Une seule nu­tri­tion­niste pour le CSSS

Les Nouvelles Saint-Laurent - - ACTUALITÉS - ste­pha­nie.al­ca­raz-robinson@tc.tc

Des res­sources qui stag­nent Même si les Lau­ren­tiens pèsent de plus en plus lourd sur la balance, les pro­grammes de sou­tien à la nu­tri­tion des CLSC du ter­ri­toire, eux, ne sont pas re­vus à la hausse.

Pour consul­ter une spé­cia­liste en ges­tion de poids à Saint-Laurent, il faut s’ar­mer de pa­tience. Les per­sonnes en si­tua­tion de sur­poids doivent at­tendre plu­sieurs se­maines avant d’ob­te­nir un ren­dez-vous.

C’est qu’il n’y a qu’une seule nu­tri­tion­niste qui des­sert l’en­semble du ter­ri­toire du Centre de san­té et de ser­vices so­ciaux (CSSS) Bor­deauxCar­tier­ville—Saint-Laurent, et ce mal­gré le fait qu’une per­sonne sur deux y souffre de sur­poids.

Le CSSS offre deux pro­grammes dis­tincts pour ceux qui ai­me­raient en­tre­prendre une dé­marche pour cor­ri­ger un pro­blème d’em­bon­point ou d’obé­si­té : le Centre d’édu­ca­tion pour la san­té ( CES) et Choi­sir de mai­grir.

« On n’a qu’une seule nu­tri­tion­niste rat­ta­chée à ces ser­vices-là, ex­plique Da­nielle Thériault, ad­jointe à la di­rec­tion de la pré­ven­tion, des ser­vices gé­né­raux et spé­ci­fiques. Les autres nu­tri­tion­nistes tra­vaillent par exemple au ni­veau de la pé­ri­na­ta­li­té (…) ou avec la clien­tèle hé­ber­gée.» La me­sure du tour de taille du sec­teur n’est pas en­cou­ra­geante.

Les chiffres de l’en­quête TO­PO 2012 me­née par la Di­rec­tion de la san­té pu­blique dé­montrent que sur le ter­ri­toire du CSSS Bor­deaux-Car­tier­ville – Saint-Laurent, 36 % de la po­pu­la­tion souffre d’em­bon­point et 17,5 % d’obé­si­té.

Mal­gré ces chiffres in­quié­tants, le CSSS dit ne pas te­nir compte des spé­ci­fi­ci­tés lo­cales lors­qu’il éla­bore ses pro­grammes de pré­ven­tion et de trai­te­ment du sur­poids.

«Comme la plu­part de nos pro­grammes, ils sont éla­bo­rés à par­tir d’un constat na­tio­nal ou ré­gio­nal. C’est là que les pro­grammes se dé­fi­nissent», ex­plique Mme Thériault.

La DSP af­firme que le sur­poids est un pro­blème de so­cié­té qui mé­rite d’être abor­dé.

«Ce sont les CSSS qui dé­cident de leurs prio­ri­tés et c’est à eux de ju­ger ce qu’est une prio­ri­té. Ils doivent aus­si te­nir compte d’autres réa­li­tés, comme leurs res­sources hu­maines ou fi­nan­cières», ex­plique une porte-pa­role de la DSP.

Se­lon elle, les CSSS doivent te­nir compte des don­nées pu­bliées lors de l’en­quête TO­PO 2012 dans l’éla­bo­ra­tion de leurs po­li­tiques.

Sen­si­bi­li­sa­tion

Le CES est un pro­gramme de pré­ven­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion aux saines ha­bi­tudes de vie. En moyenne, ses usa­gers bé­né­fi­cient de trois ren­contres avec une nu­tri­tion­niste.

C’est le seul pro­gramme of­fert à l’en­semble de la po­pu­la­tion adulte. Il a ac­cueilli 94 par­ti­ci­pants en 2013-2014, contre 118 en 2012-2013.

Le temps d’at­tente pour un pre­mier ren­dez­vous peut os­cil­ler aux alen­tours d’un mois, se­lon France Trem­blay, conseillère-cadre en san­té pu­blique au CSSS.

«Les mé­de­cins connaissent ce ser­vice. Ils peuvent ré­fé­rer les pa­tients, mais ce n’est pas né­ces­saire. Quand nous re­ce­vons une ré­fé­rence, l’édu­ca­trice tente de re­joindre la per­sonne, mais ce sont les mêmes dé­lais», ex­plique-t-elle.

Les usa­gers peuvent éga­le­ment être di­ri­gés vers des nu­tri­tion­nistes dans le sec­teur pri­vé.

Les femmes et les en­fants d’abord

Le pro­gramme Choi­sir de mai­grir est ré­ser­vé uni­que­ment aux femmes. Il vise à amé­lio­rer l’image cor­po­relle des par­ti­ci­pantes. C’est une dé­marche qui dure plus de trois mois. L’an der­nier, il n’a ac­cueilli que 15 femmes. Des pro­grammes sont éga­le­ment of­ferts pour les en­fants – dans les écoles par exemple – afin de mieux les édu­quer. «L’ac­cent est mis sur les jeunes – je ne dis pas qu’il ne faut pas s’oc­cu­per des adultes – mais les ha­bi­tudes de vie que l’on prend jeune, on les garde plus tard», argue Da­nielle Thériault.

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