Les con­seils nu­tri­tion de Char­lotte

Est-il plus dif­fi­cile de perdre du poids à la mé­no­pause?

Les plaisirs MINCEUR de Caty - - SOMMAIRE - Par Char­lotte Ge­rou­det, nu­tri­tion­niste, www.nu­tri­tion­que­bec.com Re­cherche et texte Ra­phaële St-laurent Pel­le­tier

Bouf­fées de cha­leur, in­som­nie, fa­tigue… La mé­no­pause et ses symp­tômes touchent toutes les femmes à un mo­ment ou à un autre. Elle gé­nère aus­si sou­vent une prise de poids qui en dé­cou­rage plus d’une. Mais qu’est-ce qui conduit au gain de poids exac­te­ment, et y a-t-il moyen de le pré­ve­nir ou de l’évi­ter? Char­lotte Ge­rou­det ré­pond à nos ques­tions!

Lorsque la mé­no­pause s’ins­talle, soit vers l’âge de 50 ans en moyenne, les règles et l’ovu­la­tion cessent, et la pro­duc­tion d’oes­tro­gènes chute. La di­mi­nu­tion de ces hor­mones pro­voque des chan­ge­ments phy­sio­lo­giques qui af­fectent dif­fé­rents sys­tèmes, et ce, même si l’on ne mo­di­fie pas nos ha­bi­tudes. In­som­nie, fa­tigue, manque de mo­ti­va­tion pour s’en­traî­ner, en­vies plus fré­quentes de gri­gno­ter... Ce sont tous des exemples de fac­teurs fa­vo­rables au gain de poids pen­dant la mé­no­pause.

Mé­no­pause et prise de poids

La prise de poids due à la mé­no­pause est éva­luée à en­vi­ron 0,5 kg (1 lb) par an­née, jus­qu’à concur­rence de 2 à 4 kg (de 4,5 à 9 lb) au to­tal1, mais elle va­rie énor­mé­ment en fonc­tion de di­vers fac­teurs, comme la gé­né­tique, le ni­veau d’ac­ti­vi­té phy­sique, l’hy­giène de vie, etc. Il est na­tu­rel de prendre un peu de poids pen­dant cette pé­riode; même une femme ac­tive ayant une ali­men­ta­tion équi­li­brée ten­dra vers un lé­ger gain de poids, et ce, sans avoir chan­gé ses ha­bi­tudes.

Par­fois, lors de la mé­no­pause, le poids ne change pas sur la ba­lance, mais on constate tout de même un épais­sis­se­ment gé­né­ral du tour de taille. Ce­la peut s'ex­pli­quer par la perte de masse os­seuse au pro­fit de la masse grais­seuse. En ef­fet, à la mé­no­pause, le sque­lette perd des ré­serves os­seuses, ce qui aug­mente les risques d'os­téo­po­rose. La di­mi­nu­tion d'oes­tro­gène dans le sys­tème, de son cô­té, cause une perte de masse mus­cu­laire (de 1 à 5% de muscles par an­née!), un plus grand dé­pôt de tis­sus adi­peux au ni­veau de l'ab­do­men, un ra­len­tis­se­ment du mé­ta­bo­lisme de base, etc. Même si ces chan­ge­ments ne se re­marquent pas for­cé­ment sur votre pè­se­per­sonne, les risques pour la san­té sont bien pré­sents: si son sque­lette est plus fra­gile, une femme se­ra plus su­jette aux bles­sures, elle au­ra moins en­vie de bou­ger, elle per­dra de la masse maigre, son mé­ta­bo­lisme ra­len­ti­ra, et ain­si de suite.

La mé­no­pause est éga­le­ment ca­rac­té­ri­sée par des chan­ge­ments au ni­veau du sys­tème car­dio­vas­cu­laire. En ef­fet, cette pé­riode est pro­pice à une aug­men­ta­tion du taux de mau­vais cho­les­té­rol, à la di­mi­nu­tion du taux de bon cho­les­té­rol ain­si qu'à l'aug­men­ta­tion de la pres­sion ar­té­rielle, soit d'im­por­tants fac­teurs de risque pour les ma­la­dies car­diaques, les­quelles sont en hausse chez la femme mé­no­pau­sée.

Tous ces chan­ge­ments font en sorte qu'à la mé­no­pause, il est es­sen­tiel de mi­ser sur une saine ali­men­ta­tion ain­si que sur la pra­tique ré­gu­lière d'ac­ti­vi­té phy­sique (sans né­gli­ger le vo­let mus­cu­laire!) afin d'évi­ter de cu­mu­ler un sur­plus éner­gé­tique et de fa­vo­ri­ser une bonne san­té glo­bale.

Des ef­forts qui valent le coup

Une mo­di­fi­ca­tion de ses ha­bi­tudes ali­men­taires et la pra­tique d'exer­cices car­dio­vas­cu­laires et mus­cu­laires (ren­for­ce­ment) sont es­sen­tiels pour contrô­ler sa sil­houette. Il peut sem­bler plus ar­du de perdre du poids avec l'âge ou en­core peu sti­mu­lant de pra­ti­quer de l'ac­ti­vi­té phy­sique lorsque l'on a moins de force, que l'in­som­nie in­fluence notre éner­gie gé­né­rale ou que l'on vit du stress. Mais évi­tez de vous dé­cou­ra­ger! Si vous êtes vi­gi­lante et que vous ac­cep­tez ce chan­ge­ment tem­po­raire, le poids risque d'aug­men­ter un pe­tit peu, puis de re­des­cendre et de se sta­bi­li­ser par la suite. En ef­fet, la mé­no­pause se com­pare un peu à la pu­ber­té chez la jeune femme qui prend par­fois un peu de poids à l'ado­les­cence, puis qui fi­nit par le perdre au dé­but de l'âge adulte. Après la mé­no­pause, une femme a en­core plu­sieurs belles an­nées de­vant elle pour perdre du poids, puis pour main­te­nir ses ac­quis par la suite. Le poids ga­gné à la mé­no­pause peut prendre plus de temps à perdre qu'avant, mais re­te­nez qu'il est pos­sible de le faire. Gar­dez le cap dans l'op­tique de main­te­nir un poids stable à long terme, de conser­ver vos muscles, de pré­ser­ver votre sque­lette et de bé­né­fi­cier d'une bonne san­té glo­bale. Re­te­nez aus­si que l'ob­jec­tif de pré­ve­nir ou de li­mi­ter un gain de poids est aus­si louable que d'en perdre.

Il est pos­sible que cer­taines femmes do­tées d'une gé­né­tique ex­cep­tion­nelle ne prennent pas de poids à la mé­no­pause. Celles qui ont une hy­giène de vie im­pec­cable (au­cun pro­blème de san­té, pra­tique ré­gu­lière d'ac­ti­vi­té phy­sique, som­meil de qua­li­té, saine ali­men­ta­tion, mode de vie ac­tif de­puis tou­jours, etc.) y échappent aus­si dans cer­tains cas.

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