Ci­té-des-Jeunes

Une vi­déo pro­blé­ma­tique

L'Etoile - - LA UNE - MÉ­LA­NIE MELOCHEHOLUBOWSKI JOUR­NA­LISTE mm­ho­lu­bows­ki@heb­dos­du­su­roit.com

« LES EN­SEI­GNANTS DOIVENT CONSCIEN­TI­SER LEURS ÉLÈVES SUR L’UTI­LI­SA­TION DES MÉ­DIAS SO­CIAUX. »

De­puis, la vi­déo a été re­ti­rée du­Web. Or, des élèves se sen­tant cou­pables de la tour­nure des évè­ne­ments de­mandent à la di­rec­tion de re­con­si­dé­rer sa dé­ci­sion.

« C’est moi qui ai fil­mé cette vi­déo et qui l’ai mise sur leWeb », ex­plique l’élève de deuxième se­con­daire Jen­ny-Lee Du­per­ron, qui a joint les Heb­dos du Su­roît. « Main­te­nant, ça met en pé­ril la car­rière de cet en­sei­gnant. Il pour­rait être congé­dié. Per­sonne ne pen­sait que ça irait aus­si loin », ajoute-t-elle.

Les jeunes ont eu l’idée de cette vi­déo après avoir vi­sion­né des vi­déos fran­çaises mon­trant des élèves fai­sant « ca­po­ter Un membre du per­son­nel de la Com­mis­sion sco­laire des Trois-Lacs (CSTL) a dé­cou­vert cette vi­déo, in­ti­tu­lée Un pro­fes­seur frappe un élève de la Ci­té-des-Jeunes, fil­mée dans une classe de deuxième se­con­daire il y a quelques mois. Un en­sei­gnant d’Uni­vers so­cial, Mi­chaël Pratte, y fait sem­blant de por­ter la main sur un de ses élèves.

In­quiète des ré­per­cus­sions de cette vi­déo, la di­rec­tion de l’école a dé­ci­dé de re­ti­rer M. Pratte de sa classe. De­puis quelques jours, il tra­vaille de la mai­son, jus­qu’à ce que la di­rec­tion dé­cide de sanc­tions. leur prof ». « On vou­lait juste avoir la meilleure vi­déo », ex­plique Jen­ny-Lee Du­per­ron.

Mo­bi­li­sa­tion des élèves

Le groupe Sup­por­tons Mi­chaël Pratte, lan­cé par un an­cien élève de M. Pratte, Guillaume Ross, in­vite les jeunes à ma­ni­fes­ter contre la dé­ci­sion de la CSTL. Dé­jà, plus de 545 per­sonnes ont joint ce groupe. Une pé­ti­tion d’une cen­taine de si­gna­tures a été dé­po­sée à la di­rec­tion de l’école ven­dre­di der­nier.

Une vi­déo est tom­bée entre les mains de l’ad­mi­nis­tra­tion de la CSTL, ex­plique Guillaume Ross. « Ils (les di­rec­teurs) disent que ça leur donne une mau­vaise image. La vi­déo s’ar­rête avant que Mi­chaël ne frappe qui que ce soit. Hors contexte, cette vi­déo peut être in­ter­pré­tée de mille fa­çons. C’est ce qui est ar­ri­vé, mais les di­rec­teurs ne veulent rien en­tendre. C’est la rai­son pour la­quelle nous de­vons nous mo­bi­li­ser. »

Des di­zaines de mes­sages sont pu­bliés sur Fa­ce­book en guise de sou­tien à cet en­sei­gnant, vi­si­ble­ment très po­pu­laire au­près des élèves. « Mi­chaël est l’en­sei­gnant le plus pas­sion­né et le plus mo­ti­vé que j’ai ren­con­tré. C’est com­plè­te­ment ri­di­cule. Vrai­ment, c’est hon­teux! » a écrit Éric Ruel sur Fa­ce­book.

De son cô­té, Vincent Roy s’adresse à la CSTL : « Sus­pendre M. Pratte est une grosse er­reur. Je crois que tous les élèves sont en ac­cord avec moi pour dire que Mi­chaël n’est pas un en­sei­gnant ty­pique. Ce­la fait de lui une source d’ins­pi­ra­tion et de mo­ti­va­tion pour tous ceux qui sont pas­sés par sa salle de classe. Il n’y a pas beau­coup d’en­sei­gnants qui nous ouvrent les yeux sur ce qu’est le vrai monde. Si le but du sys­tème sco­laire est de gar­der les élèves à l’école et d’avoir un en­sei­gne­ment de qua­li­té pour le bien des élèves, il va de soi de ré­in­té­grer M. Pratte à son poste. »

Consé­quences

La CSTL n’a pas en­core dé­ter­mi­né les sanc­tions à im­po­ser à M. Pratte, mais Co­lette Frap­pier, des com­mu­ni­ca­tions de la CSTL, doute qu’il se­ra congé­dié. Cet en­sei­gnant a cau­tion­né des gestes vio­lents et au­rait dû faire preuve de plus de ju­ge­ment, ajoute-t-elle tou­te­fois.

« L’en­sei­gnant a une res­pon­sa­bi­li­té. Peu­têtre si la vi­déo avait été ac­com­pa­gnée d’un mes­sage de non-vio­lence, nous ne se­rions pas ar­ri­vés à ce point. Ce n’est pas le mé­dium, mais plu­tôt le mes­sage qui est en cause. »

Il ap­pert donc que les en­sei­gnants doivent conscien­ti­ser leurs élèves à l’uti­li­sa­tion ju­di­cieuse des mé­dias so­ciaux.

Le­çon sur les mé­dias so­ciaux

Il s’agit d’une oc­ca­sion de sen­si­bi­li­ser les jeunes aux dan­gers des mé­dias so­ciaux, es­ti­meMme Frap­pier. « Ils pren­dront conscience de l’ef­fet que les mé­dias so­ciaux peuvent avoir sur la ré­pu­ta­tion d’un en­sei­gnant. »

Si l’ac­cès à Fa­ce­book est in­ter­dit sur le ré­seau élec­tro­nique de cette école, la CSTL ne veut pas em­pê­cher tout ac­cès auWeb, consciente de cet ou­til. Un im­por­tant tra­vail d’édu­ca­tion reste à faire au­près des élèves.

Dans un autre ordre d’idées, il y a en­vi­ron un mois, des ru­meurs lais­saient croire à une tue­rie dans cette école. Elles ti­raient leur ori­gine de fausses dé­cla­ra­tions sur la page Fa­ce­book d’un élève. La Sûreté du Québec a ou­vert une en­quête.

« La com­mis­sion sco­laire prend cette af­faire très au sé­rieux », in­dique Mme Frap­pier.

PHO­TO­THÈQUE

Le groupe Fa­ce­book Sup­por­tons Mi­chaël Pratte, sus­pen­du à cause d’une vi­déo sur YouTube.

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