Au re­voir, Serge Mar­cil

La mort de Serge Mar­cil a at­ter­ré ses proches et ses amis. Ils ont per­du un être cher, un grand homme qui a lais­sé un hé­ri­tage in­es­ti­mable.

L'Etoile - - LA UNE - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Les proches de Serge Mar­cil se sont rap­pe­lé sa poi­gnée de main cha­leu­reuse, son sou­rire char­meur et son écoute at­ten­tive. « Serge était le ca­deau que la viem’a don­né. C’était un grand hu­ma­niste, un ma­ri ai­mant, amou­reux, tou­jours avec une ten­dresse in­ouïe », a écrit sa femme, Ch­ris­tiane Pel­chat, dans un­com­mu­ni­qué de presse.

« Quand tu lui par­lais, plus rien n’exis­tait à l’ex­té­rieur de cette conver­sa­tion », a dé­cla­ré Ré­jean Mar­coux, qui a connu Serge Mar­cil à l’école se­con­daire Vau­dreuil à la fin des an­nées 1960. De­puis, ils étaient in­sé­pa­rables. « C’était un ami avec un gros plus. Ce fut un pri­vi­lège de l’avoir connu, d’être en­tré dans sa fa­mille, dans son quo­ti­dien », a-t-il ajou­té.

Joueur de cartes, ho­ckeyeur, ama­teur de bons vins et de blagues, Ser­geMar­cil jouis­sait de la vie sans tou­te­fois oublier les plus dé­mu­nis.

Uné­du­ca­teur

Mi­chel Mal­boeuf a étu­dié avec Serge Mar­cil et l’a cô­toyé en tant que di­rec­teur ad­joint à l’école se­con­daire Vau­dreuil. « Il vou­lait faire de l’école un en­droit où l’on en­ver­rait nos en­fants au lieu du­pri­vé », a-t-il in­di­qué.

Ré­jean Mar­coux a ra­con­té à quel point l’iden­ti­té de cette école s’est dé­ve­lop­pée grâce à Serge Mar­cil, qui a or­ga­ni­sé des ac­ti­vi­tés, dont le car­na­val d’hi­ver, et un concours pour choi­sir le lo­go de l’école.

Serge Mar­cil comp­tait beau­coup sur son per­son­nel pour faire évo­luer l’école, a in­di­qué l’en­sei­gnant à la re­traite Gre­go­ry Brown : « Il rayon­nait comme ad­mi­nis­tra­teur. Il dé­lé­guait et fai­sait confiance à ses ad­joints. »

Un­po­li­ti­cien

S’il était re­con­nu pour son tra­vail en po­li­tique pro­vin­ciale et fé­dé­rale, Serge Mar­cil a com­men­cé sa car­rière po­li­tique comme conseiller­mu­ni­ci­pal à Co­teau-du-Lac. Même s’il n’a pas sié­gé au même con­seil, le maire de Co­teau-du-Lac, Ro­bert Sau­vé, se sou­vient d’un homme très en­ga­gé dans les dos­siers ré­gio­naux. Il lui at­tri­bue même la pro­gres­sion du dos­sier de l’au­to­route 30 : « Serge a réus­si à faire ve­nir à l’Hô­tel Val­ley­field des élus fé­dé­raux. Il vou­lait ab­so­lu­ment dé­ve­lop­per la 30. Il leur a im­po­sé des condi­tions très claires. »

En sep­tembre, les deux hommes avaient dis­cu­té de la ré­ou­ver­ture du ca­nal de Sou­langes, dos­sier cher aux yeux de Serge Mar­cil.

« Je suis im­pres­sion­né par ce que ce pe­tit gars de chez nous a fait sur la scène ré­gio­nale, pro­vin­ciale et mon­diale », a quant

à lui af­fir­mé Ro­bert Sau­vé.

Un­hu­ma­niste

En 2009, Serge Mar­cil et sa femme ont mis sur pied la Fon­da­tion contre l’in­dif­fé­rence pour l’aide à l’en­fance. « Ilme di­sait : Ré­jean, ça ne se peut pas qu’il y ait des gens sur la Terre qui soient si pauvres », a ra­con­té Ré­jean Mar­coux. Serge Mar­cil re­met­tait même à cette fon­da­tion sa pen­sion du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral.

« Il di­sait sou­vent que, tant qu’à tra­vailler pour ga­gner sa vie, aus­si bien le faire pour ai­der et ap­puyer le dé­ve­lop­pe­ment de l’hu­main. Serge est dé­cé­dé dans une forme de so­li­da­ri­té avec plu­sieurs de ses amis Haï­tiens et la vo­lon­té de par­ti­ci­per avec eux à la re­cons­truc­tion de ce beau pays. Il était ici par choix, par amour pour ce peuple si at­ta­chant. Son âme est par­tie avec celles de di­zaines de­mil­liers d’Haï­tiens », a dé­cla­ré sa femme.

Le der­nier pro­jet de Serge Mar­cil à SM In­ter­na­tio­nal l’a ra­me­né en Haïti, où il a connu une fin tra­gique. En fait, il de­vait par­tir pour le Sé­né­gal, mais, à la der­nière mi­nute, il s’est ren­du en Haïti pour su­per­vi­ser un pro­jet de construc­tion rou­tière. Il ve­nait tout juste d’ar­ri­ver à l’hô­tel Mon­ta­na lorsque l’édi­fice s’est écrou­lé.

« Le plus dif­fi­cile a été mon im­puis­sance à vo­ler à son se­cours, a dé­cla­ré Ré­jean Mar­coux, les larmes aux yeux. Sa mé­moire est gra­vée dans­mon coeur. »

PHOTO DA­NIEL CUILLERIER

PHOTOTHÈQUE

Ser­geMar­cil en 1991.

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