Grève et ac­tions com­man­dos dans les écoles

Syn­di­cat des en­sei­gnants de la ré­gion de Vau­dreuil

L'Etoile - - ACTUALITÉ - PAR MÉ­LA­NIE MELOCHE-HOLUBOWSKI mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

Pour ac­cé­lé­rer les né­go­cia­tions sur leur conven­tion col­lec­tive, une ma­jo­ri­té de membres du Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la ré­gion de Vau­dreuil (SERV) se sont pro­non­cés en fa­veur d’une grève gé­né­rale à l’au­tomne et le re­port de l’en­voi des bul­le­tins.

Lun­di soir, à l’as­sem­blée gé­né­rale du SERV, près de 300 en­sei­gnants ont vo­té en fa­veur d’un man­dat de grève et d’autres moyens de pres­sion. Leur conven­tion col­lec­tive est échue de­puis le 30 mars.

Le SERV, af­fi­lié à la Fé­dé­ra­tion des syn­di­cats de l’en­sei­gne­ment du Québec, re­pré­sente 740 en­sei­gnants du pri­maire et du pré­sco­laire de la ré­gion.

Lors d’un vote se­cret, 156 en­sei­gnants sur 178 ont ap­prou­vé le man­dat de grève gé­né­rale à la ren­trée sco­laire si les né­go­cia­tions n’abou­tissent pas.

« Comme les né­go­cia­tions pié­tinent, les en­sei­gnants sont conscients que, s’ils signent main­te­nant, ce se­ra ca­tas­tro­phique pour la pro­fes­sion, a dé­cla­ré Vé­ro­nique Le­febvre, pré­si­dente du SERV. Il s’agit d’un geste so­cial et po­li­tique pour faire dé­bou­cher les né­go­cia­tions. »

Lé­ga­le­ment, les en­sei­gnants ne peuvent dé­clen­cher un dé­brayage im­mé­dia­te­ment; ils doivent en ef­fet at­tendre le rap­port du mé­dia­teur et pré­ve­nir les pa­rents.

Mme Le­febvre es­père évi­ter la grève gé­né­rale, mais les syn­di­cats doivent pré­pa­rer leurs pro­chaines ac­tions. « Je pense qu’il est im­por­tant, sur­tout pour les plus jeunes, de se te­nir de­bout. Il faut que le gou­ver­ne­ment nous res­pecte. Il faut que les pa­rents com­prennent », a dé­cla­ré une en­sei­gnante.

Moyens de pres­sion

Avant d’en ar­ri­ver à une grève gé­né­rale, le SERV a choi­si d’or­ches­trer plu­sieurs opé­ra­tions com­man­dos ci­blant les dé­ci­deurs pa­tro­naux. Il pré­fère ir­ri­ter les pa­trons plu­tôt que contra­rier les élèves.

De­puis quelque temps, les en­sei­gnants pro­longent de 10 mi­nutes la ré­créa­tion du mer­cre­di, en guise de ma­ni­fes­ta­tion. Le SERV a op­té pour le pro­lon­ge­ment de cette tac­tique jus­qu’à la fin de l’an­née sco­laire.

De plus, les en­sei­gnants re­tien­dront les notes des élèves jus­qu’à l’avant-der­nière jour­née de tra­vail, ce qui en­traî­ne­ra un re­tard dans l’en­voi des bul­le­tins. Par ailleurs, ils ont re­je­té la pro­po­si­tion d’abo­lir les ac­ti­vi­tés édu­ca­tives cette an­née, mais l’ont ac­cep­tée pour le re­tour en classe, en sep­tembre.

En­fin, ils re­fu­se­ront de tra­vailler plus de 32 heures par se­maine et n’ef­fec­tue­ront plus de cor­rec­tions à la mai­son.

Re­ven­di­ca­tions

Les en­sei­gnants ré­clament no­tam­ment de meilleures condi­tions de tra­vail : re­con­duc­tion d’or­tho­pé­da­gogues d’en­sei­gnants­res­sources ob­te­nus en 2005, ajout de 200 en­sei­gnants-res­sources au se­con­daire, pon­dé­ra­tion à la baisse du nombre d’élèves par classe avec des élèves en dif­fi­cul­té, étude des pro­blèmes liés à l’in­té­gra­tion et, en­fin, sui­vi des EHDAA de l’édu­ca­tion des adultes et de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle.

Le gou­ver­ne­ment doit éga­le­ment ana­ly­ser les pro­blèmes vé­cus par les spé­cia­listes du pré­sco­laire et du pri­maire.

La ré­duc­tion du nombre d’élèves par classe de­meure un point de dis­corde tant au pri­maire et au se­con­daire qu’à l’édu­ca­tion des adultes. Les en­sei­gnants exigent aus­si une en­trée pro­gres­sive au pré­sco­laire sur un mi­ni­mum de cinq jours.

Le syn­di­cat ré­clame la ré­duc­tion de la pré­ca­ri­té d’em­ploi des en­sei­gnants à temps par­tiel.

Les né­go­cia­tions ont éga­le­ment trait aux sa­laires, aux tâches et aux heures de tra­vail.

Plus de 200 en­sei­gnants se sont pro­non­cés en fa­veur d’une grève gé­né­rale en sep­tembre.

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