Les des­sous d’une com­pé­ti­tion de mo­to­neige

L'Etoile du Lac - - SPORTS - JEAN-PAUL AS­SE­LIN re­dac­tion_­ro­ber­val@tc.tc

Fes­ti­val d’hiver de Ro­ber­val

SNOCROSS. Lors de notre pas­sage au Vil­lage sur Glace de Ro­ber­val, le sa­me­di 4 mars, nous en avons pro­fi­té pour nous at­tar­der der­rière la fa­çade des courses, en com­pa­gnie de pas­sion­nés qui tra­vaillent dans l’ombre d’une com­pé­ti­tion de mo­to­neige.

Notre pre­mier ar­rêt fut près d’un mé­ca­ni­cien d’ex­pé­rience. Ce der­nier, mal­gré le vent et le froid in­tense, s’af­fai­rait à chan­ger une cour­roie d’em­brayage, mains nues.

« Nous gar­dons tous nos se­crets ser­vant à rendre notre ma­chine plus per­for­mante que celle des com­pé­ti­teurs. Es­sai, es­sai et es­sai font par­tie de notre tra­vail. Nous sommes les pen­seurs alors que les conduc­teurs sont les exé­cu­tants. Lorsque le cou­reur re­vient de la piste, il doit tou­jours faire un rap­port dé­taillé de ce qu’il a res­sen­ti lors de la conduite et sur­tout de ce qui ne lui a pas plu afin que l’on trouve une so­lu­tion. Es­sai, es­sai et suc­cès est notre mot d’ordre, » a men­tion­né Serge As­se­lin, mé­ca­ni­cien de­puis plus de 25 ans pour l’équipe As­se­lin Ra­cing re­grou­pant plu­sieurs cou­reurs.

L’amour des com­pé­ti­tions lui vient de son tout jeune âge alors que son père Léo, ven­deur automobile, a été l’un des pre­miers à tra­cer le par­cours du Rallye de Chi­bou­ga­mau, rallye qu’il a lui-même com­plé­té en 1973. « Il nous faut tra­vailler dans des condi­tions par­fois dif­fi­ciles et très ra­pi­de­ment. Je me sou­viens que nous avons re­mon­té un mo­teur en 32 mi­nutes à quatre mé­ca­ni­ciens alors que la com­pa­gnie al­louait six heures pour le faire. Cha­cun sa­vait quoi faire et comment le faire, dans un si­lence com­plet. Ce fut un réel suc­cès. Il nous faut voir cha­cune des pe­tites choses rap­por­tées par le cou­reur et qui peuvent aug­men­ter la per­for­mance du bo­lide. En­tre­tien, ré­pa­ra­tion, vé­ri­fi­ca­tion sont par­tie in­té­grante de notre tra­vail, que ce soit de jour ou de nuit. Lorsque le cou­reur dé­marre sa ma­chine, il se doit d’être en confiance et c’est notre rôle prin­ci­pal », de nous avouer Serge.

Lorsque ques­tion­né sur l’évo­lu­tion des ma­chines d’hier à au­jourd’hui, un large sou­rire est ap­pa­ru. Au­tre­fois, on s’achar­nait sur les sus­pen­sions. Ce n’est plus le cas au­jourd’hui et pour dé­ter­mi­ner de gros pro­blèmes à so­lu­tion­ner, il faut cher­cher dans l’his­to­rique d’une ma­chine.

LE RES­PON­SABLE DE LA PISTE, UN OEIL SUR TOUT

Un autre mor­du, pour ne pas uti­li­ser le terme ma­niaque, Claude Trem­blay, est im­pli­qué avec la mo­to­neige et son en­tou­rage de­puis 27 ans. Il a été de la toute pre­mière ex­pé­di­tion Har­ri­ca­na.

« J’aime la mo­to­neige; les courses, c’est ma pas­sion et celle de toute l’équipe de bé­né­voles que je di­rige. J’ai été pré­sident du Fes­ti­val pen­dant six ans et de­puis, je conti­nue à m’im­pli­quer en sur­veillant la qua­li­té de la glace et en l’amé­lio­rant afin de fa­ci­li­ter les courses. Je suis un adepte de la mo­to­neige sur­tout hors sen­tier. J’éprouve la sa­tis­fac­tion du de­voir ac­com­pli et je suis fier de pou­voir me­ner à bonne fin les tra­vaux de­man­dés », af­firme-t-il.

Et d’ajou­ter : « Lorsque des com­pé­ti­teurs viennent des États-unis, de l’on­ta­rio ou d’ailleurs et nous com­pli­mentent sur la qua­li­té de nos ins­tal­la­tions, prin­ci­pa­le­ment le cir­cuit sur le­quel ils évo­luent, c’est notre ré­com­pense et notre adré­na­line nous per­met­tant de conti­nuer an­née après an­née. »

(Pho­to TC Media – Jean-paul As­se­lin)

Un mé­ca­ni­cien à l’oeuvre, mains nues mal­gré le froid.

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