Le sei­gneur a dit OUI!

L'Etoile - - LA UNE - PA­TRICK RI­CHARD JOUR­NA­LISTE pri­chard@heb­dos­du­su­roit.com

VAU­DREUIL-DO­RION — Des cen­si­taires ont de­man­dé la per­mis­sion au sei­gneur Har­wood de plan­ter le mai sur son ter­rain. Le prin­temps s’an­nonce bien : il a dit oui!

Les tentes blanches sur les ter­rains du Mu­sée ré­gio­nal de Vau­dreuil-Sou­langes ont été sé­chées et re­mi­sées jus­qu’à l’an pro­chain. Le sei­gneur Har­wood a re­ga­gné ses quar­tiers, et Loup-Bleu a ran­gé ses la­nières en cuir. Ubert Sans­pré, lui, amis la route sous ses pieds et a pour­sui­vi son che­min.

Les feux se sont éteints. Les Sei­gneu­riales ont pris fin di­manche, lais­sant der­rière elles le sou­ve­nir d’une fête mar­quante et nour­ris­sante.

Vive la pluie!

Ces 18es Sei­gneu­riales ont per­mis, en­core cette an­née, de faire re­vivre aux vi­si­teurs les fa­çons d’être et de faire de nos an­cêtres à la sauce Nou­velle-France. Mal­gré la pluie, toutes les ac­ti­vi­tés ont eu lieu. Les or­ga­ni­sa­teurs rentrent donc chez eux sa­tis­faits du taux de par­ti­ci­pa­tion.

La mé­téo, sur­tout di­manche, a fait fuir les vi­si­teurs des 10 000 pieds car­rés de l’évé­ne­ment. Pour une rare fois, la Plan­ta­tion du mai, l’un des évé­ne­ments phares des cé­lé­bra­tions, s’est dé­rou­lée sous la pluie. Mais l’ex­pé­rience n’en fut pas­moins sai­sis­sante. Cette an­née, Ch­ris­tiane Lé­vesque et Fré­dé­ric La­lu­mière, deux des prin­ci­paux or­ga­ni­sa­teurs, ont mi­sé sur l’as­pect his­to­rique, même si l’évé­ne­ment est dé­jà char­gé d’his­toire. Les dif­fé­rents em­pla­ce­ments de cette mise en scène hu­maine et cha­leu­reuse re­pré­sen­taient au­tant d’îlots de mé­moire aux yeux des jeunes et­moins jeunes cu­rieux ras­sem­blés pour fes­toyer.

« Les Sei­gneu­riales cé­lèbrent aus­si la fa­mille et toutes les gé­né­ra­tions. Ce n’est pas juste un évé­ne­ment; ça de­vient leur évé­ne­ment. Ça touche tout le monde », a com- men­té Ch­ris­tiane Lé­vesque, res­pon­sable des ac­ti­vi­tés cultu­relles thé­ma­tiques auMu­sée.

« Vingt temps »

La pré­pa­ra­tion d’une fête aus­si ori­gi­nale et im­por­tante se pense long­temps à l’avance. Dé­jà, Ch­ris­tiane Lé­vesque se penche sur les 19es Sei­gneu­riales : « La pro­chaine thé­ma­tique est dé­jà pen­sée. Pen­dant l’évé­ne­ment en cours, je pense à ce qu’on pour­ra faire de mieux l’an pro­chain. Dans deux ans, les Sei­gneu­riales au­ront 20 ans. On y pense dé­jà! »

Même si les Sei­gneu­riales jouissent d’une bonne ré­pu­ta­tion dans la com­mu­nau­té, tout est à re­faire d’une édi­tion à l’autre. Les or­ga­ni­sa­teurs re­prennent ra­pi­de­ment leur re­cherche de fi­nan­ce­ment et es­pèrent re­voir lesmêmes par­te­naires. Cette an­née, la Ville de Vau­dreuil-Do­rion et ses élus ont of­fert un sou­tien fi­nan­cier et lo­gis­tique exem­plaire à l’évé­ne­ment.

Main­te­nant que la page de cette 18e édi­tion est tour­née, les re­gards se portent vers l’ave­nir : « Je ne veux pas cal­cu­ler le temps. Fred et moi ai­mons pas­sion­né­ment cet événe- ment-là. Nous nous en­tou­rons de gens qui nous aident. Ce que nous re­cher­chons sur­tout est l’en­ga­ge­ment de la com­mu­nau­té », a ré­su­mé Ch­ris­tiane Lé­vesque.

Ha­bi­tant du XVIIIe­siècle

Par­ler des Sei­gneu­riales est une chose, mais les vivre pas­sion­né­ment en est une autre. Le soir, entre les cam­pe­ments oc­cu­pés par les groupes de re­cons­ti­tu­tion his­to­rique, les gens se dé­pla­çaient à la lu­mière des lan­ternes et ob­ser­vaient la vie de leurs an­cêtres. Être sim­ple­ment là, les cinq sens en éveil, à re­gar­der une dame confec­tion­ner une crème à la glace comme elle se fai­sait à l’époque. Être sim­ple­ment là, les cinq sens en éveil, à re­gar­der une femme, un homme, ap­prê­ter le pou­let, coudre, jouer aux dés, fa­bri­quer ou­tils, ca­not ou cor­dage. Être sim­ple­ment là pour goû­ter les pro­duits des ar­ti­sans, sen­tir l’odeur des feux al­lu­més et les concen­tra­tions d’en­cens lors de la messe sei­gneu­riale. Les cinq sens en éveil à écou­ter le son fes­tif du groupe Le Vent du Nord et les contes tru­cu­lents d’Ubert Sans­pré. Être sim­ple­ment là et de­ve­nir un té­moin pri­vi­lé­gié de la vie sei­gneu­riale et un ha­bi­tant duXVIIIe siècle.

« Les Sei­gneu­riales sont comme un pe­tit en­fant. Main­te­nant qu’il a at­teint sa ma­jo­ri­té, il faut conti­nuer de le faire gran­dir », a dit Ch­ris­tiane Lé­vesque. Elle in­vite d’ailleurs les gentes dames et les nobles sei­gneurs à ré­pé­ter l’ex­pé­rience l’an pro­chain et re­mer­cie ses cen­si­taires de leur la­beur des der­niers jours!

PHOTO CYN­THIA CHIAS­SON PHOTO DA­NIEL CUILLERIER

PHOTO CYN­THIA CHIAS­SON Le Vent du Nord a chas­sé la pluie le temps d’une pres­ta­tion en­dia­blée sous le grand cha­pi­teau.

PHOTO CYN­THIA CHIAS­SON

Àcause de la pluie, la criée pu­blique a eu lieu à l’in­té­rieur de l’église Saint-Mi­chel.

PHOTO DA­NIEL CUILLERIER

Des en­fants s’af­frontent à un jeu de dés et de per­son­nages en bois.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.