Tra­ver­sée : chaque an­née, les émo­tions re­viennent

L'Etoile du Lac - - OPINIONS -

Je n’en suis pas à ma pre­mière Tra­ver­sée in­ter­na­tio­nale du lac St-Jean. De­puis que je me suis ins­tal­lé à Ro­ber­val, j’ai eu l’oc­ca­sion de suivre à de nom­breuses re­prises la com­pé­ti­tion de nage en eau libre. Avec le temps et l’ex­pé­rience, cer­tains pour­raient pen­ser qu’on se lasse de cou­vrir les évé­ne­ments qui re­viennent an­née après an­née. Pour­tant, il n’en est rien.

Quoique, je dois avouer que cette an­née, je n’avais pas de grandes at­tentes pour cette 59e tra­ver­sée. Plu­sieurs na­geurs étaient ab­sents, par­ti­ci­pant aux cham­pion­nats du monde FI­NA qui se dé­rou­laient en même temps. Je n’étais pas très en­thou­siaste.

Et pour­tant, ce fut tout le contraire, l’une des meilleures tra­ver­sées que j’ai cou­vertes de­puis long­temps.

Tout a com­men­cé par le 10 ki­lo­mètres FI­NA. C’est tou­jours im­pres­sion­nant de voir évo­luer les na­geurs de près dans la rade de Ro­ber­val. Comme jour­na­liste, j’ai eu un ac­cès pri­vi­lé­gié à quelques mètres seule­ment des na­geurs. C’est im­pres­sion­nant de les voir na­ger en pe­lo­ton. Je lève mon cha­peau à Fré­dé­ric Gi­rard, de Ro­ber­val, qui a pris le dé­part. Il n’était pas dans la course à la vic­toire, mais sa per­sé­vé­rance est re­mar­quable. Il a même pu se clas­ser of­fi­ciel­le­ment, soit en ter­mi­nant moins de 30 mi­nutes après le ga­gnant.

Marathon de la re­lève

Il y avait peu de na­geurs au Marathon de la re­lève cette an­née. Mais, on en avait trois qui pro­ve­naient de Ro­ber­val et de Ma­sh­teuiatsh. Ma­thieu Pa­rent est de­ve­nu le pre­mier Ro­ber­va­lois à rem­por­ter l’épreuve en 21 ans d’his­toire.

Pour leur part, Alexann Pe­ti­quay et Si­mon B. Lau­nière de Ma­sh­teuiatsh sont aus­si de­ve­nus les pre­miers In­nus (se­lon les re­cherches ef­fec­tuées par Chantale Pot­vin) à com­plé­ter l’épreuve. Ils sont des exemples à suivre pour les jeunes de cette na­tion.

La tra­ver­sée

Lors du règne de Pe­tar Stoye­chev, on se de­man­dait si le Bul­gare al­lait être en me­sure de l’em­por­ter et de battre le re­cord du plus grand nombre de vic­toires com­pé­ti­tives.

Mais, avec le temps, la rou­tine s’ins­talle comme dans un vieux couple. L’an­née der­nière, Pe­tar Stoy­chev se concen­trant sur les Jeux olym­piques, la porte était ou­verte et on a pu voir un nou­veau roi de Pie­kou­ga­mai, Trent Grim­sey. C’était comme une nou­velle re­la­tion qui s’amor­çait.

Mais, comme il n’était pas de re­tour, la porte était en­core une fois ou­verte. J’avais mis mes es­poirs en To­mi Ste­fa­novs­ki. L’an der­nier, il s’en était fal­lu de peu pour qu’il l’em­porte. Mes col­lègues jour­na­listes réunis dans la salle de presse dou­taient de ma pré­dic­tion. À 42 ans, on ne croyait pas vrai­ment qu’il pou­vait l’em­por­ter. Je dois l’avouer, mon choix re­po­sait da­van­tage sur l’ins­tinct que sur les statistiques. Et l’ave­nir m’au­ra don­né rai­son.

La course au­ra été chaude alors que cinq na­geurs ont ter­mi­né à l’in­té­rieur de la même mi­nute. En­core une fois, un Qué­bé­cois Xa­vier De­shar­nais au­ra pas­sé bien près de la vic­toire, mais il au­ra dû s’avouer vain­cu.

Sou­li­gnons aus­si la per­for­mance de Sa­bry­na La­voie. L’Al­ma­toise est toute pe­tite et a pour­tant réus­si à tra­ver­ser le lac St-Jean en neuf heures. C’est un bel exemple de dé­pas­se­ment de soi.

Fi­na­le­ment, la le­çon à ti­rer, c’est que la Tra­ver­sée, c’est tou­jours ex­ci­tant. Un évé­ne­ment dont on ne se tanne pas!—

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