Ré­gle­men­ta­tion ba­fouée?

Cam­ping Tee Pee, la suite

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR PA­TRICK RI­CHARD

Dans la der­nière édi­tion du jour­nal L’Étoile, le texte « Dis­so­nances en vue », en page 7, trai­tait du cam­ping Tee Pee de Saint-Zo­tique. Voi­ci la suite de ce su­jet chaud de l’ac­tua­li­té zo­ti­quienne.

Le contexte dans le­quel baigne le cam­ping est tout sauf ha­bi­tuel. À l’ori­gine, comme dans n’im­porte quel autre cam­ping, les gens ve­naient à ce­lui de Saint-Zo­tique pour pas­ser une par­tie de la belle sai­son et voya­geaient l’hi­ver ve­nu. Mais au­jourd’hui, une ving­taine de mai­sons mo­biles de­meurent à l’an­née. Pour­tant, la ré­gle­men­ta­tion mu­ni­ci­pale sti­pule tou­jours que ce cam­ping ouvre et ferme à une date pré­cise.

Qu’est-ce qui au­to­rise ces gens à ha­bi­ter le cam­ping à l’an­née et à amé­na­ger leur mai­son à leur guise su­run­ter­rain pri­vé? Rien n’y per­sonne, si l’on se fie à dif­fé­rents in­ter­ve­nants.

Ac­com­mo­de­ment rai­son­nable

En 2003, la Mu­ni­ci­pa­li­té a bel et bien au­to­ri­sé les mai­sons mo­biles afin d’ac­com­mo­der les cam­peurs ré­si­dant six mois par an­née au Qué­bec.

« Àl’époque, les cam­peurs nous avaient de­man­dé l’au­to­ri­sa­tion d’être là à l’an­née parce qu’ils al­laient dans le Sud. Nous les avons au­to­ri­sés sim­ple­ment pour les ac­com­mo­der. Mais seule­ment quelques-uns par­taient vé­ri­ta­ble­ment dans le Sud », spé­ci­fie Gaé­tane Le­gault, mai­resse de Saint-Zo­tique.

De­puis ce temps, cer­tains ré­si­dents du cam­ping, mu­nis lé­ga­le­ment d’un bail de vil­lé­gia­ture, en­frein­draient la ré­gle­men­ta­tion d’urbanisme en construi­sant des agran­dis­se­ments illé­gaux et non conformes. Or au­cune de­mande de per­mis ou d’au­to­ri­sa­tion de la part des ré­si­dents n’a été dé­po­sée à la Mu­ni­ci­pa­li­té.

Au­to­ri­sa­tion dé­rai­son­nable

Fran­çois Ha­me­lin, ré­sident du cam­ping, avance que l’ac­com­mo­da­tion de 2003 (le rè­gle­ment 438-10, se­lon son dire) au­to­rise les ré­si­dents du cam­ping à s’y éta­blir en per­ma­nence, mêmesi ce­lui-ci est pri­vé. La Mu­ni­ci­pa­li­té pré­lève tout de même des taxes (ba­sées sur l’éva­lua­tion de la mai­son, et non sur celle du ter­rain qui ne leur ap­par­tient pas) et four­nit le ser­vice de col­lecte sé­lec­tive et d’or­dures. Ajou­tons à ce­la un ré­seau d’égout pen­sé et construit pour un cam­ping sai­son­nier et nous nous re­trou­vons de­vant un lieu peu cou­tu­mier. Quant aux mo­di­fi­ca­tions des mai­sons et à l’ajout de pièces, Ha­me­lin s’ap­puie sur son an­cienne pro­prié­taire, Mi­che­line Le­gault : « Tout était au­to­ri­sé avant avec elle. Les gens lui avaient de­man­dé l’au­to­ri­sa­tion pour des agran­dis­se­ments, com­medes trois sai­sons et plus. »

Bonne et mau­vaise vo­lon­té

Le sort des ré­si­dents au­rait pu se jouer dif­fé­rem­ment au­mo­ment où le ter­rain était à vendre en 2008. Quatre ache­teurs po­ten­tiels étaient en lice. Trois d’entre eux pré­voyaient la dis­pa­ri­tion pure et simple du cam­ping. Ils au­raient été en droit de le faire. Or, 18 mois plus tard, Ni­co­lasGer­vais est le pro­prié­taire : « Je ne veux pas que ces gens-là soient mal pris. Nous avons tous avan­tage à co­opé­rer afin de trou­ver une en­tente construc­tive et une so­lu­tion équi­table pour tous. »

Ré­cem­ment, il a pro­po­sé une aug­men­ta­tion à ses lo­ca­taires, mais ceux-ci ont contes­té l’aug­men­ta­tion en cour.

« Quand il est de­ve­nu pro­prié­taire, mon­sieur Ger­vais a aug­men­té les ré­si­dents de 7 $ par mois et leur a de­man­dé 15 $ pour dé­nei­ger l’hi­ver. Mais ils n’ont pas vou­lu payer », sou­tient Gaé­tane Le­gault.

Pour s’oc­cu­per du cam­ping, le pro­prié­taire doit as­si­gner un gé­rant à l’an­née plu­tôt qu’à la pé­riode nor­ma­le­ment dé­ter­mi­née. Bref, la vo­lon­té de trou­ver un consen­sus n’est pas aus­si ab­sente qu’on le laisse croire : « Je tra­vaille de­puis plu­sieurs mois sur un pro­jet propre à eux afin de mettre en place des lo­tis­se­ments à ache­ter ou à louer en toute lé­gi­ti­mi­té », at­teste mon­sieur Ger­vais. Cet en­droit oc­cupe un ter­rain dé­jà zo­né pour les mai­sons mo­biles, à la li­mite de SaintZo­tique.

Dé­mé­na­ger les mai­sons

Ce su­jet re­fait sur­face au­jourd’hui en rai­son de la dé­lo­ca­li­sa­tion pro­bable du cam­ping d’ici quelques an­nées. Les ré­si­dents se pré­parent d’ailleurs à ce dé­mé­na­ge­ment : « Ça s’an­nonce comme ça, ça va nous prendre une place. Mais je ne re­tour­ne­rai pas dans un en­droit loué. Si je suis pris pour sor­tir de là, je vais par­tir avec ma mai­son mo­bile », dé­cla­reF­ran­çois Ha­me­lin.

Tou­te­fois, le nou­vel em­pla­ce­ment semble sa­tis­faire tout le monde. Le pro­prié­taire de ce ter­rain et Ni­co­las Ger­vais se disent même prêts à dé­mé­na­ger les mai­sons s’il le faut. Or une épi­neuse ques­tion de zo­nage du nou­veau ter­rain et une mé­sen­tente em­pêchent pour l’ins­tant la concré­ti­sa­tion du pro­jet.

Plu­sieurs de­mandes ont été dé­po­sées à la Mu­ni­ci­pa­li­té à ce su­jet et sur bien d’autres en­core. Les ré­ponses du con­seil mu­ni­ci­pal se­ront an­non­cées lors de la séance du 6 avril.

Le cam­ping Tee Pee et la proxi­mi­té…

Quelques pieds seule­ment sé­parent les mai­sons­mo­biles des ré­si­dents tout près.

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