Fer­me­ture tem­po­raire du bu­reau

Co­mi­té ZIP du Haut-Saint-Laurent

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR ELI­ZA­BETH CA­RON eca­ron@heb­dos­du­su­roit.com

En dé­cembre 2009, la di­rec­trice gé­né­rale du Co­mi­té ZIP du HautSaint-Laurent était au chô­mage afin de ré­duire les dé­penses sa­la­riales. De­puis la mi-fé­vrier, les bu­reaux du Co­mi­té sont of­fi­ciel­le­ment fer­més, faute de fonds.

Au Co­mi­té de la Zone d’in­ter­ven­tion prio­ri­taire (ZIP) du Haut-Saint-Laurent, au­cun chèque, tant pour les em­ployés que pour les four­nis­seurs, ne se­ra ti­ré jus­qu’à nou­vel ordre. Seule une per­sonne res­pon­sable de l’ar­chi­vage as­su­re­ra une per­ma­nence té­lé­pho­nique et cer­tains sui­vis, son sa­laire étant cou­vert par une sub­ven­tion sa­la­riale.

Cette si­tua­tion se ré­pète chaque an­née, lorsque les sub­ven­tions pro­mises par le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral tardent à ren­trer. Ces dé­lais oc­ca­sionnent des mises à pied, et le fonc­tion­ne­ment de l’or­ga­nisme est constam­ment re­mis en ques­tion. Mal­gré les de­mandes de sub­ven­tions, les rap­ports et les vé­ri­fi­ca­tions comp­tables, le tout dû­ment rem­pli et re­mis à temps au gou­ver­ne­ment, les sommes pro­mises se font at­tendre.

« Nous avons aug­men­té notre marge de crédit afin de pal­lier ces re­tards, mais lorsque l’ar­gent est at­ten­du de­puis plu­sieurs mois, il de­vient im­pos­sible d’as­su­rer la conti­nui­té », ex­plique Claire La­chance.

Les comptes clients d’En­vi­ron­ne­ment Ca­na­da (le fonds pour dom­mages à l’en­vi­ron­ne­ment et autres dé­par­te­ments ou pro­jets), la Fon­da­tion Hy­dro-Qué­bec et la CRE Mon­té­ré­gie sont tou­jours at­ten­dus.

La seule so­lu­tion est donc de fer­mer le bu­reau en at­ten­dant les chèques. « Je trouve ce­la dom­mage, car il y a plein de choses à faire, dont la de­mande de sub­ven­tion pour un étu­diant pen­dant l’été et une de­mande à la CRE dans le cadre de la CRRNT, toutes deux pour le 26 fé­vrier, de même que l’ar­gent à trou­ver pour la phase II de la Route bleue », pré­cise la di­rec­trice gé­né­rale.

Pour­quoi tous ces re­tards?

Les sommes at­ten­dues, pour­tant dé­jà oc­troyées, ne sont re­mises que lorsque l’or­ga­nisme prouve au gou­ver­ne­ment sa di­li­gence et sa confor­mi­té dans l’exé­cu­tion d’un pro­jet. De plus, des dé­lais im­por­tants sont ré­gu­liè­re­ment gé­rés par l’or­ga­nisme, car les paie­ments éche­lon­nés sur toute une an­née prennent plu­sieurs se­maines, voire plu­sieurs­mois, avant d’être en­voyés.

Les agents de pro­jet res­pon­sables de l’ad­mi­nis­tra­tion et du sui­vi des pro­jets des or­ga­nismes au gou­ver­ne­ment fé­dé­ral sont dé­bor­dés et tra­vaillent à ef­fec­tifs ré­duits. Le nombre de ces agents est ré­cem­ment pas­sé de sept à trois, ce qui en­traîne de sé­rieux re­tards.

D’autre part, le Co­mi­té ZIP du HautSaint-Laurent, comme beau­coup de ses ho­mo­logues, res­pecte les dates li­mites des de­mandes de do­cu­ments, tan­dis que le gou­ver­ne­ment, lui, ne ga­ran­tit pas sys­té­ma­ti­que­ment de dates de versement.

« Si les or­ga­nismes pou­vaient se fier à des dates bu­toir, l’ad­mi­nis­tra­tion des co­mi­tés se­rait gran­de­ment sim­pli­fiée », in­dique Claire La­chance.

Une ques­tion de sur­vie

De­puis le scan­dale des com­man­dites, la quan­ti­té de do­cu­ments à pro­duire a aug­men­té si­gni­fi­ca­ti­ve­ment. La di­rec­trice gé­né­rale consacre la moi­tié de son temps à pré­pa­rer les rap­ports pour les bailleurs de fonds et les de­mandes de fi­nan­ce­ment et de sub­ven­tions. S’ajoutent à ces tâches l’or­ga­ni­sa­tion des ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment, la pré­sence aux di­vers co­mi­tés et les ses­sions de tra­vail au­près de partenaires. Il en ré­sulte une ré­duc­tion constante de la pro­por­tion de tra­vail concret d’édu­ca­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion au fleuve Saint-Laurent.

Il y a quelques an­nées, le Co­mi­té ZIP du Haut-Saint-Laurent ac­com­plis­sait trois pro­jets ma­jeurs par an­née. « Il est main­te­nant dif­fi­cile d’en réa­li­ser un seul », ajoute ma­dame La­chance.

Par ailleurs, la no­to­rié­té du Co­mi­té ZIP du Haut-Saint-Laurent s’est bâ­tie pe­tit à pe­tit, et cette re­con­nais­sance doit être main­te­nue. « Nous avons une res­pon­sa­bi­li­té au­près des ci­toyens et, mal­heu­reu­se­ment, les gens ont l’im­pres­sion que nous ne sommes plus là », dé­plore-t-elle.

En at­ten­dant les chèques, une ro­ta­tion du per­son­nel as­sure le sui­vi des de­mandes de sub­ven­tions, mais les ac­ti­vi­tés de fé­vrier sont toutes sus­pen­dues. Mars ap­por­te­ra peut-être de bonnes nou­velles.

Au dé­but de l’an­née, la dé­pu­tée fé­dé­rale Mei­li Faille a consta­té un manque de sou­tien fla­grant lors de sa tour­née pré­bud­gé­taire. De nom­breux or­ga­nismes com­mu­nau­taires éprouvent les mêmes pro­blèmes fi­nan­ciers et ne peuvent pour­suivre leurs ac­ti­vi­tés. Sur­veillez l’ar­ticle de Mé­la­nie Meloche à ce su­jet dans un pro­chain nu­mé­ro.

PHOTO ELI­ZA­BETH CA­RON

À droite, Claire La­chance, di­rec­trice gé­né­rale, et, à sa gauche, Mi­che­line B. Mi­chaud, membre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du Co­mi­té ZIP du Haut-SaintLaurent, au Fo­rum de l’eau de Vau­dreuil-Sou­langes.

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