Dis­sen­sions en vue

Cam­ping Tee Pee de Saint-Zo­tique

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR PA­TRICK RI­CHARD

Les jours du cam­ping Tee Pee de Saint-Zo­tique semblent comp­tés.

Les mai­sons mo­biles et les tentes-ca­ra­vanes pré­sentes à lon­gueur d’an­née sur le ter­rain du cam­ping Tee Pee pour­raient dis­pa­raître à moyen ou à long terme. Pen­dant que l’in­quié­tude se lit sur les vi­sages des ré­si­dents du cam­ping, le ter­rain en zone ré­créo­tou­ris­tique su­bi­rait un chan­ge­ment de zo­nage en vue d’un lo­tis­se­ment.

Une joute à trois?

Une tren­taine de ré­si­dents, des re­trai­tés pour la ma­jo­ri­té, par­tagent l’es­pace du cam­ping Tee Pee. La Ville a amen­dé sa ré­gle­men­ta­tion il y a 10 ans afin de don­ner au ter­rain sa vo­ca­tion ac­tuelle. De­puis près de deux ans, Ni­co­las Ger­vais, de Ba­tik Construc­tion, en est le pro­prié­taire. Mais les ré­si­dents craignent un chan­ge­ment de zo­nage et la perte de leur es­pace de vie.

Si le chan­ge­ment de zo­nage plane dans l’air, Ni­co­las Ger­vais n’a rien en vue pour l’ins­tant. La Ville af­firme que cette af­faire re­lève du pri­vé.

An­ti­ci­per l’ave­nir

Lors de la der­nière séance du conseil­mu­ni­ci­pal, le 8 mars, Fran­çois Ha­me­lin, ré­sident du cam­ping et res­pon­sable du dos­sier, a de­man­dé un mo­ra­toire sur la ques­tion du zo­nage pour amor­cer des dis­cus­sions en vue d’une en­tente.

« Nous de­man­dons un dé­lai avant que tout ça aille trop vite. La Ville a une part de res­pon­sa­bi­li­té im­por­tante », ad­met-il.

Même si au­cune de­mande of­fi­cielle de chan­ge­ment de zo­nage n’a cours pour l’ins­tant, les ré­si­dents du cam­ping an­ti­cipent l’ave­nir : « On est pris là-de­dans, on est vic­times d’un chan­ge­ment. Je fais cette de­mande pour in­fluen­cer le con­seil. Tant que nous ne nous se­rons pas en­ten­dus, il fau­dra mettre ça sur la glace. Nous sommes dans le pro­blème. Il faut des en­tentes for­melles. »

Un im­bro­glio pri­vé

Le son de cloche de la Ville laisse en­tendre des échos contraires. Ces pro­blèmes re­lèvent du do­maine pri­vé et de­vront ul­ti­me­ment se ré­gler en cour : « Le rôle de mai­resse ne me per­met pas d’ac­cor­der ces choses-là, éva­lue la mai­resse Gaé­tane Le­gault. C’est com­plè­te­ment pri­vé. Ni­co­las Ger­vais est le res­pon­sable de ces gens-là. Nous fai­sons tout notre pos­sible pour les ai­der. C’est le con­seil qui va dé­ci­der du chan­ge­ment de zo­nage à la suite de l’avis des ur­ba­nistes, en ac­cord avec le plan d’amé­na­ge­ment de laMRC. »

Ro­bert Cou­si­neau, conseiller du quar­tier où loge le cam­ping Tee Pee, ad­met lui aus­si le ca­rac­tère pri­vé de l’im­bro­glio : « J’ai­me­rais les ai­der, mais la ques­tion va se ré­gler en cour entre les avo­cats des ré­si­dents et ceux de mon­sieur Ger­vais. »

Pro­jets àmoyen terme

L’un des prin­ci­paux ac­teurs de cette sa­ga, Ni­co­las Ger­vais, édul­core ses pro­pos et dé­ve­loppe d’autres pro­jets : « On n’a rien pré­vu pour le mo­ment. On va peut-être ra­pe­tis­ser le cam­ping à court terme. »

Tou­te­fois, en ce­mo­ment, toutes les­mu­ni­ci­pa­li­tés re­voient leur sché­ma d’amé­na­ge­ment pour se confor­mer aux normes de la MRC. Ba­tik Construc­tion en pro­fite donc pour pla­cer ses pions. « Pré­sen­te­ment, il y a une ré­forme du zo­nage. Onen pro­fite pour dé­po­ser nos de­mandes. Et un jour, d’ici cinq ou dix ans, nous pour­rions être pris avec le ter­rain en rai­son du zo­nage », confirme Ni­co­lasGer­vais.

Par le pas­sé, les dis­sen­sions ont stig­ma­ti­sé les re­la­tions entre les ré­si­dents et leur pro­prié­taire. Mais Ni­co­las Ger­vais ras­sure ses lo­ca­taires : « On n’est pas là pour mettre le monde de­hors. Un jour, si on change les ac­ti­vi­tés, on va s’ar­ran­ger pour dé­dom­ma­ger les ré­si­dents et leur trou­ver un en­droit où al­ler. Mais ce n’est pas pré­vu pour main­te­nant. »

Dé­mé­na­ge­ment ou dis­pa­ri­tion?

Les ré­si­dents du cam­ping Tee Pee se de­mandent ce que l’ave­nir leur ré­serve. Si une de­mande de dé­zo­nage est dé­po­sée, le con­seil mu­ni­ci­pal sta­tue­ra et en­ver­ra la de­mande à la MRC. À moyen et à long terme, Ni­co­las Ger­vais pour­rait construire un pro­jet ré­si­den­tiel en toute lé­gi­ti­mi­té. La Ville et Ni­co­las Ger­vais af­firment qu’un autre ter­rain, à la li­mite de la mu­ni­ci­pa­li­té, est dé­jà zo­né pour re­ce­voir les mai­sons mo­biles. Par contre, ce ter­rain n’ap­par­tient pas à la Mu­ni­ci­pa­li­té : « On a un ter­rain, mais ce n’est pas conforme. Le pro­prié­taire du ter­rain re­fuse d’in­ves­tir pour l’ins­tant », concède Gaé­tane Le­gault.

Cette his­toire pro­met d’autres ré­so­nances et at­ti­re­ra les gens concer­nés aux séances du con­seil mu­ni­ci­pal, les pre­miers mar­dis de chaque mois.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.