Le bon­heur d’être au vo­lant d’une sur­fa­ceuse

L'Etoile du Lac - - ACTUALITÉS - DE­NIS HUDON re­dac­tion.dol­beau@tc.tc

Ro­ger Gre­nier du Re­lais des buttes

MOTONEIGE. Si les mo­to­nei­gistes peuvent em­prun­ter de beaux sen­tiers et rou­ler en toute sé­cu­ri­té, c’est qu’il y a des pro­fes­sion­nels qui veillent au grain. Ro­ger Gre­nier est l’un de ces conduc­teurs de sur­fa­ceuses pour le club Re­lais des buttes de Saint­fé­li­cien. À rai­son de trois fois par se­maine, il sillonne des cen­taines de ki­lo­mètres de sen­tiers pour le confort, le plai­sir et la sé­cu­ri­té des usa­gers.

À la re­traite de­puis une di­zaine d’an­nées, ce mé­ca­ni­cien de pro­fes­sion et opé­ra­teur de ma­chi­ne­rie fo­res­tière se re­trouve au­jourd’hui der­rière le vo­lant d’une sur­fa­ceuse.

« C’est un re­tour cette an­née pour moi, après cinq ans d’ab­sence. Je suis l’homme le plus heu­reux du monde à bord d’une sur­fa­ceuse. Quand on m’a de­man­dé en jan­vier si je vou­lais re­ve­nir comme opé­ra­teur, j’ai dit oui tout de suite », ra­conte-t-il. Je suis l’homme le plus heu­reux du monde à bord d’une sur­fa­ceuse. » —Ro­ger Gre­nier

Le club dis­pose de deux sur­fa­ceuses, l’une qui fait les sen­tiers au sud de la ri­vière Ashuap­mu­shuan jus­qu’à Ro­ber­val et Ma­sh­teuiatsh, l’autre qui en­tre­tient les sen­tiers du cô­té nord jus­qu’à Dol­beau-mis­tas­si­ni.

Ro­ger Gre­nier s’oc­cupe de ce deuxième sec­teur, en­vi­ron 80 ki­lo­mètres de sen­tiers. Il ef­fec­tue trois sorties par se­maine gé­né­ra­le­ment, pour une moyenne de 8 à 10 h de tra­vail par sor­tie.

« Nous pas­sons la sur­fa­ceuse sur­tout le soir. Il y a moins de mo­to­neiges dans les sen­tiers, c’est donc beau­coup plus sé­cu­ri­taire, sur­tout pen­dant la se­maine. C’est un peu dif­fé­rent la fin de se­maine. Lors­qu’il y a des mo­to­neiges le soir, tout le monde roule les phares al­lu­més, on les voit beau­coup mieux. Et le jour, les pay­sages sont ma­gni­fiques, on y croise quelques ani­maux comme le lièvre ou le che­vreuil et même par­fois des re­nards », ra­conte cet amant de la na­ture.

L’EN­NE­MI DES SEN­TIERS

Il faut dire qu’à une vi­tesse va­riant de 12 à 15 km/heure, Ro­ger Gre­nier a tout le temps vou­lu pour voir du pay­sage. Il doit tou­te­fois res­ter concen­tré et s’ajus­ter constam­ment à l’état des pistes, se­lon les ca­prices de Dame Na­ture. « Le temps doux est le pire en­ne­mi. À -15 ou -20 de­grés Cel­sius, c’est l’idéal, mais même un froid de -30 de­grés et plus, c’est ex­cellent pour les pistes. La sur­fa­ceuse tra­vaille mieux dans ce temps-là », ex­plique-t-il.

Autre élé­ment de la na­ture qui fait la vie dure aux sen­tiers est le vent, sur­tout en ter­rain vague où rien ne peut l’ar­rê­ter. « La neige s’en­tasse ra­pi­de­ment et dé­grade les sen­tiers. En re­ve­nant sur nos pas au re­tour, c’est comme si le sen­tier n’avait pas été grat­té », ob­serve Ro­ger Gre­nier.

Il trouve d’ailleurs que les mo­to­nei­gistes sont pour la plu­part très cour­tois lors­qu’il en croise. « La sur­fa­ceuse couvre en­vi­ron 10 pieds de large, il ne reste que 2 pieds pour faire pas­ser une motoneige. Cha­cun fait sa part pour lais­ser le plus de place pos­sible », dit-il en­core. Les sur­fa­ceuses du Re­lais des buttes ef­fec­tuent en­vi­ron 400 heures par hi­ver.

(Pho­to TC Me­dia – De­nis Hudon)

Ro­ger Gre­nier opère l’une des deux sur­fa­ceuses du club de motoneige Re­lais des buttes de Saint-fé­li­cien.

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