Le fé­mi­nisme a bien chan­gé au­jourd’hui

L'Etoile - - C’EST MON OPINION -

Il y a qua­rante ans, nos mères ont ma­ni­fes­té pour les droits à l’éga­li­té. Au­jourd’hui, les femmes portent le flam­beau pour dé­non­cer les condi­tions so­ciales in­ac­cep­tables qui sé­vissent par­tout dans le monde. Ici, au Qué­bec, nous de­man­dons que l’hy­per­sexua­li­sa­tion de nos ado­les­centes soit consi­dé­rée comme une prio­ri­té en ma­tière d’édu­ca­tion des jeunes; nous sou­hai­tons que cet en­sei­gne­ment re­vienne dans nos écoles. Ce­la est sans comp­ter l’ajout de me­sures so­ciales pour per­mettre aux fa­milles plus dé­mu­nies de ré­pondre aux be­soins es­sen­tiels de leurs en­fants. En­fin, que les femmes im­mi­grantes soient pro­té­gées elles aus­si par la Charte des droits et li­ber­tés.

Ces mêmes femmes mar­che­ront en 2010 pour dé­non­cer le manque de res­sources pour les jeunes adultes qui n’ont pas réus­si à s’ins­truire dans le sys­tème sco­laire ac­tuel. En ef­fet, on ne sou­tient pas as­sez fi­nan­ciè­re­ment ces per­sonnes pour qu’elles puissent re­tour­ner à l’école et suivre un cours pro­fes­sion­nel (DEP), ce qui leur per­met­trait de sor­tir de l’en­fer de l’aide so­ciale. Pour­tant, à long terme, la so­cié­té au­rait tout à y ga­gner étant don­né le manque de main-d’oeuvre. Un­jeune ins­truit est une res­source de pre­mier plan pour le bien col­lec­tif de toute la po­pu­la­tion. Je ter­mi­ne­rai avec les femmes au­toch­tones du Qué­bec. Con­trai­re­ment à ce que cer­tains peuvent croire, cette po­pu­la­tion vit dans des condi­tions très peu en­viables. Le ter­ri­toire al­loué aux au­toch­tones, et par­fois même leurs ré­si­dences, ap­par­tiennent au gou­ver­ne­ment fé­dé­ral. De plus, une femme qui di­vorce n’a au­cun droit sur le pa­tri­moine fa­mi­lial. Donc, elle su­bit fré­quem­ment des abus mul­tiples au sein de sa propre col­lec­ti­vi­té. Où sont les droits hu­mains dans un tel contexte? Le­vons-nous, hommes et femmes du monde, pour dé­non­cer ces abus et faire en sorte que nos droits soient main­te­nus. N’ou­blions pas que pour l’en­ri­chis­se­ment des uns, il faut l’ap­pau­vris­se­ment des autres. Où se si­tue la li­mite? Ré­flé­chis­sons, car l’his­toire s’écrit au­jourd’hui pour demain. Nos di­ri­geants nous di­visent-ils pour mieux nous contrô­ler? Mi­li­tants, mi­li­tantes du monde, il faut se ras­sem­bler. Em­pê­chons la pri­va­ti­sa­tion des res­sources ain­si que celle des ser­vices so­ciaux. Ce­la pour tous ceux qui n’ont pas ce que tout être hu­main est en droit d’avoir. Cette marche mon­diale de 2010 a pour ob­jec­tif d’en­voyer un mes­sage clair aux gou­ver­ne­ments de ce monde. Toutes les femmes mar­che­ront à tour de rôle dans leur pays entre le 8 mars et le 17 oc­tobre 2010 pour la cause des droits hu­mains.

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