L’eau comme ri­chesse na­tu­relle

Com­mis­sion ré­gio­nale sur les res­sources na­tu­relles et le ter­ri­toire (CRRNT)

L'Etoile - - ENVIRONNEMENT EN VRAC - PAR ELI­ZA­BETH CA­RON eca­ron@heb­dos­du­su­roit.com

Le pre­mier fo­rum des partenaires de la CRRNT s’est dé­rou­lé le 21 jan­vier à Sa­la­ber­ry-de-Val­ley­field. Voi­ci le deuxième ar­ticle (faits saillants sur l’eau) d’une sé­rie de trois sur le tra­vail de la Com­mis­sion ré­gio­nale des élus de la Val­lée du Haut-Saint-Laurent vers la pro­duc­tion du Plan ré­gio­nal de dé­ve­lop­pe­ment in­té­gré des res­sources na­tu­relles et du ter­ri­toire. Les faits saillants sur l’eau sont es­sen­tiel­le­ment ti­rés du por­trait syn­thèse de la Zone de ges­tion in­té­grée de l’eau ef­fec­tué par la So­cié­té de conser­va­tion et d’amé­na­ge­ment du bas­sin de la ri­vière Châ­teau­guay (Sca­bric). Ce do­maine en par­ti­cu­lier com­mande une bo­ni­fi­ca­tion de l’in­for­ma­tion no­tam­ment afin d’in­clure le fleuve Saint-Laurent et les réa­li­tés des sec­teurs de Sa­la­ber­ry-deVal­ley­field et de Vau­dreuil-Sou­langes. Pour le pre­mier, la par­ti­ci­pa­tion du Co­mi­té Zone d’in­ter­ven­tion prio­ri­taire (ZIP) du Haut-Saint-Laurent et, pour le se­cond, la par­ti­ci­pa­tion du nou­veau Co­mi­té de bas­sin ver­sant de Vau­dreuilSou­langes sont cru­ciales.

Qua­li­té des éco­sys­tèmes

aqua­tiques

Les sui­vis de la qua­li­té de l’eau de sur­face tiennent compte des pro­prié­tés phy­si­co­chi­miques et bac­té­rio­lo­giques à l’aide de l’in­dice IQBP. Cet in­dice ras­semble 11 pa­ra­mètres. Les ré­sul­tats ob­te­nus à la suite de l’échan­tillon­nage ef­fec­tué dans la zone du bas­sin ver­sant de la Châ­teau­guay ne sau­raient être re­pré­sen­ta­tifs de toute la ré­gion puisque l’oc­cu­pa­tion du ter­ri­toire et les types de sols sont dif­fé­rents. Tou­te­fois, les grands en­jeux de­meurent les mêmes. La qua­li­té de l’eau, en ef­fet, est dé­fi­ciente à son en­trée en sol qué­bé­cois en rai­son d’une concen­tra­tion de ma­tières or­ga­niques liée à l’uti­li­sa­tion des sols. D’autre part, les concen­tra­tions de sub­stances chi­miques (atra­zine) ex­cèdent la re­com­man­da­tion pour l’eau po­table. La pré­sence de tria­zine, mé­taux, BPC, pes­ti­cides or­ga­no­chlo­rés, HAP, phta­lates, acides gras et ré­si­niques a éga­le­ment été do­cu­men­tée. Ain­si, la conta­mi­na­tion au mer­cure de source géo­lo­gique ou in­dus­trielle en­trave la qua­li­té de la chair de pois­son. Les es­pèces les plus tou­chées, à sa­voir le grand do­ré, le grand bro­chet et l’achi­gan à pe­tite bouche, pré­sen­taient des concen­tra­tions plus éle­vées de mer­cure que le cri­tère de 0,5 mg/kg éta­bli par San­té Ca­na­da pour la consom­ma­tion hu­maine.

Main­tien de la qua­li­té et de la dis­po­ni­bi­li­té de l’eau sou­ter­raine

Quant à la qua­li­té de l’eau sou­ter­raine, elle est sou­vent de meilleure qua­li­té. C’est une très bonne nou­velle compte te­nu de son im­por­tance comme source d’ap­pro­vi­sion­ne­ment en eau po­table. Tou­te­fois, des pré­cau­tions par­ti­cu­lières doivent être prises afin d’évi­ter leur conta­mi­na­tion. C’est le cas des la­gunes de Mer­cier, où l’em­ma­ga­si­nage de dé­chets in­dus­triels li­quides en­traîne en­core au­jourd’hui une très im­por­tante conta­mi­na­tion. Des per­tur­ba­tions d’ori­gine an­thro­piques : dra­gage de la voie na­vi­gable, net­toyage des cours d’eau, pré­sence d’ou­vrages de re­te­nue des eaux, ar­ti­fi­cia­li­sa­tion des rives et éro­sion sub­sé­quente sont éga­le­ment à contrô­ler afin de ré­duire les dan­gers de conta­mi­na­tion. Une part im­por­tante de la po­pu­la­tion s’ap­pro­vi­sionne en eau po­table à même les ré­serves d’eau sou­ter­raine. Il est ac­tuel­le­ment dif­fi­cile d’éva­luer la dis­po­ni­bi­li­té de la res­source et la re­charge de l’aqui­fère ré­gio­nal puisque trop de fac­teurs na­tu­rels ou an­thro­piques de­meurent in­con­nus.

Mise en va­leur des plans d’eau

En­fin, la ré­gion sup­porte de nom­breux rôles et fonc­tions de l’eau, tant éco­lo­giques que so­cio-éco­no­miques, dont la na­vi­ga­tion, le trans­port, la pêche, la pro­duc­tion agri­cole, l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en eau po­table, l’em­bou­teillage, la pro­duc­tion hy­dro­élec­trique et l’ir­ri­ga­tion. L’ac­cès dif­fi­cile aux plans d’eau à des fins ré­créa­tives re­pré­sente une autre pro­blé­ma­tique à ré­soudre.

PHOTOTHÈQUE

Dans la ré­gion, l’eau oc­cupe une part très im­por­tante, soit 11 % du ter­ri­toire cou­vert par la CRRNT.

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