Le fleur­de­li­sé et la langue fran­çaise

L'Etoile - - C’EST MON OPINION -

Le 21 jan­vier 1948, le gou­ver­ne­ment qué­bé­cois adop­tait le « fleur­de­li­sé » comme dra­peau of­fi­ciel du Québec. Il a été his­sé pour la pre­mière fois au som­met du par­le­ment à 15 h. Le 22 juin 1967, il a été dé­cré­té (n° 1674) que le « fleur­de­li­sé » doit oc­cu­per la place d’hon­neur. Il est évident que s’il est le seul à flot­ter sur son mât, il n’y a pas de pro­blème. En re­vanche, s’il y a deux dra­peaux, la place d’hon­neur est à la droite. S’il y a trois dra­peaux, la place d’hon­neur est au centre, la deuxième place à droite et la troi­sième place à gauche.

Un dra­peau ne doit ja­mais tou­cher le sol. Il ne peut ser­vir de nappe, de vê­te­ment, de ten­ture ou de dra­pe­rie. S’il est ef­fi­lo­ché ou lé­gè­re­ment dé­chi­ré, il de­vrait être ré­pa­ré ou rem­pla­cé im­mé­dia­te­ment. Quand le dra­peau est dé­té­rio­ré au point de ne plus re­pré­sen­ter un em­blème conve­nable, il doit être dé­truit de fa­çon digne. On pour­rait conti­nuer ain­si, car le pro­to­cole est long et très pré­cis.

Il est mal­heu­reux de consta­ter le pe­tit nombre de per­sonnes qui connaissent le pro­to­cole du dra­peau du Québec. Je crois que notre dra­peau su­bit le­même sort que la langue fran­çaise.

Que sont de­ve­nus notre fier­té et notre hon­neur? Où en est notre amour de notre langue? Notre soif de dé­mo­cra­tie? Notre droit à la re­ven­di­ca­tion et au res­pect, lorsque nous ne pou­vons ou ne vou­lons pas faire ce geste en­vers notre DRA­PEAU?

La Fête na­tio­nale des pa­triotes vient tout juste de se ter­mi­ner. Mal­heu­reu­se­ment, pour beau­coup, ce­la si­gni­fie seule­ment un congé de plus ou la course ef­fré­née des ventes-dé­bar­ras. Et que dire de la Fête de la Saint-Jean-Baptiste qui frappe à nos portes? En­core une fois, notre langue se­ra à l’hon­neur en cette jour­née. Le fleur­de­li­sé flot­te­ra par­tout et puis sui­vra le congé de la Con­fé­dé­ra­tion (du Ca­na­da) où l’uni­fo­lié rem­pla­ce­ra le dra­peau du Québec.

Que fait-on pour que notre langue sur­vive dans cet océan an­glo­phone? Je ne suis pas xénophobe, mais jeme sou­viens de l’His­toire de notre pro­vince, la pro­vince de Québec. J’es­père seule­ment que nous sommes as­sez fiers de notre Québec afin d’en­sei­gner à nos des­cen­dants l’im­por­tance de pe­tits gestes qui prouvent que nous ai­mons notre langue ain­si que notre pro­vince. Car si rien n’est fait au­jourd’hui, nous de­vrons peut-être nous frap­per la poi­trine en di­sant mea culpa, mea culpa, mea­maxi­ma culpa.

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