Des PME à l’ave­nir très pro­met­teur

Les Affaires - - Sommaire - Mat­thieu Cha­rest mat­thieu.cha­rest@tc.tc Mat­thieuC­ha­rest

Druide in­for­ma­tique : l’an­ti­dote à l’em­poi­son­ne­ment de la langue

Fon­dée en 1993, Druide in­for­ma­tique est de­ve­nue cé­lèbre pour son lo­gi­ciel de cor­rec­tion de texte nom­mé An­ti­dote. Des salles de classe aux salles de ré­dac­tion, l’ou­til est main­te­nant uti­li­sé par plus de 1,2 mil­lion de per­sonnes, se­lon la mont­réa­laise. De­puis sa créa­tion, le lo­gi­ciel ne cesse d’être amé­lio­ré, op­ti­mi­sé, no­tam­ment à l’aide des nou­velles per­cées dans le do­maine de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. « Au dé­part, nous ana­ly­sions une phrase à la fois, ex­plique Éric Bru­nelle, pré­sident-co­fon­da­teur et concep­teur prin­ci­pal d’An­ti­dote. En 2011, nous avons pu com­men­cer à ana­ly­ser les textes dans leur en­semble. Avec notre al­go­rithme gé­né­rique, nous construi­sons plu­sieurs arbres d’ana­lyse pour chaque phrase dans un texte, et le lo­gi­ciel pro­pose d’ap­pli­quer les cor­rec­tions qu’il croit être les mieux adap­tées, se­lon ce que l’au­teur a vou­lu ex­pri­mer. » Ça, c’est pour l’ins­tant. En ef­fet, se­lon M. Bru­nelle, les avan­cées dans l’ap­pren­tis­sage pro­fond, où l’or­di­na­teur ap­prend par lui-même, vont per­mettre à son pro­duit de pas­ser à un stade d’ef­fi­ca­ci­té d’ana­lyse net­te­ment su­pé­rieur. « Il y a toute une sé­rie de re­struc­tu­ra­tions, de re­for­mu­la­tions qui pour­raient être pro­po­sées par An­ti­dote, croit-il. Nous pour­rions ob­te­nir un ou­til qui amé­liore la clar­té d’un texte, le style et la struc­ture des idées. » Bien sûr, il fau­dra plu­sieurs an­nées de re­cherche avant d’en ar­ri­ver là, ad­met le pré­sident. Ce sont des gens comme Yo­shua Ben­gio, un pion­nier ca­na­dien dans la re­cherche de l’ap­pren­tis­sage pro­fond et de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, « qui ont réus­si à ré­soudre des pro­blèmes qui nous sem­blaient in­sur­mon­tables ». L’en­tre­prise a d’ailleurs fait un don d’un mil­lion de dol­lars (M$) à l’Ins­ti­tut des al­go­rithmes des ap­pren­tis­sages de Mont­réal (MILA), pi­lo­té par M. Ben­gio, afin de pro­pul­ser la re­cherche. Outre An­ti­dote, Druide in­for­ma­tique est un édi­teur et le dé­ten­teur du lo­gi­ciel Tap’Touche. Elle compte 70 em­ployés per­ma­nents et 10 contrac­tuels. Se­lon l’en­tre­prise, son chiffre d’af­faires a at­teint 17 M$ en 2016.

Sense AI : un en­tre­pre­neur en sé­rie se lance dans l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle

Co­fon­da­teur de Co­veo, fon­da­teur du mo­teur de re­cherche Co­per­nic et du centre de don­nées 4 De­grés, ven­du à Vi­déo­tron, l’en­tre­pre­neur en sé­rie Mar­tin Bou­chard se lance dans l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. « J’ob­serve beau­coup les ten­dances, dit-il, d’où mon nou­veau pro­jet, qui al­lie in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et ob­jets connec­tés. » Avec sa nou­velle en­tre­prise, Sense AI, l’homme d’af­faires s’at­ta­que­ra au mar­ché des PME ma­nu­fac­tu­rières. L’idée est d’uti­li­ser les don­nées four­nies par les ma­chines afin de ré­duire la fac­ture d’éner­gie. « C’est bien beau, les al­go­rithmes, mais il faut avoir des don­nées à col­lec­ter pour par­ve­nir à prendre des dé­ci­sions in­tel­li­gentes. Et là où la col­lecte de don­nées peut nous per­mettre de réa­li­ser des éco­no­mies in­té­res­santes, c’est dans les sec­teurs in­dus­triels. » Avec des fac­tures d’éner­gie de plu­sieurs mil­lions de dol­lars, une ré­duc­tion de la consom­ma­tion de quelques points de pour­cen­tage peut avoir une grande va­leur. Sense AI veut donc me­su­rer, au moyen de cap­teurs, des fac­teurs comme l’hu­mi­di­té, la tem­pé-

Il n’y a pas que les start-up ou les grandes en­tre­prises comme Google ou Fa­ce­book qui s’in­té­ressent à l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, tant s’en faut. Le Qué­bec est une terre de PME, et plu­sieurs en­tre­prises de taille moyenne sont très ac­tives dans ce do­maine. Avec l’aide des plus grands spé­cia­listes de ce cré­neau au Qué­bec, les ex­perts de l’Ins­ti­tut de va­lo­ri­sa­tion des don­nées (IVADO), nous avons sé­lec­tion­né quatre en­tre­prises à sur­veiller.

ra­ture, les vi­bra­tions ou les sons. À par­tir des ré­sul­tats cap­tés dans une usine X, la firme ana­ly­se­ra les don­nées ré­cu­pé­rées et ten­te­ra d’op­ti­mi­ser l’em­ploi des ap­pa­reils dans l’in­dus­trie de la ma­chi­ne­rie lourde, no­tam­ment. « On pour­rait aus­si pré­voir le mo­ment où une ma­chine va se bri­ser ou le mo­ment où elle de­vra être ré­pa­rée, pense M. Bou­chard. Ça évite des dé­lais ou des pannes, qui oc­ca­sionnent par­fois des coûts de cen­taines de mil­liers de dol­lars. » Les re­ve­nus de l’en­tre­prise pro­vien­dront de la vente d’équi­pe­ments, comme des cap­teurs, d’un mon­tant men­suel éta­bli se­lon le nombre de cap­teurs ou de lieux où les don­nées se­ront re­cueillies et d’une por­tion sur les éco­no­mies d’éner­gie réa­li­sées. Vu le coût re­la­ti­ve­ment faible de l’éner­gie au Qué­bec, pense Mar­tin Bou­chard, « si nous prou­vons que notre mo­dèle fonc­tionne ici, nous se­rons en­core plus per­ti­nents aux États-Unis ou en Eu­rope ».

Ima­gia : l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pour com­battre les can­cers

« Yo­shua Ben­gio me di­sait que l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle al­lait chan­ger le monde », ra­conte Alexandre Le Bou­thil­lier, co­fon­da­teur et di­rec­teur des opé­ra­tions chez Ima­gia. Avec son équipe de 35 per­sonnes, il s’y at­telle. Spé­cia­li­sée dans la lutte contre les can­cers co­lo­rec­taux et du pou­mon, « car il faut vaincre les can­cers un à la fois », l’en­tre­prise tra­vaille avec l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle afin que les spé­cia­listes de l’on­co­lo­gie aient ac­cès aux meilleures in­for­ma­tions pour prendre les bonnes dé­ci­sions. « Nous vou­lons par­tir des don­nées d’ima­ge­rie mé­di­cale, ex­plique M. Le Bou­thil­lier, et en ti­rer des don­nées gé­né­tiques. Le deep lear­ning pour­rait nous per­mettre d’as­so­cier des don­nées qui se trouvent ac­tuel­le­ment dans dif­fé­rents si­los. Il y a beau­coup de don­nées brutes, mais peu d’in­for­ma­tion. Nous of­fri­rons un sys­tème d’aide à la dé­ci­sion. » Puisque chaque can­cer est unique, le fait de ti­rer le maxi­mum d’in­for­ma­tion de l’ima­ge­rie mé­di­cale ai­de­rait l’équipe mé­di­cale à adap­ter le trai­te­ment à chaque pa­tient. Bref, on mo­di­fie­rait la ma­nière dont le can­cer est diag­nos­ti­qué, puis trai­té. « Nous sommes à l’étape où nous vou­lons prou­ver la va­li­di­té de notre concept. Par la suite, nous fe­rons des tests cli­niques. L’idée, c’est de par­ve­nir à mettre sur le mar­ché des so­lu­tions de bio­mar­queurs en ima­ge­rie mé­di­cale pour les en­tre­prises phar­ma­ceu­tiques et celles qui conçoivent les ap­pa­reils mé­di­caux. » Comme les trai­te­ments du can­cer coûtent très cher à la so­cié­té, ces so­lu­tions ar­ri­ve­raient à point nom­mé, d’au­tant plus que la po­pu­la­tion vieillit et que les dé­lais d’at­tente sont longs. « Nous vou­lons nous as­su­rer que l’ar­gent est dé­pen­sé dans le bon trai­te­ment », af­firme le co­fon­da­teur. La Banque de dé­ve­lop­pe­ment du Ca­na­da ain­si que la firme Fi­de­li­ty ont toutes deux in­ves­ti dans l’en­tre­prise, sou­ligne-t-il.

la

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.