê­cheurs, trans­for­ma­teurs, bailleurs de fonds et res­pon­sables de la com­mer­cia­li­sa­tion tra­vaille­ront de concert.

Un ef­fort qui se fe­ra en col­la­bo­ra­tion avec des par­te­naires étran­gers. La créa­tion de l’Ins­ti­tut France-Qué­bec pour la co­opé­ra­tion scien­ti­fique en ap­pui au sec­teur ma­ri­time, en oc­tobre 2016, se veut un pre­mier pas du cô­té de la col­la­bo­ra­tion in­ter­na­tio­nale en re­cherche. At­ti­rer des en­tre­prises de l’ex­té­rieur, les­quelles s’amè­ne­raient avec de nou­velles connais­sances et tech­no­lo­gies, fait aus­si par­tie des plans. D’au­tant plus que plu­sieurs se montrent fort in­té­res­sées aux res­sources ma­ri­times du Qué­bec.

Jean D’Amour re­late la vi­site d’une quin­zaine de consuls et d’am­bas­sa­deurs à l’usine La re­nais­sance des Îles-de-la-Ma­de­leine en sep­tembre 2016, au cours de la­quelle l’un des consuls s’est ex­ta­sié de­vant les tonnes de ho­mards qui y étaient trans­for­mées. Il qua­li­fiait les « ré­si­dus » de cette trans­for­ma­tion de vé­ri­table mine d’or. « C’est un nou­veau po­si­tion­ne­ment éco­no­mique pour le Qué­bec et pour nos pê­cheurs, c’est une nou­velle ma­nière de voir leur in­dus­trie », en conclut le mi­nistre.

Des in­gré­dients na­tu­rels qui sé­duisent

Une mine d’or, la bio­masse ma­rine en est une aus­si pour Océan Nu­traS­ciences, pas­sée maître dans l’art de la va­lo­ri­ser. Elle en fait des ma­tières pre­mières que l’on trouve, entre autres, dans des pro­duits cos­mé­tiques, en plus de fa­bri­quer ses propres pro­duits fi­nis nu­tra­ceu­tiques et de san­té na­tu­rels. Fon­dée en 1999, l’en­tre­prise de Matane dé­clare une hausse an­nuelle de son chiffre d’af­faires de 10 à 15 % de­puis huit ans.

Son PG-1, par exemple, est un concen­tré so­luble de pep­tides riches en ar­gi­nine, un acide ami­né utile dans la nu­tri­tion spor­tive et pour ren­for­cer le sys­tème im­mu­ni­taire. L’As­taP­ro 1000, lui, est un ali­ment dié­té­tique prove- nant de cre­vettes nor­diques conte­nant de l’astaxan­thine, un puis­sant an­ti­oxy­dant di­mi­nuant les fac­teurs de risques as­so­ciés aux ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires.

« La de­mande est en hausse pour ce genre d’in­gré­dients na­tu­rels, les­quels ne contiennent pas de sol­vants or­ga­niques, confie le PDG d’Océan Nu­traS­ciences, Gilles Des­jar­dins. Pré­sen­te­ment, nous ex­por­tons en­vi­ron 60 % de notre pro­duc­tion, sur­tout aux États-Unis et un peu en Eu­rope. »

L’en­tre­prise de 12 em­ployés dé­pense entre 5 et 10 % de son chiffre d’af­faires an­nuel en R-D. « Le mar­ché évo­lue ra­pi­de­ment, il faut res­ter à l’avant-garde », ex­plique le di­ri­geant.

Un mar­ché de 310 mil­lions de dol­lars

Pierre Erwes pré­side aux des­ti­nées du fo­rum BioMa­rine, une pla­te­forme consa­crée à la crois­sance de l’éco­no­mie bioma­rine, qu’il dé­fi­nit comme l’uti­li­sa­tion des res­sources bio­lo­giques de la mer et leur trans­for­ma­tion. « On prend algues, pois­sons, restes de pois­sons, en­zymes, bac­té­ries et autres et on en fait des pro­duits dé­ri­vés, comme des cos­mé­tiques, des pro­duits d’ali­men­ta­tion hu­maine ou ani­male et des bio­ma­té­riaux, ou alors, on en ex­trait des mo­lé­cules à va­leur ajou­tée », ex­plique-t-il.

Le mar­ché est dif­fi­cile à cir­cons­crire, car les pro­duits de l’in­dus­trie bioma­rine sont uti­li­sés dans plu­sieurs sec­teurs dif­fé­rents. BioMa­rine

La bio­masse ma­rine est une mine d’or pour Océan Nu­traS­ciences. « Nous ex­por­tons en­vi­ron 60 % de notre pro­duc­tion, sur­tout aux États-Unis et un peu en Eu­rope », dit le PDG, Gilles Des­jar­dins (à droite), ac­com­pa­gné ici du di­rec­teur de la R - D, Er­wann Fra­bou­let.

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