Le gros bon sens re­vient en édu­ca­tion

Ré­ponse aux pro­pos de la mi­nistre Cour­chesne

L'Etoile - - C’EST MON OPINION ACTUALITÉ -

Cette lettre ou­verte est un cri du coeur à vous, chers membres dumi­nis­tère de laDé­sor­ga­ni­sa­tion…

Il y a une di­zaine d’an­nées, vous avez im­plan­té votre ré­forme de l’édu­ca­tion dans toutes les écoles du Qué­bec. Nous avons tous crié haut et fort que ce­la ne ca­drait pas avec la réa­li­té des jeunes de nos écoles. Les connais­sances au­raient dû être en­sei­gnées au préa­lable; on au­rait ain­si pu pro­po­ser aux jeunes des ac­ti­vi­tés pour dé­ve­lop­per leurs com­pé­tences dans dif­fé­rents do­maines. Conclu­sion : nous nous re­trou­vons à la case dé­part avec des élèves qui n’ont pas su dé­ve­lop­per leurs connais­sances en même temps que les com­pé­tences à at­teindre. Donc, ils sont plus faibles en fran­çais et en ma­thé­ma­tique, mais ca­pables de par­ler avec ai­sance de­vant leurs pairs. Pour­ma part, j’ai été en me­sure de tra­vailler à cette com­pé­tence transversale à l’âge adulte. Vous m’avez pour­tant re­mis mon­di­plôme d’en­sei­gnante en 1987!

Mal­gré cette ré­forme, j’ai ten­té de dé­ve­lop­per, au­près de mes élèves du pri­maire, des com­pé­tences plus ou moins réa­listes pour des en­fants de cet âge. Pour­tant, lorsque les connais­sances étaient en­sei­gnées, nous fai­sions des ac­ti­vi­tés de ré­in­ves­tis­se­ment pour­main­te­nir la mo­ti­va­tion d’ap­prendre. Donc, au fil du temps, les élèves ont ac­quis, se­lon leur propre dé­ve­lop­pe­ment, de mul­tiples com­pé­tences. Avec la ré­forme de l’édu­ca­tion de 2002, vous nous avez de­man­dé d’éva­luer le che­mi­ne­ment per­son­nel de l’en­fant au moyen d’échelles de com­pé­tence. Avez-vous seule­ment une pe­tite idée de la­com­plexi­téde cette tâche?

Nous avons énor­mé­ment tra­vaillé pour ten­ter de vous sa­tis­faire, même si nous ne voyions pas l’uti­li­té de cet­te­de­mande…

En­fin, plu­sieurs an­nées plus tard, vous avouez que les connais­sances doivent re­de­ve­nir une prio­ri­té. Hour­ra! Le gros bon sens re­vient ené­du­ca­tion!

Même si je suis fa­ti­guée d’avoir fait des heures sup­plé­men­taires pour vous sa­tis­faire, vous en ra­jou­tez : in­té­gra­tion dans nos classes d’en­fants ayant des pro­blèmes de na­ture phy­sique, d’ap­pren­tis­sage ou de com­por­te­ment, ou les trois à la fois. Pour­quoi? J’es­saie en­core au­jourd’hui de trou­ver le cô­té po­si­tif de cette in­té­gra­tion. Fi­na­le­ment, vous nous dites que nous se­rons res­pon­sables de la réus­site de tous nos élèves et qu’il fau­dra peut-être nous rendre à l’école la fin de se­maine pour faire des ac­ti­vi­tés édu­ca­tives avec eux. Au­se­cours! Je m’in­ter­roge : où est la res­pon­sa­bi­li­té des pa­rents dans votre dé­ci­sion? Comment faire cette fois-ci pour vous sa­tis­faire en­core une fois dans votre nou­velle fo­lie? Où est l’ar­gent pour nous sou­te­nir dans le dos­sier de l’in­té­gra­tion des en­fants en grande dif­fi­cul­té? Comment faire pour y ar­ri­ver sans que l’épui­se­ment pro­fes­sion­nel nous rat­trape? Cette fois-ci, c’est moi qui dé­croche! Les élèves dé­crochent, mais les en­sei­gnants vont fi­nir par en faire au­tant!

Une en­sei­gnante qui ai­me­rait pou­voir conju­guer le verbe en­sei­gner au fu­tur!

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