Le père de Na­tha­lyr­mène Rousseau est sain et sauf

Une nou­velle ré­jouis­sante

L'Etoile - - HAÏTI : RÉPERCUSSIONS ET ANGOISSE - STÉ­PHANE FOR­TIER JOUR­NA­LISTE sfor­tier@heb­dos­du­su­roit.com

VAU­DREUIL-DO­RION — Na­tha­lyr­mène Rousseau, cette jeune Vau­dreuilloise qui at­ten­dait fé­bri­le­ment des nou­velles de son père, en Haïti, a en­fin re­çu un ap­pel de ce der­nier ven­dre­di der­nier.

Mal­gré tous les en­cou­ra­ge­ments de son en­tou­rage, tant que Na­tha­lyr­mène Rousseau n’avait pas en­ten­du la voix de son pa­pa, il lui était dif­fi­cile d’être plei­ne­ment confiante.

« Mon père était dans sa cli­nique de Por­tau-Prince lorsque l’évé­ne­ment est ar­ri­vé. Le bâ­ti­ment s’est com­plè­te­ment ef­fon­dré. Mal­gré tout, mon père a réus­si à s’en sor­tir. La pre­mière nuit, il a dû la pas­ser dans la rue. Le len­de­main, il s’est ren­du à la ré­si­dence fa­mi­liale, et la moi­tié de la mai­son de Pé­tion­ville s’est ef­fon­drée », ra­conte-t-elle.

Son père fait tout son pos­sible pour pro­di­guer des soins aux si­nis­trés. « Il fait de son mieux, mais, vous sa­vez, dans une mai­son pri­vée, il n’y a pas tou­jours l’équi- pe­ment né­ces­saire. Il uti­lise tous les moyens du bord jus­qu’à la plus ex­trême li­mite », ex­plique Na­tha­lyr­mène.

Une ombre au ta­bleau, ce­pen­dant : la jeune femme a per­du un cou­sin de 21 ans. « Il était en­core en vie après le séisme, pri­son­nier dans le sous-sol de la fa­cul­té de mé­de­cine. Il est fi­na­le­ment dé­cé­dé sous les dé­combres », rap­porte-t-elle.

De fait, les étu­diants qui étaient pré­sents à cet en­droit ont tous suc­com­bé.

Na­tha­lyr­mène a éga­le­ment per­du une amie d’en­fance, qui a pé­ri avec ses deux en­fants. « Tous les Haï­tiens ont per­du quel­qu’un de près ou de loin, un parent, un proche, une connais­sance. On ne peut pas en­core sa­voir com­bien sont morts ni com­bien sont vi­vants. Beau­coup sont sor­tis vi­vants des dé­combres, mais sont dé­cé­dés peu de temps après. Des en­fants et des per­sonnes âgées meurent de faim. Comme ils sont hon­nêtes et pa­ci­fiques, les Haï­tiens ne se battent pas pour de la nour­ri­ture. Ils ne volent pas, ne se battent pas et ne s’en prennent pas à leur pro­chain pour sur­vivre. C’est la rai­son pour la­quelle ceux qui vivent dans la rue, qui ont l’ha­bi­tude de vo­ler pour sur­vivre, ont plus de chances de s’en ti­rer. Ils sont plus dé­brouillards », in­dique-t-elle.

Le pire, c’est l’après-séisme. Et Na­tha­lyr­mène en­tend or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment pour ve­nir en aide à son pays. Elle en com­mu­ni­que­ra les dé­tails bien­tôt.

PHOTOTHÈQUE

Des en­fants et des per­sonnes âgées meurent de faim de­puis le trem­ble­ment de terre de la se­maine der­nière.

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