Le Hap­ki­do

L'Etoile du Lac - - HÉLÈNE ESSAIE... - HÉ­LÈNE GA­GNON he­lene.ga­gnon@tc.tc

CHRO­NIQUE. Je suis sor­tie de ma zone de confort, cette se­maine. C’est lors de ces mo­ments d’in­con­fort que nous pou­vons dé­cou­vrir nos ca­pa­ci­tés au­tant phy­siques que men­tales.

Je ne sa­vais que très peu de choses sur le Hap­ki­do. J’avais été avi­sée que c’était de l’au­to­dé­fense. J’étais à l’aise d’y par­ti­ci­per, car je sa­vais qu’il pou­vait y avoir un ap­pren­tis­sage in­té­res­sant der­rière cette ac­ti­vi­té.

Je ne me suis pas trom­pée. C’est une dis­ci­pline qui est en­core très peu connue dans la ré­gion. À Ro­ber­val, le cours est of­fert de­puis la mi-sep­tembre à l’aca­dé­mie de Taek­won­do. Lors de ma pré­sence, il y avait quelques élèves, tous adultes et ma­jo­ri­tai­re­ment des hommes.

Quand on parle d’arts mar­tiaux, on pense aux Bruce Lee de ce monde. Pour­tant, en très peu de temps, j’ai réus­si à faire des choses que je ne pen­sais pas être ca­pables.

Je ne m’étais ja­mais po­sée la ques­tion : en cas d’agres­sion, est-ce que je se­rais en me­sure de me dé­fendre? De­puis plus d’une se­maine, on parle de femmes qui se sont re­trou­vées dans la po­si­tion de vic­time. Dans un pa­reil cas, j’en viens à me dire qu’avec une pe­tite com­pré­hen­sion du Hap­ki­do, on peut fa­ci­le­ment ren­ver­ser la va­peur et avoir le contrôle sur l’agres­seur.

On ne blesse pas. On in­flige une dou­leur en main­te­nant des ar­ti­cu­la­tions ou en ap­puyant sur des points de pres­sion. Bref, un pe­tit ga­ba­rit peut fa­ci­le­ment avoir le des­sus sur une ar­moire à glace de 6 pi et de 250 lb s’il ap­puie au bon en­droit. La preuve: j’ai mis Maître Karl au ta­pis (ta­ta­mi), et ce, mal­gré toutes ses connais­sances des arts mar­tiaux.

J’ai ap­pris quelques clés de poi­gnet et de bras. J’ai pra­ti­qué les coups de poing et les coups de ge­nou. J’ai ap­pris à tom­ber et à rou­ler. Bien n’en­ten­du, je n’avais pas la flui­di­té de mon ins­truc­teur.

En Hap­ki­do, on doit tou­jours être sur le qui-vive. On doit agir ra­pi­de­ment pour soit maî­tri­ser l’agres­seur ou pour le dé­rou­ter et prendre la fuite. Il y a des com­bi­nai­sons de mou­ve­ments à l’in­fi­ni, mais il y a des mou­ve­ments brusques et simples. On ne pra­tique pas pour bles­ser, mais pour maî­tri­ser la si­tua­tion.

Je ne pen­sais pas ar­ri­ver à quoi que ce soit avec cet es­sai. En très peu de temps, j’ai pris de la confiance. J’ai com­pris que je pou­vais avoir le contrôle. Pour une ini­tiée, je me sen­tais en confiance et en sé­cu­ri­té. Le fait d’être sur un ta­ta­mi et d’être gui­dée par Ser­gio et Maître Karl, me per­met­tait d’être à l’aise. Pas ques­tion de bles­ser l’autre, il y a une no­tion de confiance et d’en­traide.

Je n’au­rais pas été por­tée à es­sayer cette dis­ci­pline, mais j’ai vrai­ment ap­pré­cié cet ap­pren­tis­sage. Le simple fait de sa­voir que nous pou­vons nous dé­fendre en cas d’agres­sion est ras­su­rant.

Il ne faut pas avoir peur d’oser. Des femmes et des en­fants peuvent même s’ini­tier à cette dis­ci­pline qui peut être d’une grande uti­li­té au­tant lors d’une si­tua­tion d’agres­sion, que pour se dé­ve­lop­per sur le plan per­son­nel.

(Pho­to TC Me­dia)

Notre jour­na­liste a fait sor­tir la guer­rière qui som­meille en elle.

(Pho­to TC Me­dia)

Lors de cette ac­ti­vi­té, j’ai ac­quis plu­sieurs tech­niques.

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