Des bé­bés « verts »

Sub­ven­tions en lien avec des couches la­vables à Vau­dreuil-Do­rion

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Chaque an­née au Qué­bec, six mil­lions de couches abou­tissent au dé­po­toir. Par sou­ci en­vi­ron­ne­men­tal, la Ville de Vau­dreuil-Do­rion crée une sub­ven­tion en vue du re­cours aux couches la­vables.

Ce pro­jet, lan­cé par deux ré­si­dentes de Vau­dreuil-Do­rion, Sté­pha­nie et San­dra Le Va­gue­rèze, ai­de­ra les pa­rents à as­su­mer le coût d’achat de couches réuti­li­sables.

Ces deux femmes, pro­prié­taires de la bou­tique Be­don et Fri­pons, vendent des couches la­vables. Femmes, mais éga­le­ment mères, elles ont op­té pour les couches réuti­li­sables, es­pé­rant en pro­mou­voir l’uti­li­sa­tion.

« Uti­li­ser les couches la­vables est un avan­tage en­vi­ron­ne­men­tal et éco­no­mique », ex­plique San­dra Le Va­gue­rèze. Et pour­tant, seule­ment 10 % des pa­rents y ont re­cours.

Il existe plu­sieurs types de couches la­vables fa­ciles à uti­li­ser. Les bou­tons­pres­sion et bandes vel­cro rem­pla­çant les épingles, ces couches sont très étanches. « Nous sommes loin des couches de nos grand-mères », pré­cisent les deux femmes.

Beau­coup plus éco­lo­gique

et éco­no­mique

Une couche la­vable équi­vaut à près de 230 couches je­tables. Un en­fant au­ra be­soin de 5000 à 7000 couches je­tables, le tout re­pré­sen­tant 2500 $. Ces couches né­ces­si­te­ront 4,5 arbres, 22 kg de plas­tique et 67 kg de pé­trole. Un en­semble de couches la­vables coûte de 500 $ à 1000 $. « C’est un in­ves­tis­se­ment, mais l’éco­no­mie en vaut la peine, sur­tout avec un deuxième en­fant », sou­ligne San­dra Le Va­gue­rèze.

Le la­vage des couches né­ces­site-t-il trop d’eau? La ré­ponse est non : les pa­rents ne font heb­do­ma­dai­re­ment que deux à trois les­sives sup­plé­men­taires. « C’est la pre­mière ques­tion des gens. Nous leur mon­trons que les ef­fets sont plus bé­né­fiques avec les couches la­vables. Les gens ou­blient le nombre de fois qu’ils uti­lisent leur voi­ture pour al­ler cher­cher des couches je­tables et tout ce qu’il faut pour leur pro­duc­tion. »

Le pro­ces­sus de la­vage est simple. Il faut les rin­cer à l’eau froide, puis les la­ver à l’eau tiède. Seules quelques cuille­rées de dé­ter­gent suf­fisent, in­dique Sté­pha­nie Le Va­gue­rèze : « En fait, s’il y a trop de sa­von, le tis­su est sa­tu­ré de ré­si­dus. »

Ré­duc­tion des dé­chets à la source

Au Qué­bec, les couches re­pré­sentent le troi­sième dé­chet en im­por­tance. À lui seul, un bé­bé au­ra be­soin d’une tonne de couches avant d’être propre. « Nous vi­vons le pre­mier ba­by-boom au Qué­bec avec des couches je­tables. Ima­gi­nez les re­tom­bées! » s’ex­clame Sté­pha­nie Le Va­gue­rèze.

Or les mu­ni­ci­pa­li­tés doivent ré­duire leurs dé­chets : une tonne de dé­chets coûte 130 $.

Une couche la­vable se dé­com­pose en quelques mois, alors qu’il faut de 300 à 500 ans à une couche je­table pour dis­pa­raître.

L’en­tre­prise Be­dons et Fri­pons en­voie les couches don­nées par des pa­rents à de jeunes mères du Gua­te­ma­la.

Mo­da­li­tés de la sub­ven­tion

La Ville of­fri­ra un maxi­mum de 100 $ par en­fant pour l’achat d’un mi­ni­mum de 24 couches réuti­li­sables. L’en­fant doit être âgé de six mois ou moins et être né avant le 1er fé­vrier 2011. Pour ob­te­nir cette aide fi­nan­cière, il suf­fit de pré­sen­ter une preuve de ré­si­dence avec un exem­plaire de l’acte de nais­sance et une preuve d’achat. La pre­mière an­née, la Ville don­ne­ra jus­qu’à 10 000 $ en sub­ven­tions. Pour ob­te­nir plus de ren­sei­gne­ments, com­mu­ni­quez avec la Ville au 450 424-2061.

La pe­tite Ju­lianne porte fiè­re­ment ses couches réuti­li­sables. La Ville de Vau­dreuil-Do­rion sub­ven­tionne main­te­nant ces couches pour pro­mou­voir la sau­ve­garde de l’en­vi­ron­ne­ment.

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