Au pays de la can­ne­berge

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Tout com­mence en 1938 par une simple vi­site chez des membres de la fa­mille éta­blie au Mas­sa­chu­setts. Ed­gar La­rocque, qui ex­ploite une en­tre­prise de dis­tri­bu­tion de fruits et lé­gumes à Le­mieux, y dé­couvre alors des plan­ta­tions de can­ne­berges. Un an plus tard, il dé­cide d’en im­por­ter des plants qui ar­rivent par train dans le Centre-du-Qué­bec. C’est là que se concentre au­jourd’hui près de 90 % de la pro­duc­tion des can­ne­berges au Qué­bec, de­ve­nu le troi­sième pro­duc­teur mon­dial de ce pe­tit fruit in­di­gène qui pousse uni­que­ment en Amé­rique du Nord.

« Les can­ne­berges étaient ven­dues sous la marque St-Laurent et on ser­vait d’abord le mar­ché lo­cal, puis la chaîne Stein­berg, qui ache­tait dé­jà d’autres pro­duits de la ferme », ex­plique Louis-Mi­chel La­rocque, pré­sident de Les Ato­cas du Qué­bec, qui a pris les rênes de l’en­tre­prise fon­dée par son grand-père Ed­gar.

Il au­ra fal­lu at­tendre près de 50 ans avant que la pro­duc­tion et la trans­for­ma­tion de can­ne­berges, que les Amé­rin­diens ap­pe­laient « ato­ca », se fassent à plus grande échelle. Au­jourd’hui, le Qué­bec compte 80 pro­duc­teurs de can­ne­berges, dont 67 dans le Centre-du-Qué­bec, qui four­nissent en­vi­ron le quart de la pro­duc­tion mon­diale sur une su­per­fi­cie de 10 000 acres. Le Centre-du-Qué­bec compte aus­si sur la pré­sence de Fruit d’Or et Can­ne­berges Ato­ka, deux des plus im­por­tants trans­for­ma­teurs de can­ne­berges au Qué­bec avec la co­opé­ra­tive Ci­ta­delle.

Les ana­lystes en parlent de­puis des an­nées, mais le re­dé­col­lage en Bourse de SNC-La­va­lin se laisse en­core dé­si­rer.

Les ten­sions ré­centes entre le Ca­na­da et l’Ara­bie saou­dite as­som­brissent cette fois les af­faires de l’en­tre­prise, dans ce pays qui lui pro­cure 10 % de ses re­ve­nus.

Dans le pire des scé­na­rios, soit une chute de moi­tié à 3,6 % des marges avant im­pôts de la di­vi­sion pé­tro­lière, le cours cible de Maxim Syt­chev de Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale pas­se­rait de 73,50 $ à 68 $.

De plus, la ren­ta­bi­li­té des di­vi­sions mi­nière, pé­tro­lière et de l’éner­gie ther­mique a en­core dé­çu au deuxième tri­mestre.

Une en­tente à l’amiable avec Ot­ta­wa et une amende po­ten­tielle cet au­tomne pour­raient clore le dos­sier des ac­cu­sa­tions de fraude et de cor­rup­tion qui pèsent contre l’en­tre­prise et ser­vir d’étin­celle au titre, es­pèrent en­core les fi­nan­ciers.

Mark Ne­ville, de Banque Sco­tia, va même jus­qu’à dire qu’une amende es­ti­mée à 400 mil­lions de dol­lars à la fin de 2018 ou au dé­but de 2019 pour­rait dé­clen­cher la ré­éva­lua­tion tant at­ten­due du titre. « Une telle ré­so­lu­tion ajou­te­rait en­vi­ron 4,50 $ à notre cours cible de 72 $ », écrit-il.

Une fois la page tour­née sur les mal­ver­sa­tions du pas­sé, les di­ri­geants pour­ront se consa­crer en­tiè­re­ment à faire va­loir la trans­for­ma­tion de la so­cié­té et à exé­cu­ter leur plan de match, croit aus­si De­rek Spronck, de RBC Mar­chés des ca­pi­taux.

Ja­cob Bout, de Mar­chés mon­diaux CIBC, mise sur les sy­ner­gies pro­mises de 120 M$ de l’ac­qui­si­tion trans­for­ma­tion­nelle de WS At­kins plc. Cet achat d’en­ver­gure de 3,6 mil­liards de dol­lars s’est conclu le 3 juillet 2017 grâce à une in­jec­tion de ca­pi­taux de 400 M$ et à un prêt de 1,5 G$ de la Caisse de dé­pôt et pla­ce­ment du Qué­bec.

Si l’on fait abs­trac­tion de ses pla­ce­ments dans les in­fra­struc­tures, SNC-La­va­lin se né­go­cie à 8 fois son bé­né­fice de 2018, une éva­lua­tion en­core bien in­fé­rieure au mul­tiple moyen de 16,7 fois pour ses sem­blables, note Yu­ri Lynk, de Ca­nac­cord Ge­nui­ty.

M. Ne­ville rap­pelle aus­si que le bé­né­fice par ac­tion de 4 $, que vise SNC-La­va­lin en 2020 sans ces pla­ce­ments, est de 20 % à 25 % de plus que ses propres es­ti­ma­tions de 3,24 $.

Si la firme d’in­gé­nie­rie et de construc­tion at­tei­gnait cet ob­jec­tif en 2020, ce sont 11 $ de plus qui s’ajou­te­raient à la va­leur de son ac­tion, ren­ché­rit l’ana­lyste de Banque Sco­tia.

Une fois que le rè­gle­ment avec Ot­ta­wa se­ra fi­ce­lé, le PDG Neil Bruce au­ra plus de la­ti­tude pour ré­in­ves­tir le ca­pi­tal de la so­cié­té, pré­voit Mi­chael Tu­pholme, de TD Va­leurs mo­bi­lières.

La vente pro­chaine d’un autre bloc de 6,7 % dans l’au­to­route to­ron­toise 407 met­tra en re­lief la va­leur l’au­to­route, mais ce qui prime aux yeux des ana­lystes est ce que fe­ra SNC-La­va­lin du ca­pi­tal li­bé­ré.

« Nous voyons mal comment le ra­chat d’ac­tions, le rem­bour­se­ment de dettes et des achats po­ten­tiels pour­ront rem­pla­cer le ren­de­ment fi­nan­cier éle­vé que lui pro­cure la 407 », pré­vient Fre­de­ric Bas­tien, de Ray­mond James.

M. Lynk, de Ca­nac­cord Ge­nui­ty, re­con­naît que le cours de SNC-La­va­lin ne re­flète pas toute la va­leur de l’au­to­route 407, mais c’est l’in­cons­tance des prin­ci­pales ac­ti­vi­tés d’in­gé­nie­rie qui nuit le plus au titre.

L’ac­tion reste tout de même peu chè­re­ment éva­luée compte te­nu du car­net de com­mandes bien gar­ni, des sy­ner­gies de l’in­té­gra­tion d’At­kins, qui rap­proche SNC-La­va­lin du pro­fil plus ap­pré­cié des firmes de gé­nie-conseil, sans ou­blier l’aban­don des pro­jets dé­fi­ci­taires de cen­trales ther­miques. Comme l’illustre le dé­clin de 24 % des ventes de chaus­settes et de sous-vê­te­ments au deuxième tri­mestre, Gil­dan n’a pas en­core réus­si à trans­po­ser aux vê­te­ments de base pour dé­taillants le suc­cès connu dans les vê­te­ments à im­pri­mer, mal­gré l’énorme avan­tage que lui pro­cure son in­té­gra­tion ver­ti­cale.

Les dé­taillants de masse tels que Wal-Mart, Tar­get et Kmart – qu’elle convoi­tait avec ses propres marques – pré­fèrent of­frir des pro­duits mai­son afin de se dif­fé­ren­cier et d’af­fi­cher de meilleures marges.

Le fa­bri­cant de t-shirts et de chan­dails en mol­le­ton se ré­or­ga­nise de­puis six mois afin de s’adap­ter à ses clients nord-amé­ri­cains qui ri­postent à Ama­zon.

À court terme, le re­grou­pe­ment de ses deux di­vi­sions et de sept centres de dis­tri­bu­tion, ain­si qu’un nou­vel ef­fort de ra­tio­na­li­sa­tion, af­fai­blit ses marges et son bé­né­fice, ex­plique Sa­ba­hat Khan, de RBC Mar­chés des ca­pi­taux.

Gil­dan de­vrait ga­gner son pa­ri, croit un ac­tion­naire de longue date qui de­mande de taire son iden­ti­té. « Le fi­lage du co­ton lui per­met non seule­ment d’of­frir de bons prix, mais aus­si des ar­ticles de meilleure qua­li­té que ceux des concur­rents », confie-t-il.

Comme In­dus­tries Las­sonde (LAS.A, 256,00 $) qui vend ses propres jus Oa­sis et qui pro­duit aus­si les jus de marque pri­vée des épi­ciers, Gil­dan est bien ou­tillé pour ser­vir les deux seg­ments, ajoute ce ges­tion­naire.

À l’ère du cy­ber­com­merce, tou­te­fois, la pro­duc­tion à grand vo­lume et les bas coûts ne suf­fisent plus pour ga­gner des parts de mar­ché, avance Keith How­lett, de Des­jar­dins Mar­ché des ca­pi­taux.

La dif­fé­ren­cia­tion des pro­duits et la charge émo­tive des marques gagnent en im­por­tance dans le mar­ché hy­per­frag­men­té des ventes en ligne, ex­plique cet ana­lyste.

Heu­reu­se­ment, Gil­dan est très agile. Au deuxième tri­mestre, la forte de­mande pour les chan­dails en mol­le­ton lui a pro­cu­ré un bon coup de pouce. Les ventes de vê­te­ments mode de base ont crû de 17 % et celles à l’in­ter­na­tio­nal, me­nées par la Chine, de 35 %.

« Gil­dan re­di­rige ses ef­forts pour of­frir aux dé­taillants des chan­dails de marque mai­son ain­si que ses propres marques de vê­te­ments de base Ame­ri­can Ap­pa­rel, Com­fort Co­lors, An­vil, Gil­dan Ham­mer, et ses chaus­settes Gold Toe, Peds et Gil­dan di­rec­te­ment aux consom­ma­teurs en ligne » pré­cise M. How­lett.

La so­cié­té a dé­cro­ché un nou­veau contrat de sous-vê­te­ments et de chaus­settes de marque mai­son, ain­si que deux autres pour les vê­te­ments mode de sport, qui en­tre­ront en vi­gueur en 2019.

De­puis fé­vrier, Ama­zon offre aus­si sa col­lec­tion de sous-vê­te­ments pour hommes.

En at­ten­dant que le nou­veau vi­rage se fasse mieux sen­tir l’an pro­chain, la so­cié­té, qui dé­ga­ge­ra ses flux libres de 424 M$ US en 2018, vient de dou­bler à 10 % la taille de son ra­chat an­nuel d’ac­tions.

L’ef­fet de sur­prise des meilleurs ré­sul­tats que pré­vu au deuxième tri­mestre (un bé­né­fice par ac­tion de 0,52 $ US, au lieu des 0,49 $ US pré­vus) ont fait re­bon­dir son ac­tion de 21 % le 2 août.

M. How­lett aug­mente son cours cible de 41,50 $ à 44 $, mais il consi­dère que le titre est jus­te­ment éva­lué en fonc­tion des pers­pec­tives ac­tuelles.

« Les pro­grès nous im­pres­sionnent, bien que des risques d’exé­cu­tion de­meurent », dit-il pour jus­ti­fier sa re­com­man­da­tion de conser­ver le titre.

Sa­ba­hat Khan, de RBC, fait pas­ser son cours cible de 41 $ à 43 $. Tou­te­fois, l’ana­lyste juge que son titre ne mé­rite pas un mul­tiple d’éva­lua­tion su­pé­rieur, puisque son ren­de­ment fi­nan­cier pro­vient da­van­tage du re­tour de ca­pi­tal aux ac­tion­naires que de la crois­sance opé­ra­tion­nelle. Après une chute de 30 % de l’ac­tion et de 51 % de la dis­tri­bu­tion de­puis 2016, les ana­lystes sa­luent le re­tour aux sources de Co­mi­nar et la mise à ni­veau de sa gou­ver­nance dé­fi­ciente.

Flai­rant un nou­veau dé­part, deux ad­mi­ra­teurs ont amor­cé ré­cem­ment le sui­vi du fonds im­mo­bi­lier dont la fa­mille Dal­laire pos­sède en­core 5 % des ac­tions.

Les re­com­man­da­tions di­ver­gentes de deux cour­tiers illus­trent tou­te­fois le di­lemme que posent les pers­pec­tives en­core in­cer­taines du prin­ci­pal pro­prié­taire im­mo­bi­lier du Qué­bec.

Jen­ny Ma, de BMO Mar­chés des ca­pi­taux, est op­ti­miste et croit que Co­mi­nar réus­si­ra son re­vi­re­ment, car le fonds se re­plie sur le mar­ché qué­bé­cois, qu’il connaît si bien.

« Après cinq an­nées de mau­vaise per­for­mance, les nou­veaux di­ri­geants ont pris les me­sures dou­lou­reuses et né­ces­saires pour re­dres­ser le na­vire », dit-elle.

La bonne conjonc­ture au Qué­bec et le re­tour de re­ve­nus de lo­ca­tion crois­sants par pro­prié­tés com­pa­rables en 2018 consti­tuent à ses yeux de bonnes fon­da­tions.

Plus pru­dente, Su­mayya Hus­sain, de Mar­chés mon­diaux CIBC, es­time qu’il lui manque en­core trop d’élé­ments es­sen­tiels pour re­com­man­der le titre.

« Les ré­centes ini­tia­tives consti­tuent de so­lides pro­grès, mais c’est la nou­velle stra­té­gie d’al­lo­ca­tion du ca­pi­tal à long terme qui dic­te­ra son fu­tur par­cours », in­dique l’ana­lyste.

Elle pré­fère at­tendre de connaître les pro­prié­tés qui sont en­core à vendre et ce que

Co­mi­nar compte faire des ca­pi­taux ré­col­tés.

D’ici là, le plan de ra­chat d’ac­tions est aus­si sus­pen­du.

Le titre n’est pas chè­re­ment éva­lué en Bourse, mais Co­mi­nar est en­core en­det­tée (9,7 fois son bé­né­fice d’ex­ploi­ta­tion), sou­ligne Mi­chael Mar­ki­dis, de Des­jar­dins Mar­ché des ca­pi­taux.

De son cô­té, Mi­chael Smith, de RBC Mar­chés des ca­pi­taux, dé­plore le fait qu’on ne connaît pas le ren­de­ment éco­no­mique des nou­veaux baux si­gnés, car Co­mi­nar su­bit des coûts plus éle­vés que d’ha­bi­tude pour at­ti­rer de nou­veaux lo­ca­taires.

« L’amé­lio­ra­tion pro­mise du taux d’oc­cu­pa­tion et son ef­fet sur la crois­sance des re­ve­nus par pro­prié­té com­pa­rable de­vraient ser­vir de ca­ta­ly­seurs pour le titre au cours des pro­chains tri­mestres », croit Brad Sturges, d’In­dus­trielle Al­liance Va­leurs mo­bi­lières.

Chez Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, Matt Kor­nack est en­cou­ra­gé par la crois­sance des re­ve­nus par pro­prié­tés com­pa­rables et par la dé­marche pa­tiente du fonds pour vendre à bon prix les im­meubles su­per­flus qu’il lui reste. Il main­tient son cours cible de 16$.

Pour sa part, Co­mi­nar met l’ac­cent sur le fait que 4,7 mil­lions de pieds car­rés dans 19 de ses pro­prié­tés se si­tuent à proxi­mi­té du nou­veau Ré­seau ex­press mé­tro­po­li­tain. Ce­la in­clut la gare cen­trale de Mon­tréal, à la­quelle elle peut ajou­ter 2 mil­lions de pieds car­rés grâce à des droits aé­riens.

Les centres com­mer­ciaux ne sont plus les temples du ma­ga­si­nage qu’ils étaient, mais Co­mi­nar a tout de même réus­si à com­bler les sept em­pla­ce­ments lais­sés va­cants par Tar­get et s’af­faire à trou­ver pre­neur pour les six lo­caux li­bé­rés par Sears.

Ces bou­le­ver­se­ments re­quièrent d’im­por­tants in­ves­tis­se­ments, mais les nou­veaux oc­cu­pants se­ront de meilleure qua­li­té et paie­ront des loyers bien su­pé­rieurs aux an­ciens baux, fait va­loir le fonds. Quatre ans après l’ar­ri­vée d’un nou­veau PDG, le gros­siste en pièces de re­change et en pein­ture au­to­mo­bile a du mal à mo­to­ri­ser sa trans­for­ma­tion.

Chaque tri­mestre, des im­pré­vus frus­trent les ac­tion­naires.

Il faut dire que le dis­tri­bu­teur de Bou­cher­ville mène de front trois re­lances dans trois pays pré­sen­tant cha­cun leurs propres dé­fis.

L’in­té­gra­tion de la bri­tan­nique Parts Al­liance, ache­tée en juin 2017, ain­si que l’ou­ver­ture de neuf nou­veaux centres de pièces de re­change en Grande-Bre­tagne – en plus des pres­sions sur les prix de la pein­ture pour car­ros­siers aux États-Unis et des coûts d’une nou­velle stra­té­gie au Ca­na­da – re­tardent l’amé­lio­ra­tion pro­mise des marges.

Les ventes du prin­ci­pal four­nis­seur amé­ri­cain de pein­ture au­to­mo­bile Fi­ni­shMas­ter croissent à nou­veau, bien que les marges res­te­ront plus faibles qu’au­pa­ra­vant parce que les clients na­tio­naux exigent de bons prix, ex­plique Jo­na­than La­mers, de BMO Mar­chés des ca­pi­taux.

Au Ca­na­da, son dis­tri­bu­teur de pièces de re­change semble pei­ner à prendre de l’élan, mal­gré le re­cru­te­ment de mar­chands et la nou­velle en­seigne na­tio­nale Bum­per to Bum­per.

Mal­gré ces ra­tés, le gros­siste de Bou­cher­ville main­tient ses ob­jec­tifs an­nuels, puisque la per­for­mance amé­lio­rée de Fi­ni­shMas­ter et la pro­gres­sion de Parts Al­liance com­pen­se­ront les dif­fi­cul­tés ca­na­diennes.

« Fi­ni­shMas­ter a mis fin à six tri­mestres de dé­crois­sance, tan­dis que la crois­sance in­terne de fi­liale bri­tan­nique im­pres­sionne », si­gnale Be­noit Poi­rier, de Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, qui en fait un titre fa­vo­ri pour son po­ten­tiel à long terme.

Uni-Sé­lect pré­voit une pro­gres­sion de 2,2% à 4% des ventes et des marges d’ex­ploi­ta­tion de 7,2% à 8,2% pour l’exer­cice.

« Le pire est pas­sé. Sa plus im­por­tante fi­liale et la plus ren­table, Fi­ni­shMas­ter, a sta­bi­li­sé ses marges, et ses ventes de­vraient re­bon­dir au deuxième se­mestre », in­dique aus­si Leon Agha­za­rian de Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, qui per­çoit un po­ten­tiel de re­dres­se­ment de 32% pour le titre.

Les ini­tiés semblent y voir aus­si de la va­leur puisque quatre d’entre eux – dont l’ex-PDG, l’ac­tuel pré­sident du conseil et le chef de la fi­nance – ont ache­té des blocs d’ac­tions au cours de 19,75$ cha­cune en mai, si­gnale Mi­chael Glen, de Mac­qua­rie Ca­pi­tal.

À ce cours, l’ac­tion s’échan­geait à une éva­lua­tion plan­cher de 6,5 fois son bé­né­fice d’ex­ploi­ta­tion, ren­ché­rit M. Agha­za­rian. Le nou­veau PDG amé­ri­cain de Pages Jaunes, Da­niel Eckert, avait pro­mis qu’il ne per­drait pas de temps à re­dres­ser l’édi­teur d’an­nuaires de­ve­nu so­cié­té de mar­ke­ting nu­mé­rique.

Le choc ne s’est pas fait at­tendre. Après l’an­nonce, en jan­vier, de 500 nou­velles mises à pied, soit 18% de l’ef­fec­tif, M. Eckert a ven­du ComF­ree/DuP­ro­prio pour 51M$ au dé­but de juillet. L’ef­fec­tif est pas­sé de 3 000 em­ployés il y a un an, à 1 180.

Cet ar­gent ser­vi­ra à rem­bour­ser des dettes comme l’y obligent cer­taines clauses fi­nan­cières.

La mise en vente des fi­liales Me­dia­tive et Juice sui­vra-t-elle comme le pré­voient cer­tains ana­lystes?

Il est trop tôt pour le dire, mais M. Eckert avait in­di­qué dès l’au­tomne 2017 que « toutes les op­tions » étaient sur la table et que la so­cié­té « se de­vait d’iden­ti­fier ce qui est es­sen­tiel ».

Les gestes concrets qu’il a po­sés de­puis son ar­ri­vée, y com­pris la pro­mo­tion de l’ar­ti­san des sup­pres­sions de coûts, Fran­co Scian­nam­blo, le 19 juillet, à titre de chef de la di­rec­tion fi­nan­cière, re­donnent es­poir que Pages Jaunes puisse s’ex­tir­per d’un long dé­clin, ou à tout le moins se mettre en va­leur.

Son ac­tion a d’ailleurs re­bon­di de 55% en mai, juin et juillet, à un nou­veau som­met an­nuel.

Un nou­vel ac­tion­naire de Los An­geles, Em­py­rean Ca­pi­tal Part­ners, pa­rie que M. Eckert réus­si­ra à re­don­ner de la va­leur à Pages Jaunes, comme il l’avait fait chez l’édi­teur bri­tan­nique d’an­nuaires Hi­bu.

Le fonds d’in­ves­tis­se­ment, fon­dé par deux trans­fuges de Gold­man Sachs en 2004, a dis­crè­te­ment ac­cu­mu­lé 16,6% des ac­tions de Pages Jaunes de­puis le dé­but de l’an­née. Em­py­rean de­vient ain­si le troi­sième ac­tion­naire en im­por­tance der­rière Can­so In­vest­ment Coun­sel, un im­por­tant créan­cier on­ta­rien de Pages Jaunes et le fonds ac­ti­viste Gol­denT­ree As­set Ma­na­ge­ment.

Em­py­rean a ache­té ses ac­tions d’ac­tion­naires heu­reux d’en­cais­ser leurs gains après le re­bond de 199% de l’ac­tion de­puis 14 mois, dont Po­lar As­set Ma­na­ge­ment et Fie­ra Ca­pi­tal.

Deux ana­lystes consul­tés se disent sa­tis­faits de la dé­marche « éner­gique » de M. Eckert pour ré­duire les coûts et la dette, mais ils hé­sitent en­core à ex­tra­po­ler sur les plus ré­cents pro­grès.

Ara­vin­da Ga­lap­pat­thige, de Ca­nac­cord Ge­nui­ty, vient de re­le­ver son cours cible de 9 $ à 12$ après avoir pris connais­sance de la chute de 26% des dé­penses d’ex­ploi­ta­tion et de 80% des dé­penses en ca­pi­tal, au deuxième tri­mestre.

Les fi­nan­ciers notent tou­te­fois l’ab­sence de stra­té­gie à long terme pour ren­ver­ser le dé­clin ra­pide des re­ve­nus nu­mé­riques.

Adam Shine, de Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, est sa­tis­fait de voir Pages Jaunes ali­gner ses dé­penses aux re­ve­nus af­fai­blis, mais le re­cul de 11,5% des re­ve­nus nu­mé­riques et la perte de 12000 clients du plus ré­cent tri­mestre l’in­quiètent.

« La pru­dence s’im­pose, car si l’am­pleur de la ra­tio­na­li­sa­tion étonne, la so­cié­té n’in­dique pas comment elle en­tend frei­ner la baisse ai­guë des re­ve­nus », écrit Adam Shine

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