La pas­sion de Luc Lau­zon pour le Ti­ta­nic

Au­teur d’un livre élec­tro­nique

L'Etoile - - NOUVELLES RÉGIONALES - STÉ­PHANE FOR­TIER JOUR­NA­LISTE sfor­tier@heb­dos­du­su­roit.com

RI­GAUD— Le Ri­gau­dien Luc Lau­zon vient tout juste d’édi­ter le livre élec­tro­nique en Po­wer­Point Ta­nia et le Ti­ta­nic. Qui a pré­ten­du que le Ti­ta­nic était in­sub­mer­sible? Le na­vire était-il plus in­sub­mer­sible que ceux de son époque? Pour­quoi les vi­gies n’ont pas aper­çu l’ice­berg à temps? Au­rait-on pu sau­ver le na­vire après la col­li­sion? Dans cet ou­vrage, on ob­tient la ré­ponse à ces ques­tions.

Ceux qui li­ront ces lignes di­ront peut-être « Voyons donc! Tout a été dit à ce su­jet. » Or, de l’in­for­ma­tion er­ro­née a été rap­por­tée au su­jet du nau­frage du Ti­ta­nic, no­tam­ment dans le film de James Ca­me­ron en 1997. On se sou­vien­dra entre autres de la fa­meuse qua­trième che­mi­née cra­chant sa fu­mée de plus belle alors qu’elle était fac­tice et seule­ment es­thé­tique. À l’époque, plus un na­vire ar­bo­rait de che­mi­nées, plus il pa­rais­sait puis­sant.

Le film de James Ca­me­ron a fas­ci­né Luc Lau­zon. C’est en y re­le­vant plu­sieurs er­reurs du genre qu’il a dé­ci­dé de ré­ta­blir les faits.

« Ras­su­ré par la pu­bli­ci­té de laW­hite Star pré­ten­dant que le Ti­ta­nic était in­sub­mer­sible, le ca­pi­taine Smith a fon­cé à vi­tesse maxi­male afin d’éta­blir un nou­veau re­cord de vi­tesse pour la tra­ver­sée de l’At­lan­tique. Après la col­li­sion avec l’ice­berg (bien re­pré­sen­tée dans tous les films), il a in­for­mé tous ses of­fi­ciers de la gra­vi­té de la si­tua­tion et son unique opé­ra­teur ra­dio a im­mé­dia­te­ment en­voyé un SOS. L’opé­ra­teur ra­dio Ha­rold Cot­tham a cap­té le mes­sage de dé­tresse. C’est pour­quoi le Car­pa­thia est ar­ri­vé le pre­mier à la po­si­tion in­di­quée par le SOS », ra­conte Luc Lau­zon, ajou­tant qu’il s’agit de croyances.

La vé­ri­té? « D’abord, un in­cen­die a fait rage à bord du Ti­ta­nic. Mal­gré le manque fla­grant de ca­nots de sau­ve­tage, ces der­niers n’ont été rem­plis qu’à 60% de leur ca­pa­ci­té. Les pas­sa­gers ne se sont pas rués vers les pre­miers ca­nots dis­po­nibles : ils étaient plu­tôt ré­ti­cents, et les of­fi­ciers ont dû faire preuve de per­sua­sion pour les convaincre d’y mon­ter. Le ca­not nu­mé­ro un a été mis à l’eau avec seule­ment deux femmes à bord. Deux jours après le dé­sastre, cer­tains jour­naux af­fi­chaient en­core à la une que tous les pas­sa­gers avaient été sau­vés », ex­plique Luc Lau­zon. Qui dit mieux?

En 2009, il a vi­si­té l’exposition Ti­ta­nic à Mon­tréal. Il dit avoir ap­pré­cié sa vi­site, mais a quand même no­té quelques er­reurs ici et là.

Une pas­sion in­née

La vie ré­serve par­fois de drôles de ha­sards. Comment une pas­sion peut-elle naître chez une per­sonne? « Ma mar­raine est née en 1912, quelques mois après le nau­frage du cé­lèbre pa­que­bot de laW­hite Star, de dire Luc Lau­zon. Je m’in­té­resse donc au Ti­ta­nic de­puis tou­jours. En 1977, je suis de­ve­nu membre de la so­cié­té amé­ri­caine Ti­ta­nic His­to­ri­cal So­cie­ty. D’ailleurs, pour le tour­nage du Ti­ta­nic en 1997, James Ca­me­ron a fait ap­pel aux di­ri­geants de cette so­cié­té en tant que consul­tants. »

Autre ha­sard : l’an­née de la nais­sance de Luc Lau­zon, en 1949, le der­nier des pa­que­bots à quatre che­mi­nées, l’Aqui­ta­nia, est en­voyé à la casse et le na­vire de croi­sière No­ro­nic est la proie des flammes à To­ron­to. En­fant, Luc Lau­zon échappe à la noyade dans des eaux gla­cées. « À neuf ans, mes pa­rents m’ont ame­né à Mon­tréal pour une croi­sière de quelques heures sur le fleuve Saint-Laurent. Sur le pont du Is­land King, mon at­ten­tion ne por­tait que sur les ca­nots de sau­ve­tage. En­core un épi­sode de plus à ma pas­sion pour les na­vires », ra­conte l’au­teur.

En 1977, il fait l’ac­qui­si­tion d’un mo­dèle ré­duit du cé­lèbre na­vire. Mais c’est dans la boîte du fa­bri­cant d’En­tex (un dé­con­ges­tion­nant) qu’il trouve un bout de pa­pier qui chan­ge­ra sa vie : une in­vi­ta­tion à joindre la Ti­ta­nic His­to­ri­cal So­cie­ty. Cette so­cié­té amé­ri­caine per­pé­tue la­mé­moire du Ti­ta­nic et de ses contem­po­rains. Luc Lau­zon ne perd pas de temps : il rem­plit le do­cu­ment et de­vient­membre de cette or­ga­ni­sa­tion.

Son ou­vrage est en vente en ligne par la Fon­da­tion lit­té­raire Fleur de Lys de La­val, au http://www.ma­nus­crit­de­pot.com /a.lucas.1.htm. On y trouve une courte bio­gra­phie (avec photos). Il est pos­sible de té­lé­char­ger gra­tui­te­ment un aper­çu du livre.

Pour­quoi Ta­nia? La fille unique de Luc Lau­zon se pré­nomme Ta­nia. La si­mi­li­tude entre les noms Ta­nia et Ti­ta­nic ne peut être ac­ci­den­telle, n’est-ce pas?

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L’au­teur de Ta­nia et le Ti­ta­nic et son épouse, Es­thel Gil Pe­ral­ta, de la Ré­pu­blique do­mi­ni­caine.

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Luc Lau­zon, alors âgé de 28 ans, et sa ma­quette du Ti­ta­nic.

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