Le der­nier ca­deau de Na­dam

L'Etoile du Lac - - LA UNE - HÉLÈNE GA­GNON he­lene.ga­gnon@tc.tc

Joie et tris­tesse au Zoo Sau­vage de Saint-fé­li­cien

ANI­MAUX. Les em­ployés du Zoo Sau­vage de Saint-fé­li­cien au­ront connu un mois de mars fort en émo­tion. L’équipe au­ra vu naître deux cha­me­lons, mais au­ra éga­le­ment vé­cu le dé­cès d’une pen­sion­naire ai­mée de l’en­semble de l’équipe.

Au dé­but mars, les fe­melles Al­taï et Na­dam ont été trans­fé­rées à la cli­nique vé­té­ri­naire, car la mise bas de leur pe­tit était pré­vue sous peu. Le trans­fert per­met­tait aux cha­meaux de Bac­triane de don­ner nais­sance à la cha­leur et de de­meu­rer aux bons soins de l’équipe de san­té ani­male.

C’est Al­taï, une fe­melle de 11 ans qui a don­né nais­sance en pre­mier à son pe­tit, le 13 mars 2017. Il s’agis­sait du 4e pe­tit d’al­taï.

Le 23 mars au ma­tin, un tout autre scé­na­rio s’est amor­cé pour Na­dam, âgée de 12 ans. La mise bas fut dif­fi­cile. Rien ne lais­sait pré­sa­ger que des pro­blèmes sur­vien­draient après cinq mises bas sans dif­fi­cul­té. Il s’agis­sait de la 6e mise bas de Na­dam.

« Il a fal­lu ai­der le pe­tit à naître puisque la fe­melle n’y ar­ri­vait pas par elle-même, le bé­bé était très gros. La vé­té­ri­naire, Stéphanie Gre­nier­la­roche croyait que le cha­me­lon était mort-né. Quand il a bou­gé, elle était sou­la­gée. Ras­su­rés par le sort de la fe­melle qui ve­nait de naître, les spé­cia­listes se sont tour­nés vers la mère, Na­dam, qui n’al­lait pas bien du tout. Elle était in­ca­pable de se le­ver, ce qui dans le cas de gros ani­maux n’est vrai­ment pas en­cou­ra­geant », ex­plique la di­rec­trice vo­let conser­va­tion et édu­ca­tion du Zoo, Ch­ris­tine Ga­gnon.

Pen­dant deux jours, une équipe de plu­sieurs per­sonnes a tout fait pour sau­ver Na­dam.

Mal­gré tous les ef­forts dé­ployés par l’équipe, Na­dam est morte ven­dre­di 24 mars vers 14 h 30 des suites de com­pli­ca­tions liées à la mise bas.

UNE NOU­VELLE MA­MAN

« Voyant que le pro­nos­tic de Na­dam n’était pas bon et dans l’in­ca­pa­ci­té de celle-ci de s’oc­cu­per de sa pro­gé­ni­ture, l’équipe de soins a dé­ci­dé de ten­ter le tout pour le tout et d’in­tro­duire le nou­veau-né à Al­taï qui avait eu son pe­tit seule­ment 10 jours au­pa­ra­vant. Contrai­re­ment à la douce Na­dam, Al­taï a un tem­pé­ra­ment plus agres­sif. Sen­tait-elle l’ur­gence de la si­tua­tion? Nous ne le sau­rons ja­mais, mais le fait est qu’elle a gen­ti­ment sen­ti la pe­tite quand la tech­ni­cienne en san­té ani­male la lui a pré­sen­tée par la porte com­mu­ni­cante en­tre­bâillée. Quelques mi­nutes plus tard, la nou­velle fe­melle re­joi­gnait Al­taï et sa de­mi-soeur, sur ses jambes fla­geo­lantes. Al­taï ac­cep­tait la fe­melle. Tous ont pous­sé un sou­pir de sou­la­ge­ment. Après la mort de Na­dam, c’était ce qui pou­vait ar­ri­ver de mieux au nou­veau-né, une mère adop­tive. Ain­si, elle ap­pren­dra ce qu’est être un cha­meau », sou­ligne Mme Ga­gnon.

Un concours se­ra lan­cé sous peu pour trou­ver un nom à la fe­melle d’al­taï. À la de­mande des em­ployés, la fe­melle de Na­dam por­te­ra le nom de sa mère.

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Les deux pe­tits cha­me­lons avec Al­taï.

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