Un mé­tier ras­sem­bleur

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Vau­dreuil-Sou­langes compte 14 di­rec­trices gé­né­rales, soit plus de la moi­tié des di­rec­teurs gé­né­raux. Pour sou­li­gner la Jour­née in­ter­na­tio­nale de la femme, deux di­rec­trices gé­né­rales dé­crivent les mul­tiples fa­cettes de leur mé­tier et leur pas­sion pour le­monde mu­ni­ci­pal.

Les ci­toyens­mé­con­naissent sou­vent le poste de di­rec­teur gé­né­ral. Pour­tant, il s’agit d’un rôle pri­mor­dial pour as­su­rer un lien étroit entre les élus et l’ad­mi­nis­tra­tion.

À Hud­son, on re­trouve Louise Villan­dré; à L’Île-Ca­dieux, Gi­sèle Four­nier; à No­treDame-de-l'Île-Per­rot, Mi­che­line L. Mo­ren­cy; à Pointe-des-Cas­cades, Ch­ris­tianne Cyr; à Pointe-For­tune, Diane Hé­roux; à Ri­gaud, Chan­tal Le­mieux; à Ri­vière-Beau­dette, Cé­line Chayer; àT­rès-Saint-Ré­demp­teur, Lise Couët; à Vau­dreuil-Do­rion, Ma­non Bernard; à Vau­dreuil-sur-le-Lac, Clau­dia Che­bin; à Saint-La­zare, Lu­cie Gendron; à SaintPo­ly­carpe, Mi­che­line Dé­ry; à SaintTé­les­phore, Ni­cole St-Pierre; et, en­fin, à SaintC­let, Na­tha­lie Pha­rand.

Chan­tal Le­mieux de Ri­gaud a com­men­cé comme tech­ni­cienne en loi­sirs à Châ­teau­guay et en­suite à Ri­gaud en 1991. Elle pour­sui­vait si­mul­ta­né­ment ses études en ad­mi­nis­tra­tion pu­blique avec l’École nationale d’ad­mi­nis­tra­tion pu­blique. Lorsque le di­rec­teur gé­né­ral a pris sa re­traite, en 2006, elle a ma­ni­fes­té son in­té­rêt pour le poste. Mme Le­mieux aime bien ce­mé­tier qui lui per­met de tou­cher à plu­sieurs do­maines : le greffe, les loi­sirs, les tra­vaux pu­blics, l’urbanisme, le ser­vice des in­cen­dies, etc. Les di­rec­teurs gé­né­raux sont de vé­ri­tables chefs d’or­chestre. « Notre quo­ti­dien est tou­jours dif­fé­rent », dé­clare-t-elle. Lu­cie Gendron de Saint-La­zare par­tage cette pas­sion pour le mi­lieu­mu­ni­ci­pal. Les deux femmes aiment par­ti­cu­liè­re­ment leur rôle ras­sem­bleur. « Les po­li­ti­ciens nous ap­portent les pré­oc­cu­pa­tions des ci­toyens et nous fa­ci­li­tons la réa­li­sa­tion des pro­jets », ex­plique Mme Le­mieux. Mme Gendron, dé­ten­trice d’une for­ma­tion en droit, a ten­té sa chance dans le­mi­lieu­mu­ni­ci­pal en 1991 dans l’Ou­taouais. « Ils cher­chaient une per­sonne pour ai­der dans la né­go­cia­tion des conven­tions col­lec­tives, di­telle. Le droit et le mu­ni­ci­pal se re­coupent. » Elle se sou­vien­dra tou­jours de sa pre­mière séance au con­seil mu­ni­ci­pal. Quelque 300 per­sonnes étaient pré­sentes. « Ça criait, ça s’insultait. C’était une pé­riode mou­ve­men­tée dans cette ville », ra­conte-t-elle. Un dé­but hou­leux, mais très for­ma­teur. Car dans ce monde, il faut bien com­mu­ni­quer avec la po­pu­la­tion et avoir une bonne ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion.

Le­mon­de­mu­ni­ci­pal, ailleurs

En vé­ri­té, Mme Gendron a fait preuve d’une grande ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion lors­qu’elle a tra­vaillé en Afrique pen­dant près d’un an. Elle a ai­dé le maire d’une com­mune à adop­ter une struc­ture mu­ni­ci­pale plus co­hé­rente. « Ils sont à des an­nées-lu­mière de notre sys­tème mu­ni­ci­pal », dit-elle. Pour 40 000 ha­bi­tants, il y avait trois em­ployés mu­ni­ci­paux. Les élus es­saient de tra­vailler de concert avec les chefs de villages tra­di­tion­nels et la corruption est mal­heu­reu­se­ment une réa­li­té à com­battre. Cer­tains em­ployés ne sont pas payés pen­dant plu­sieurs mois à cause d’un sys­tème de comp­ta­bi­li­té in­cons­tant.

Ce­pen­dant, Mme Gendron re­fuse de ju­ger sé­vè­re­ment les Afri­cains. « Ils ont peu d’ar­gent et les gens font tout pour sur­vivre. Que fe­rions-nous à leur place? » s’ex­clame-telle.

En­cette Jour­néede la femme, Mme Gendron a une pen­sée toute spé­ciale pour la si­tua­tion des filles dans les pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment. Lors d’une vi­site dans une école, elle a été frap­pée par la faible pro­por­tion de filles en classe. La po­ly­ga­mie et le ma­riage de fillettes sont fré­quents. « Une femme amême vou­lume don­ner sa pe­tite fille, se sou­vien­telle. Pas pour lui don­ner une meilleure vie, mais pour pou­voir la ma­rier à mon fils. J’ai ap­pris ra­pi­de­ment qu’il y a en­core beau­coup à faire dans le­mon­de­pour les femmes. »

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