Un uni­forme par­tiel pour le Chêne-Bleu

Pour contrer l’hy­per­sexua­li­sa­tion et le cli­vage éco­no­mique

L'Etoile - - ACTUALITÉ - (M.M.H.)

PIN­COURT – Ven­dre­di, juste avant la se­maine de re­lâche, lors de la der­nière pé­riode de cours, les élèves de l’école se­con­daire du Chêne-Bleu ont re­çu une an­nonce-choc de la di­rec­tion : en sep­tembre, ils de­vront por­ter un uni­forme par­tiel.

À la ren­trée sco­laire, les élèves de­vront por­ter un chan­dail ou une che­mise choi­sis par l’école. Ce­pen­dant, ils pour­ront choi­sir leurs vê­te­ments du bas et leurs chaus­sures. Seul l’ha­bille­ment pour l’édu­ca­tion phy­sique res­te­ra tel quel.

Avant de prendre cette dé­ci­sion, la di­rec­tion a consul­té les élèves et les pa­rents. Lors de la re­mise des bul­le­tins les 26 et 27 no­vembre, une cen­taine de pa­rents ont été in­ter­ro­gés : 85 % étaient en fa­veur de l’im­po­si­tion d’un cos­tume par­tiel à l’école. Les 10 et 11 fé­vrier, 25 % des pa­rents pré­sents aux soi­rées d’in­for­ma­tion sur les par­cours de for­ma­tion ont ac­cep­té à 70 % le cos­tume par­tiel. Par contre, les élèves consul­tés (ex­cluant les élèves de cin­quième se­con­daire) ont re­je­té l’idée à 80 %. « Nous dou­tions que les élèves re­fu­se­raient l’uni­forme. Nous avions pré­vu une ré­ac­tion ré­cal­ci­trante. »

La di­rec­tion en­vi­sa­geait l’uni­forme de­puis quelques an­nées, es­ti­mant que, mal­gré le code ves­ti­men­taire, cer­tains élèves trans­gres­saient trop les règles, ce que confirme le di­rec­teur, Réal Beau­champ.

Com­battre l’hy­per­sexua­li­sa­tion

Dé­jà, la di­rec­tion in­ter­di­sait les bre­telles spa­ghet­ti, les leg­gings et les jupes trop courtes. Néan­moins, les dé­col­le­tés de­viennent de plus en plus au­da­cieux, les vê­te­ments plus ser­rés et les sou­tiens-gorges pa­raissent de plus en plus. « Nous avons été ir­ri­tés par la mode « be­daine » et Brit­ney Spears. Nous avons un pro­blème de « désha­bille­ment » », ex­plique Réal Beau­champ.

De plus, cer­tains élèves changent leur te­nue ves­ti­men­taire en fonction du pro­fes­seur, car cer­tains sont plus to­lé­rants. Mais plu­sieurs vivent un ma­laise par rap­port à l’hy­per­sexua­li­sa­tion et au « désha­bille­ment ». « Ce n’est pas agréable de de­voir les rha­biller. »

De toute évi­dence, des che­mi­siers à bou­tons fixes et des chan­dails avec des manches rè­gle­ront ces pro­blèmes.

L’école to­lère les per­çages cor­po­rels et même les che­veux teints, et conti­nue­ra de le faire. « Nous gar­dons une sou­plesse dans les rè­gle­ments », pré­cise M. Beau­champ. « Il y a place à l’ex­pres­sion. »

Aus­si, se­lon M. Beau­champ, l’uni­forme per­met­tra de ré­duire le cli­vage fi­nan­cier entre les élèves et fa­ci­li­te­ra l’in­té­gra­tion de nou­velles cultures.

Après ce pre­mier es­sai à l’au­tomne, la di­rec­tion dé­ci­de­ra si l’uni­forme com­plet se­ra adop­té. « Si la de­mande existe, nous y pen­se­rons. Cer­tains pa­rents ont dé­jà de­man­dé le cos­tume com­plet », ajoute le di­rec­teur.

Quant au port de l’uni­forme dans d’autres écoles dans la ré­gion, il s’agit d’une dé­ci­sion prise par chaque école. « Ça peut créer des at­tentes ailleurs. Chaque école ju­ge­ra de la si­tua­tion. »

Sé­lec­tion­ner une col­lec­tion

Un co­mi­té, for­mé de membres du per­son­nel, de pa­rents et d’élèves, choi­si­ra la col­lec­tion de vê­te­ments pour l’an pro­chain. Ils de­vront te­nir compte de plu­sieurs cri­tères : coût, di­ver­si­té de choix, ori­gi­na­li­té, du­ra­bi­li­té des vê­te­ments, fa­bri­ca­tion (éco­res­pon­sable, pro­duit qué­bé­cois, res­pect des normes du tra­vail), points de ser­vice à proxi­mi­té et dé­lais de li­vrai­son. Les chan­dails, les che­mi­siers, les dé­bar­deurs ou les pulls ar­bo­re­ront le lo­go et les cou­leurs de l’école.

PHOTOTHÈQUE

Les pa­rents, les élèves et la di­rec­tion du Chêne-Bleu de­vront choi­sir l’uni­forme pour l’an pro­chain.

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