Tous vos sta­tuts pour­ront être re­te­nus contre vous

L'Etoile du Lac - - ACTUALITÉS - HÉ­LÈNE GAGNON he­lene.gagnon@tc.tc

Les mé­dias so­ciaux : piège des temps mo­dernes

VIE PRI­VÉE. La grande ma­jo­ri­té des gens uti­lisent les ré­seaux so­ciaux tels Fa­ce­book ou Snap­chat. Bien que plu­sieurs se croient pro­té­gés, nul n’est à l’abri. De plus en plus de ju­ristes aver­tissent leurs clients de ne pas lais­ser dé­fer­ler leur état d’âme sur les ré­seaux so­ciaux, car sur la toile, tout est pu­blic.

Pour Me Jo­na­than La­voie, il de­vient né­ces­saire que de la sen­si­bi­li­sa­tion soit faite au­près de la po­pu­la­tion en gé­né­ral.

« Les gens n’ont pas conscience des im­pacts que peut avoir une pu­bli­ca­tion. Il y a plu­sieurs per­sonnes qui se mé­prennent en men­tion­nant que leur pro­fil est pri­vé. Ce n’est pas le cas. Aus­si­tôt que les gens ac­ceptent les condi­tions de Fa­ce­book, ça de­vient du do­maine pu­blic. Même les pa­ra­mètres de confi­den­tia­li­té ne sont pas tant confi­den­tiels, car Fa­ce­book uti­lise ces don­nées pour faire de la pu­bli­ci­té vi­sée et ain­si des pro­fits », men­tionne Me La­voie.

En ma­tière de droit, les pu­bli­ca­tions Fa­ce­book sont de plus en plus ac­cep­tées comme preuve de­vant la Cour. Quelques causes se règlent uni­que­ment avec une pu­bli­ca­tion Fa­ce­book en preuve. Il faut qu’il y ait plus d’édu­ca­tion en la ma­tière, et ce, dès le plus jeune âge. » —Me Jo­na­than La­voie

« Les gens ne com­prennent pas la puis­sance que peuvent avoir les mots, mais sur­tout la puis­sance d’un ou­til de dif­fu­sion comme Fa­ce­book. En droit civil, prin­ci­pa­le­ment en ma­tière d’at­teinte à la ré­pu­ta­tion et dif­fa­ma­tion, les dom­mages sur Fa­ce­book sont éva­lués en fonc­tion de la dif­fu­sion. C’est l’un des dan­gers des ré­seaux so­ciaux, car on peut re­joindre un grand nombre de per­sonnes en quelques clics. Une pu­bli­ca­tion peut ra­pi­de­ment prendre une autre di­men­sion en rai­son de sa dif­fu­sion. Entre par­ta­ger ses états d’âme en mes­sage pri­vé à un ami ou faire une pu­bli­ca­tion sur une page de type Spot­ted, il y a une énorme dif­fé­rence », affirme Jo­na­than La­voie.

ET LES JEUNES?

Pour Me La­voie, il est clair que les gens prennent à la lé­gère les propos qu’ils tiennent. Ils ne sont vrai­ment pas conscients des ré­per­cus­sions. En ma­tière de jeunes contre­ve­nants, ils sont de plus en plus nom­breux à faire face à la justice à la suite d’une mau­vaise uti­li­sa­tion des ré­seaux so­ciaux.

« On voit de plus en plus de cas de por­no­gra­phie ju­vé­nile en lien avec le par­tage de photos à ca­rac­tère sexuel. Les jeunes ne sont pas conscients qu’ils ont une arme au bout des doigts. Que ce qui pour eux était une simple plai­san­te­rie est en fait un acte grave ré­pri­man­dé par la loi », sou­ligne Me La­voie.

Il ne faut pas ou­blier qui y a tou­jours une trace. Alors que cer­tains jeunes croient que l’image fi­nit par dis­pa­raître, ce n’est pas le cas. Les cap­tures d’écran et les par­tages peuvent per­mettre à l’in­for­ma­tion de pour­suivre son voyage.

« Il est dé­fi­ni­ti­ve­ment im­por­tant d’édu­quer les gens au dan­ger. Per­sonne n’est pro­té­gé. Fa­ce­book, ce n’est pas un jour­nal in­time. Ce que nous pen­sons pri­vé ne l’est pas. Les cas d’usur­pa­tion d’iden­ti­té sont nom­breux, mais le cô­té pu­blic de Fa­ce­book fait en sorte que les vic­times n’ont pas de re­cours. Les gens consentent à par­ta­ger leur vie pri­vée avec le reste du monde », lance-t-il.

De plus en plus, les po­li­ciers et les ju­ristes uti­lisent Fa­ce­book afin de col­lec­ter des don­nées. « Fa­ce­book peut être un bon ou­til, mais il n’en de­meure pas moins qu’il s’agit d’un ou­til à double tran­chant qui est trop sou­vent uti­li­sé à mau­vais es­cient. C’est dom­mage! », conclut Me La­voie.

(Photo TC Me­dia – Hé­lène Gagnon)

Me Jo­na­than La­voie soutient que les avo­cats se servent de plus en plus des pro­fils Fa­ce­book en preuve.

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